BOURNETON Charles, Marcel. [version DBK]

Par Michel Dreyfus

Né le 10 avril 1897 à Marguerittes (Gard), exécuté par des militants communistes en septembre 1944 ; cheminot ; membre du comité central du Parti communiste (1926-1932) ; membre du bureau de la CGTU ; secrétaire de la 1re Union régionale unitaire (Nord) de 1933 à 1936, puis de l’Union départementale du Nord (1936-1939) ; responsable du Secrétariat international de la CGTU en 1931.

Charles Bourneton, travailla jusqu’en janvier 1916 comme ouvrier agricole. Alors mobilisé jusqu’en septembre 1919, il fit ensuite divers métiers. Il avait adhéré au Parti socialiste en 1914, rejoignit le PC lors du congrès de Tours puis devint secrétaire adjoint de la Fédération communiste du Gard. En septembre 1919, Bourneton donna son adhésion à la CGT. Devenu secrétaire de l’Union régionale CGTU du Languedoc, il fut congédié en juin 1926 par la direction du PLM. Il participa aux congrès de Marseille (1921) et de Paris (octobre 1922) du PC.

Organisateur de premier ordre, il fut élu au comité central lors du 5e congrès (Lille, juin 1926) et fit partie de la délégation du PC au 7e plénum de l’IC, à Moscou, en décembre 1926.

Secrétaire de la 10e Union régionale de la CGTU (départements languedociens), Bourneton fut appelé à Paris, fin 1929, pour prendre, avec Marcel Gitton, les fonctions de propagandiste du PC et de la CGTU à l’échelon national, afin d’assurer la coordination des grèves. Fréquemment appelé en province pour y exercer ses talents d’agitateur, Bourneton fit l’objet de sévères critiques en 1931, son adversaire le plus résolu étant vraisemblablement Auguste Herclet*.

Son départ, comme délégué de la CGTU, auprès de l’Internationale syndicale rouge permit à Bourneton de se réhabiliter : la coordination des services d’agit-prop lui fut confiée. En septembre 1931, il fut désigné pour occuper le poste laissé vacant par Herclet* au Secrétariat international de la CGTU ; il ne manqua pas de critiquer sévèrement la gestion de son prédécesseur. Considéré alors comme l’un des éléments essentiels de la Confédération, Bourneton accéda au bureau confédéral à l’occasion du 6e congrès de la CGTU (novembre 1931) ; l’année suivante, il remplaçait Menouer* en qualité de responsable de la commission coloniale confédérale.

Début 1933, il fut brusquement envoyé à Lille à la tête de la 1re Union régionale de la CGTU. Cette mise à l’écart correspondait à un courant de suspicion apparu au sein du comité confédéral où certains l’accusaient de détournement de fonds ; son activité fut également jugée insuffisante par les dirigeants confédéraux. Toutefois il fut élu à la commission exécutive de la CGTU lors de son 7e congrès (1933). Mais, à l’issue d’une enquête effectuée par la trésorière confédérale Bernadette Cattaneo*, il fut établi que Bourneton avait, en 1931-1932, conservé, sept des subventions allouées à la CGTU par l’ISR qui s’élevaient chacune à 200 dollars ; la somme atteignait donc approximativement 35 000 francs. L’enquête fit également apparaître qu’en 1933-1934, près de 700 dollars provenant de l’ISR avaient été dépensés sans justification. Les responsables présumés ne pouvant être que des dirigeants de la Confédération, il semble que le comité confédéral ait décidé de ne pas inquiéter outre mesure Bourneton afin de ne pas être obligé de demander des comptes à d’autres.

Dès lors, Bourneton s’établit dans le Nord où il parvint à asseoir son autorité, notamment lors du processus de réunification syndicale dont il fut l’un des promoteurs. Dans ce département où le passif était lourd avec les confédérés, il sut faire admettre la nécessité d’une fusion progressive. Lors du congrès de réunification des syndicats du Nord (Lille, 16 février 1936), il fut élu secrétaire administratif de l’Union départementale et conserva ce poste jusqu’à fin 1938. Il fut alors appelé à la direction de l’Union des Métaux de Valenciennes, poste qu’il occupait encore lors du Pacte germano-soviétique.

Continuant à militer dans une semi-clandestinité, Bourneton fut arrêté le 24 octobre 1939 à Valenciennes. On perd ensuite sa trace. Rompit-il avec le PC clandestin ? Il aurait été interné en juin 1940 au camp de surveillance d’Eyjeaux dans la Haute-Vienne. Libéré en 1942, il fut envoyé en résidence surveillée à Brioude (Haute-Loire) et rejoignit les rangs du Parti ouvrier et paysan français (POPF), suite sans doute aux démarches faites par Marcel Gitton* pour le libérer. De Brioude, Bourneton dirigea l’activité du POPF en zone sud et semble avoir appartenu à son comité central. Il aurait également été en contact avec la Résistance mais le 11 février 1944 parut dans Le Petit parisien une interview où il préconisait la création d’une CGT nouvelle. En septembre 1944, il fut exécuté par des militants communistes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50860, notice BOURNETON Charles, Marcel. [version DBK] par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 17 juillet 2009, dernière modification le 17 juillet 2009.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI, dossier personnel de Bourneton, 495 270 8673. — Notice par Y. Le Maner, DBMOF, t. 20.

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