BOSSUS Raymond, Marcel. Pseudonyme : LÉVÊQUE. [version DBK]

Par Claude Pennetier

Né le 25 juillet 1903 à Paris (XIe arr.), mort le 6 février 1981 ; conseiller municipal communiste de Vitry-sur-Seine (1929-1935) ; conseiller municipal du XXe arr. de Paris (1935-1940, 1945-1965) ; sénateur (1958-1959, 1962-1969) ; dirigeant de la Fédération CGTU puis CGT du bâtiment ; membre du comité central du PCF (1945-1950) ; élève de l’École léniniste internationale en 1934.

Issu d’une famille ouvrière, Raymond Bossus s’engagea pour cinq ans, le 9 avril 1921, au premier dépôt des équipages de la flotte. Il adhéra au Parti communiste en 1925. Devenu ouvrier du bâtiment (poseur de parquet), il milita dans une cellule d’entreprise d’Ivry-sur-Seine, jusqu’à un nouveau licenciement pour son action politique.

Léon Mauvais* secrétaire du sous-rayon de Vitry-sur-Seine, le remarqua, le fit entrer au comité du sous-rayon en 1927 et l’inscrivit à l’école de formation du rayon d’Ivry-sur-Seine. Secrétaire de son syndicat CGTU, Bossus entra à la commission exécutive de la 13e région fédérale du Bâtiment, devint permanent en 1929 et accéda l’année suivante au secrétariat de la Fédération unitaire des ouvriers du bâtiment.

En juillet 1932, la CGTU l’envoya en Algérie pour aider à « l’arabisation » du mouvement syndical. Les autorités le firent arrêter en août, à Oran, sur l’accusation de « provocation au meurtre et à la guerre civile et de complot contre la sûreté intérieure de l’État ». Le Tribunal correctionnel de Philippeville l’acquitta et le fit libérer le 10 septembre 1932. Il revint en France le 8 février 1933. Bossus devait effectuer en avril une nouvelle tournée de propagande en Afrique du Nord, mais les autorités lui notifièrent l’interdiction d’entrer en Tunisie. Il se rendit seulement en Algérie. Les activités de Raymond Bossus en Afrique du Nord provoquèrent de vives critiques à la conférence coloniale de 1933. Navarro déclara : « D’accord avec l’autocritique de Bossus, mais ce dernier n’a pas su s’acclimater aux Algériens » (compte rendu p. 771).

Il partit, en avril 1934, effectuer un stage d’un an à l’École léniniste internationale de Moscou. À son retour de Russie, Bossus fut affecté à la commission d’organisation de la CGTU malgré les protestations de ceux qui lui gardaient rancune des problèmes posés par ses séjours en Algérie.

Il entra au conseil municipal de Paris en mai 1935 et fut deux fois invalidé. Le Conseil d’État annula cette mesure en juillet 1936. Bossus put donc siéger à l’Hôtel de Ville où il resta pendant une trentaine d’années.

À l’issue du 9e congrès du PCF (Arles, 2529 décembre 1937), Bossus entra à la commission centrale de contrôle politique et, à ce titre, successeur de Georges Beaugrand*, dirigea le service d’ordre du Parti jusqu’en 1939. Il entra au secrétariat de la Région communiste Paris-Ville en 1937.

Mobilisé en août 1939, Raymond Bossus apprit à l’armée sa déchéance de son mandat électif. Il avait refusé de désavouer le Pacte germano-soviétique. Bossus, blessé au combat d’Urbeis le 19 juin 1940, fut fait prisonnier par les Allemands. Après deux tentatives d’évasion, il réussit la troisième et rentra en France le 21 juin 1943. Il tenta pendant trois mois de renouer le contact avec les cadres clandestins du PCF et y réussit à Lyon. La direction contrôla ses activités dans les camps puis lui demanda d’aller à Paris où, par l’intermédiaire d’Auguste Lecoeur, il entra en rapport avec Jacques Duclos*, Benoît Frachon* et Henri Raynaud. Il exerça alors une double activité clandestine. Sur le plan politique il assurait la direction du Parti communiste pour la région parisienne et participait à un collectif comprenant André Carrel (Front national), André Tollet* (syndicats) et Albert Ouzoulias (action militaire). Sur le plan syndical, il mettait en place les Unions départementales dans la zone nord. Il fut un des dirigeants de l’insurrection parisienne durant la semaine du 10 au 24 août 1944.

Le Comité local de Libération du XXe arrondissement l’élut président le 14 septembre 1944 et le désigna, à la majorité, pour assurer les fonctions de maire du XXe arr. Il lui fallut bientôt choisir entre la première magistrature municipale et son ancien mandat de conseiller de Paris. Il opta pour l’Hôtel de Ville où il présida pendant une quinzaine d’années le groupe communiste.

Bossus assura la fonction de secrétaire politique de la Région Paris-ville jusqu’en 1947, année de son remplacement par Raymond Guyot*. Il présida, à ce titre, la séance d’ouverture du 10e congrès du PCF, Porte de Versailles, le 26 juin 1945. Il entra alors au comité central. Réélu au congrès de Strasbourg (25-28 juin 1947), Bossus n’appartint plus au comité central et avec lui, un certain nombre d’anciens résistants, à l’issue du congrès de Gennevilliers (2-6 juin 1950). Il fit partie du secrétariat de la Fédération de Paris jusqu’en 1955, puis siégea au comité fédéral jusqu’en 1968 et peut-être au-delà. Il fut sénateur en 1958-1959 et à partir du 30 octobre 1962. Il démissionna lui-même en juin 1969 pour raisons de santé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50856, notice BOSSUS Raymond, Marcel. Pseudonyme : LÉVÊQUE. [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 16 juillet 2009, dernière modification le 25 septembre 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, pas de dossier personnel, le dossier coté 495 270 37 est conservé au RGANI et inconsultable jusqu’à 70 ans après sa mort. — Notice par J. Maitron et Cl. Pennetier, DBMOF. — Arch. PPo. 101 et 300. — Arch. André Marty (CHS), B XXVII.

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