BLOCH-BOLLAG Rosa

Par Brigitte Studer

Née le 30 juin 1880 à Zurich, décédée le 13 juillet 1922 à Zurich ; une des fondatrices du Parti communiste suisse et responsable du travail envers les femmes ; en étroit contact et liée d’amitié avec [Clara Zetkin>76113], Rosa Bloch contribua à la mise en place du secrétariat féminin du Komintern dont elle fit partie ; correspondante suisse pour le mouvement communiste des femmes, déléguée à plusieurs congrès de l’IC.

Originaire d’un milieu bourgeois aisé, Rosa Bloch reçut l’éducation d’une jeune fille de « bonne famille ». Elle parlait couramment plusieurs langues, dont le français et l’italien. À vingt ans elle devint employée dans une bijouterie zurichoise et fut chargée par son employeur de se rendre dans diverses capitales européennes. Cette activité, ainsi que son origine juive, lui valurent de nombreuses attaques personnelles de la part des organisations patriotiques qui avaient vu le jour en Suisse après la grève générale de 1918. Rosa Bloch était mariée à Siegfried Bloch, alors directeur de la Zentralstelle für soziale Literatur der Schweiz (aujourd’hui les Archives sociales suisses à Zurich).

À travers la lecture de Kropotkine, elle devint d’abord anarchiste, puis se rapprocha peu à peu du Parti socialiste jusqu’à y adhérer en 1912. Elle prit une part importante à l’organisation de la conférence internationale des femmes à Berne en 1915, première à protester contre la guerre. En 1917, Rosa Bloch fut élue au comité directeur du PSS et en 1918 au Comité d’action d’Olten qui dirigera la grève générale. De 1918 à 1920, elle fut la rédactrice du journal socialiste des femmes, Die Vorkämpferin.

Elle fut également la présidente de la commission d’agitation féminine centrale du PSS, puis, au lendemain de la fondation du PCS, présidente de la commission communiste équivalente. En tant que déléguée du PCS elle participa au IIIe congrès de l’IC en 1921, ainsi qu’à la 2e conférence internationale des femmes communistes et au congrès mondial de l’Internationale syndicale rouge qui se tinrent au même moment. Dans le cadre du congrès du Profintern, elle fit un rapport sur les travaux de la commission féminine du Komintern. À cette date elle faisait partie du secrétariat de l’IC pour les questions féminines. Toujours en 1921, elle fut également déléguée à la conférence réunissant les correspondantes internationales de la presse féminine des partis communistes à Berlin organisée par le secrétariat des femmes de l’IC. Elle mourut des suites d’une opération.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50847, notice BLOCH-BOLLAG Rosa par Brigitte Studer, version mise en ligne le 15 juillet 2009, dernière modification le 10 décembre 2018.

Par Brigitte Studer

SOURCES : RGASPI, 490 1 18. — Kommunistische Frauen-Internationale, nos 7/8, juillet/août 1922, p 603-608 (article nécrologique de la plume de Clara Zetkin). — Bulletin du premier congrès international des Syndicats révolutionnaires, Moscou, Bureau de la presse du premier congrès international des Syndicats ouvriers, 1921, n° 1-16. — A. Frei, Rote Patriarchen. Arbeiterbewegung und Frauenemanzipation in der Schweiz um 1900, Zurich, Chronos, 1987, 217 p. (ici p. 182-183). — B. Studer, « Rosa Grimm (1875-1955) : Als Frau in der Politikund Arbeiterbewegung - Die Grenzen des weiblichen Geschlechts », in : Auf den Spuren weiblicher Vergangenheit (2), Zurich, Chronos, 1988, p 163-182. — Sous l’œil de Moscou, op.cit.

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