JUSTIN Maurice, Joseph

Par Olivier Dedieu, Gérard Bonet

Né le 28 mars 1905 à Montpellier (Hérault), mort le 9 septembre 1980 à Andorre-la-vieille (Andorre) ; avocat, préfet, résistant, républicain socialiste, USR puis socialiste ; maire de Claret (Hérault) de 1932 à 1945 ; conseiller général du canton de Claret (Hérault) de 1976 à 1980 ; résistant de l’Hérault.

Maurice Justin naquit dans une famille de notables républicains. Son grand-père fut François Justin, notaire à Claret, président républicain socialiste du conseil général de l’Hérault de 1920 à 1922. Il fut le fils de Léon, Marie Joseph Justin, chef de division à la préfecture de Montpellier, et d’Emma, Anaïs, Louise, Gabrielle Roux. Après des études secondaires au lycée de Montpellier, il devint étudiant à la faculté de droit de Montpellier. Licencié en 1926, il fut titulaire de deux diplômes d’études supérieures (droit public et droit privé) et d’un diplôme d’études administratives et financières de l’université de Montpellier. Il s’installa comme avocat à la cour d’appel de Montpellier en 1926. Le 6 avril 1929 il épousa à Montpellier Paule, Marie, Jeanne, Corteggiani, née à Béziers (Hérault) le 2 mars 1909, dont il eut deux filles.

Dès l’université, il milita au sein des étudiants républicains dont il devint secrétaire adjoint de l’association montpelliéraine. Il fut aussi membre, antérieurement, des jeunesses laïques et républicaines. Après la démission de son parent, conseiller général de Claret depuis 1902, il tenta de conquérir ce mandat lors de la cantonale partielle du 27 avril 1930 mais fut battu par le radical indépendant Gabriel Calmels, maire de Valfaunès. En 1932, il devint maire de Claret sous l’étiquette républicain-socialiste et le resta jusqu’à la Libération.

Avocat-conseil du Secours populaire, vice-président de la caisse des écoles de Montpellier, Maurice Justin devint secrétaire fédéral du Parti socialiste de France de l’Hérault à partir du 24 janvier 1937 puis de l’Union socialiste et Républicaine. Mobilisé du 22 août 1939 au 18 juillet 1940, il fut par la suite résistant, membre de Combat. Maurice Justin fut arrêté et mis en garde à vue 24 heures suite à sa participation à la manifestation du 14 juillet 1942. Le 22 novembre 1943, il fut arrêté par la police allemande. Il ne fut relâché que le 8 janvier 1944 que pour être astreint à résidence dans sa commune. À la Libération, il intégra, au titre de la résistance, le corps préfectoral et devint, dès août 1944, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault.

Le 25 décembre 1945, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur. En janvier 1948, il fut nommé préfet du Lot (3e classe). Directeur de cabinet de Gaston Defferre, ministre de la Marine marchande en août 1950, il arriva à la tête de la préfecture des Pyrénées-Orientales le 1er janvier 1952 comme préfet de 2e classe. Le 30 septembre 1953, il reçut les insignes d’Officier de la Légion d’honneur. Préfet de 1er classe en septembre 1956, préfet hors cadre en janvier 1960, il fut nommé dans la Drôme en mai 1960. Sa « longévité » dans les Pyrénées-Orientales peut s’expliquer par sa proximité politique avec un personnel politique, issu, comme de la SFIO (Louis Noguères*, Léon-Jean Grégory*, Paul Alduy, Arthur Conte) dont on peut imaginer qu’il arbitra en coulisse les querelles fratricides.

Mis à la disposition du préfet de police de Paris, en février 1963 il fut en service détaché pour exercer les fonctions de directeur de l’hygiène et de la sécurité publique. Préfet hors cadre le 13 septembre 1966, il fut placé en congé spécial sur sa demande le 13 septembre 1967. Préfet honoraire à compter du 23 juin 1970, il fut, la même année, à la demande de Jean Bene, président du conseil général de l’Hérault qu’il avait côtoyé dans la résistance nommé directeur de la SADH, société d’économie mixte en charge de l’aménagement du littoral héraultais. Politiquement, Maurice Justin adhéra à la SFIO en 1950. En 1949, il fut sollicité par la section socialiste de Montpellier pour défendre les couleurs de ce parti aux élections sénatoriales partielles dues au décès d’Édouard Barthe. Il fut, en 1977, membre de la commission administrative fédérale de l’Hérault. Suite au décès de son ancien adversaire Gabriel Calmels, il fut élu conseiller général socialiste du canton de Claret (Hérault) le 17 mars 1976 et le resta jusqu’à sa mort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50720, notice JUSTIN Maurice, Joseph par Olivier Dedieu, Gérard Bonet, version mise en ligne le 14 juin 2009, dernière modification le 15 septembre 2015.

Par Olivier Dedieu, Gérard Bonet

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 172 W 49, 1103 W 225, 356 W 111-2, 356 W 114-1, 111 W 15 bis. — Notice DBMOF, XXII, 1988. —Pierre Clerc (dir.), Dictionnaire de biographie héraultaise des origines à nos jours, (de G à Z), Montpellier, Librairie Pierre Clerc, 2 vol., 2006, pp. 1132-1133. — René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets, Paris, Archives nationales, 1994, p. 313. — Le Languedoc socialiste, 1937-1939. — Midi Libre et La Marseillaise du Languedoc, mars 1976. — Who’s Who, 1957-1958, p. 1292.

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