FILLÂTRE Lazare, Marius

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 8 novembre 1902 à Saint-Chamond (Loire), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé de bureau, chef de service ; communiste ; résistant.

Fils d’André, employé, et de Baptistine, née Bertholon, ménagère, Lazare Fillâtre fut employé puis chef de service à la société de gérance des wagons à grande capacité, rue Saint-Lazare à Paris. Il épousa le 17 octobre 1925 Irène Tolou en mairie d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), et le couple, qui demeurait 2 rue Lamandé (XVIIe arr.), eut trois enfants. Lazare Fillâtre adhéra au Parti communiste en 1936. Il fut chargé à partir du mois de mai 1941 du service technique d’impression pour le Front national, l’Organisation spéciale puis les Francs-tireurs et partisans (FTP). Il effectuait les tirages dans un local clandestin rue Saint-Sébastien (XIe arr.). Il fut arrêté par des inspecteurs de la BS1 à son domicile le 18 juin 1942 dans le cadre de l’affaire Tintelin. Il avait mis sa bicyclette à la disposition de Jules Daguenet, responsable communiste qui effectuait des liaisons. Sa femme Irène, enceinte, fut aussi arrêtée. Lazare Fillâtre resta détenu au dépôt de la préfecture de police jusqu’au 22 juin où il fut transféré au camp de Romainville.
Le 5 août 1942, deux grenades furent lancées par des résistants communistes sur des militaires allemands qui s’entraînaient au stade Jean-Bouin (XVIe arr.). Deux furent tués, cinq grièvement blessés et quinze autres blessés. Les occupants allemands décidèrent le 10 août de fusiller quatre-vingt-huit otages au Mont-Valérien.
Le lendemain, Lazare Fillâtre fut passé par les armes à 7 h 35 au Mont-Valérien. Le journal collaborationniste Le Matin annonça le 11 août dans un « Avis » que « pour répondre à chaque attentat [...] 93 otages terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices » avaient été fusillés. Lazare Fillâtre, fut incinéré au Père-Lachaise.
Irène Fillâtre, écrouée le 28 juin 1942 au dépôt de la préfecture de police, puis admise à l’hôpital du Val-de-Grâce en raison de sa grossesse, fut relaxée et libérée le 22 janvier 1943. Elle se réfugia dans la clandestinité et rejoignit les FTP jusqu’à la Libération. Elle devint en 1947 présidente de l’association familiale de l’Union des femmes françaises (UFF) du XVIIe arrondissement qui comptait cent cinquante adhérentes ; elle fut aussi trésorière de l’Association nationale des familles de fusillés présidée par Mathilde Gabriel Péri, qui annonçait seize mille membres.
Bernard Fillâtre, fils aîné né en 1930, ouvrier, travaillait en 1952 à l’aérodrome de Brétigny-sur-Orge (Seine-et-Oise, Essonne) ; il était militant CGT, membre du Parti communiste ; il fut en 1959 conseiller municipal de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50634, notice FILLÂTRE Lazare, Marius par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 10 juin 2009, dernière modification le 23 février 2017.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BS1, GB 36 et GB 37, BA 1747, BA 1752, BA 2117, BA 2297, KB 30, PCF carton 13, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Arch. Dép. Loire.
ICONOGRAPHIE : Famille de Lazare Fillâtre.

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