FOUQUE Maurice, Jean, Pierre

Par Gabriel Désert

Né le 12 juillet 1889 à Saint-André-de-Fontenay (Calvados), mort en déportation le 11 septembre 1944 à Hartheim [Mauthausen] (Autriche) ; commis des PTT puis contrôleur des PTT en 1937 ; syndicaliste CGT et militant socialiste.

Né d’un père sans profession et d’une mère institutrice, Maurice Fouque fut l’un des fondateurs de la Jeunesse Laïque caennaise à Caen en 1906. Il entra alors dans l’administration des PTT et y lutta « pendant de longues années pour l’idéal syndicaliste ».

Son action au sein du mouvement syndical se déroula entièrement dans le cadre des organisations modérées. En 1925, il était membre de la commission d’études du syndicat des agents PTT du Calvados. L’année suivante, il fut délégué au congrès des agents PTT confédérés et, en décembre 1927, il présida le congrès de la Fédération postale régionale qui se tenait à Caen. En 1928, il fit partie de la commission administrative de l’UD confédérée et fut, de plus, secrétaire du Cartel des fonctionnaires, mais démissionna de cette fonction à la fin de 1928.

Militant socialiste, élu secrétaire fédéral au congrès tenu à Caen le 12 janvier 1930 et assisté de Mougins et Zoretti, Fouque fut candidat SFIO en 1937, dans le canton de Caen-est lors des élections au conseil général. Au premier tour il devança Mougins, conseiller sortant, socialiste dissident, qui se désista en sa faveur, si bien que Fouque fut élu au second tour. Présenté comme « un vieux militant et un vieux caennais », il n’hésita pas, à prendre la plume pour défendre ses idées dans plusieurs articles du Pays normand, dont « Suffrage universel ou suffrage restreint, qui doit avoir le dernier mot ? » et « Pour l’action, en avant ! » Il s’adressait à la « classe ouvrière », lui demandant de chasser du conseil général les « endormeurs », afin de sortir le département « de l’ornière réactionnaire où la veulerie et la trahison des faux démocrates l’ont trop longtemps maintenue ». Une fois élu, il écrivit un nouvel article, à la fin d’octobre : « L’épreuve », dans lequel il relatait ses premiers combats, contre Boivin-Champeaux en particulier, à l’assemblée départementale. En 1938, il se présenta, sans succès, comme SFIO, aux élections sénatoriales, en mettant en avant ses titres de conseiller général et de président du comité départemental privé des colonies de vacances

En avril 1941, sur le conseil du Préfet du Calvados, qui pourtant jugeait "son loyalisme envers le Maréchal douteux" et estimait qu’il semblait "avoir conservé ses idées d’autrefois", mais reconnaissait son influence auprès de la population, Maurice Fouque fut nommé conseiller municipal de Caen. Cependant, quelques mois plus tard, il était démis de tous ses mandats par arrêté ministériel du 26 novembre 1941, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie. Dans le courant de l’année 1943, il adhéra au mouvement de résistance Libération-nord, dont il devint le responsable pour le Calvados. Arrêté par la Gestapo le 8 décembre 1943, il fut déporté à Mauthausen où il mourut six mois après son arrivée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50610, notice FOUQUE Maurice, Jean, Pierre par Gabriel Désert, version mise en ligne le 10 juin 2009, dernière modification le 9 juillet 2009.

Par Gabriel Désert

SOURCES : Arch. Nat., F7/13081, rapport du 22 janvier 1930. — Le Pays normand. — Le Réveil des Travailleurs. — PTT Normandie. — 50 000 adresses du Calvados. — Mazou Sadou, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1930-1939, mémoire de maîtrise, Caen, 1972. — Marc Sadain, Les socialistes sous l’Occupation, FNSP, 1982. — Notes de J. Quellien.

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