GAUTHIER Étienne [GAUTHIER René, Étienne, Émile]

Par Antoine Olivesi

Né le 19 avril 1885 à Varennes-sur-Allier (Allier), mort le 11 mars 1965 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; docteur en médecine ; membre du Parti communiste à Marseille (Bouches-du-Rhône) vers 1935, membre du comité directeur du Front national en 1944 à Lyon (Rhône) ; conseiller général du 11e canton de Marseille (1945-1957).

Fils de Camille Gauthier, docteur en médecine, et d’Augusta née Beau, son épouse, sans profession, Étienne Gauthier était vhef de service à l’hôpital Saint-Joseph à Marseille. Il adhéra au Parti communiste dans cette ville en 1935 ou en juillet 1937, selon un rapport de police de décembre 1939.

Étienne Gauthier avait fait ses études à la Faculté de Montpellier où il passa sa thèse en février 1912. Pendant la Grande Guerre, il fut médecin militaire avec le grade de capitaine et fut décoré de la Croix de guerre.

À la fin du conflit, il reprit ses activités dans le cabinet médical qu’il avait installé à Marseille dès 1912. Entre 1921 et 1925, il appartint à l’Action française. Lui-même, dans un meeting communiste à Arles, le 30 juillet 1939, décrivit son évolution intellectuelle et morale qui le conduisit du néo-royalisme maurrassien au communisme. En décembre 1937, à la conférence régionale du PC, il fit un rapport sur les relations entre communistes et catholiques.

Le docteur Gauthier militait à la fois à Aix et dans sa région, où il possédait à Puyricard, une propriété et à Marseille, dans la 11e section du PC à Endoume. Il fut le président d’honneur des JC et il s’occupa de l’aide à l’Espagne, dans le cadre du Secours sanitaire international. Il donnait aussi des cours aux militants du PC à l’école permanente de six mois, en mars 1938 ainsi que des conférences, et une propagande active, « discrète mais efficace ». Les rapports de police, après la déclaration de guerre, indiquent qu’il avait une situation aisée, qu’il gagnait 8 à 10 000 francs par mois, et que son action à titre bénévole à l’hôpital Saint-Joseph – hôpital catholique –, lui attirait en contrepartie une grosse clientèle payante à son cabinet tout en lui permettant, « sous le couvert de la philanthropie », de recruter des adhérents parmi les malades nécessiteux. Au demeurant, un autre rapport mentionne que Gauthier était « fin, habile, mais non malhonnête, et d’une moralité normale ».

Surveillé à Puyricard, dès septembre 1939, Gauthier fut inculpé après perquisition, de détention de tracts d’origine étrangère, en décembre, et arrêté.

Il sembla « très affecté par cette mesure ». Après enquête, le préfet sur proposition du commissaire central, décida de l’interner dans un camp en mars 1940, mais une campagne de protestations nombreuses se produisit en sa faveur, et il fut acquitté faute de preuves. En janvier 1944, menacé par la Gestapo, il quitta Marseille pour Lyon où il devint membre du comité directeur du Front national.

Revenu à Marseille après la Libération, il fut vice-président de cette organisation dans les Bouches-du-Rhône et fut élu conseiller général du 11e canton de Marseille le 30 septembre 1945. Il avait obtenu au premier tour 8 260 voix sur 26 268 électeurs inscrits et 11 666 au second sur 26 418. Il bénéficia du désistement du candidat socialiste Fernand Arnaud. Il fut réélu en 1951 mais non en 1957.

Étienne Gauthier s’était marié à Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier) le 31 mars 1913 avec Jeanne Barthelot.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50608, notice GAUTHIER Étienne [GAUTHIER René, Étienne, Émile] par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 11 juin 2009, dernière modification le 5 juillet 2009.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/10809, rapport du 15 mars 1938 ; 10933, rapport du 27 septembre 1939 (sous-préfet) ; M 6/11249, rapports des 5 décembre 1939, 1er mars et 23 mars 1940 ; M 6/11778 rapport du 16 octobre 1939 (sous-préfet d’Aix). — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1933. — Rouge-Midi, 21 décembre 1937, 9 septembre 1945 (photo), 24 septembre et 1er octobre. — Indicateur Marseillais, 1945 à 1958. — État civil de Varennes-sur-Allier.

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