FABRE Jean [Loire]

Par René Gaudy

Né le 23 juillet 1889 à Chalain-le-Comtal (Loire), mort le 30 mars 1967 à Saint-Étienne (Loire) ; syndicaliste CGTU puis CGT de la Loire.

Né de Jean et Antoinette Gaucher, cultivateurs, Jean Fabre entra à l’usine à gaz de Saint-Étienne, le 14 octobre 1913, (la société employait alors 730 agents environ, dont 400 à l’usine) et devint délégué syndical du service mouillage du coke en 1914. Mobilisé le 2 août 1914 au 86e d’infanterie, il fut blessé deux fois, à Sarrebourg en 1914, dans la Somme en 1916. À sa démobilisation, il entra à l’usine de l’Étivallière (Estivareilles ?) comme chauffeur de gazogène, devint délégué général de ce service et fut élu, début avril 1920, secrétaire général du syndicat du gaz de Saint-Étienne (450 agents environ). En 1921, il passa appareilleur de l’éclairage public et en 1924 encaisseur. Après l’échec des grèves de 1920, le syndicat diminué, réussit à maintenir son unité, après l’apparition éphémère d’un syndicat d’inspiration chrétienne.

Lors de la scission, le syndicat fut parmi les premiers de l’Éclairage à adhérer à la CGTU. Jean Fabre fut élu au comité fédéral à l’issue du Ier congrès de la Fédération CGTU de l’Éclairage réuni à Saint-Étienne les 24-25 juin 1922, et il présenta la particularité rare d’avoir été délégué à tous les congrès CGTU confédéraux et fédéraux. Il semble avoir joué un rôle de « médiateur » au sein de la CGTU ; il n’appartenait pas au Parti communiste et, dans les notes biographiques qu’il a écrites, il déclare : « Je fus amené à être un agent de liaison quelque peu officieux entre les diverses tendances. » Il fut l’animateur et le gérant du journal édité par la 10e région de la Fédération CGTU de l’Éclairage, puis Services publics et Éclairage ; le siège de la 10e région était à Lyon, mais le journal était édité à Saint-Étienne. Jusqu’à la guerre, il fut constamment réélu secrétaire de son syndicat. Peu avant le Front populaire, le syndicat obtint un statut appréciable pour le personnel, notamment pour les droits syndicaux, le non-licenciement et le non-déclassement en cas de mutations techniques et l’assurance maladie. La société du gaz de Saint-Étienne passa sous le contrôle de la Lyonnaise des Eaux, et Jean Fabre fit partie du bureau de l’Intersyndicale CGT regroupant les syndicats des diverses exploitations de ce groupe. D’après les notes de Jean Fabre, après le Pacte germano-soviétique, le syndicat fut dissous, son avoir confisqué, ses archives détruites, le domicile de Fabre perquisitionné ; il n’aurait pas été arrêté en raison de son état de santé. Après la nationalisation du gaz et de l’électricité, il devint secrétaire de la commission secondaire chargée, sur le plan départemental, d’effectuer l’intégration du personnel des ex-sociétés dans le statut national d’EDF-GDF. Il prit sa retraite le 31 décembre 1949.

Jean Fabre appartenait, avant-guerre, à la direction de l’UD-CGT de la Loire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50586, notice FABRE Jean [Loire] par René Gaudy, version mise en ligne le 7 juin 2009, dernière modification le 7 juin 2009.

Par René Gaudy

SOURCES : Arch. Nat., F 7/13586, F 7/13730, F 7/13714 (septembre 1927). — Autobiographie de Jean Fabre : 13 p. manuscrites, non datées, postérieures à fin 1949. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982. — État civil de Chalain-le-Comtal, mai 1984.

fiches auteur-e-s