GAULTIER Guy, Roger

Par André Allamy, Gilbert Déverines

Né le 1er septembre 1923 à Larçay (Indre-et-Loire) ; décédé le 2 mars 2015 ; technicien au ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, dirigeant d’une entreprise de service ; syndicaliste CGT dans le Bas-Rhin, l’Indre-et-Loire puis permanent syndical à Paris, membre du PCF (1947-1991) ; militant de Valenton (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) et Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Le père de Guy Gaultier, Raoul, était né à Monnaie en Indre-et-Loire en décembre 1898 ; il fut, de 1923 à 1927, chauffeur au château de Larçay, puis artisan mécanicien garagiste et enfin électricien d’entretien des moteurs aux usines Saint-Gobain ; il décéda à l’âge de cinquante-deux ans en 1950. Sa mère, Simonne, fut femme de chambre, femme de ménage, puis manœuvre aux usines Saint-Gobain. Syndiqués tous les deux a la CGT (depuis 1937) ils participèrent à une grève d’une durée de 56 jours qui leur valut d’être licenciés en 1946. Ils eurent un second fils, Daniel, né en 1927.

Guy Gaultier obtint en 1935 le certificat d’études primaires ; son instituteur, militant de gauche et du Front populaire, inspira ses lectures et lui fit apprécier les conquêtes du Front Populaire. Il poursuivit ses études à l’école primaire supérieure Paul-Louis-Courier à Tours (Indre-et-Loire) où il obtint en août 1940 le BE et le BEPS. Son père étant malade et paralysé, Guy Gaultier abandonna alors ses études et rechercha un travail salarié.

En octobre 1940, il entra comme manœuvre à l’entreprise Martin & Petit (déblaiement de gravas etc.). En 1941 il fut embauché dans une entreprise commerciale comme livreur. Le 9 juin 1943, il refusa de partir pour le STO et, de 1943 à 1944, se cacha dans une ferme de la région de Saumur où il entra dans la Résistance. Dénoncé, il rejoignit Toulouse (Haute-Garonne), mais son oncle Maurice Popouneau avait été arrêté le 10 octobre 1943 et fut fusillé. Pris dans une rafle, Guy Gaultier put s’échapper. Il rencontra Raymonde Rauh, une jeune Alsacienne qui allait devenir sa femme. Elle lui fabriqua de faux papiers qui lui permirent de gagner une forêt dans l’Ariège puis un maquis de l’AS (armée secrète) à Vabre dans le Tarn. Après la Libération, il s’engagea dans la 1re armée française dont il fut démobilisé en mars 1946.

En juillet 1946 il entra au service du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) ; Guy Gaultier acquit des connaissances professionnelles qui lui permirent de prendre des responsabilités. Il travailla successivement à Strasbourg, à Tours puis à Paris dans l’administration centrale.

Il épousa, le 8 février 1947 à Strasbourg (Bas-Rhin), Raymonde Rauh. Ils eurent quatre enfants : Claude, Pierre, Michel et Françoise.

Raymonde Gaultier fut une résistante patriote ; réfractaire à l’annexion de fait de l’Alsace elle fut expulsée en décembre 1940 avec sa famille. Raymonde « ancien combattant 1939/1945 au titre de la Résistance », fit l’objet d’une citation à l’ordre de la division donnant droit à la Croix de guerre avec étoile d’argent et médaille commémorative avec barrette « Libération – titre de reconnaissance de la nation ». Elle fut secrétaire administrative de l’UD-CGT d’Indre et Loire, membre du secrétariat de la section communiste de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), membre de l’Union des femmes françaises, conseillère municipale communiste de Valenton (Val-de-Marne).

Guy Gaultier adhéra à la CGT en 1946 dans une entreprise où il ne travailla qu’un mois. Devenu fonctionnaire au MRU, il prit alors des responsabilités : 1946-1947 : membre du bureau de la section syndicale du MRU à Strasbourg, 1947 secrétaire de la section syndicale, élu au comité exécutif national du syndicat ; au titre de la CGT il siégea dans des comités techniques paritaires. De 1950-1958, il fut secrétaire de la section syndicale du MRU à Tours et membre du secrétariat de l’Union départementale de l’UD-CGT dont le secrétaire général était Jacques Chauveau. En 1958, il quitta Tours pour assurer le secrétariat général du syndicat national du MRU jusqu’en 1961.

Moniteur et monitrice de colonies de vacances à Saint-Junien (Haute-Vienne), Raymonde et Guy Gaultier avaient adhéré au PCF le 27 juillet 1947. La même année, Guy Gaultier créa avec ses collègues la cellule d’entreprise au MRU de Strasbourg à laquelle il fut adhérent jusqu’en 1950. À Tours, il créa une cellule communiste dans son administration ; il fut élu membre du comité fédéral puis du bureau du PCF d’Indre-et-Loire jusqu’à son départ pour la région parisienne.

En 1961, il démissionna de l’administration du MRU et devint directeur de la société d’économie mixte de construction et de rénovation de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). En 1963, il succéda à Henri Viala à la gérance puis à la présidence du bureau d’études ORGECO à Paris (société de service spécialisée dans l’assistance aux municipalités pour l’urbanisme et la formation des cadres techniques des collectivités locales). Il fut administrateur de la société BERIM.

Il manifestait au métro Charonne le 8 février 1962 lorsqu’Édouard Lemarchand*, un de ses camarades d’enfance, fut tué par la police de Maurice Papon, comme huit autres camarades.

Guy Gaultier fut membre de la « commission du comité central du PCF spécialisée dans le secteur municipal ». Il collabora également au travail de l’Association des élus communistes et républicains. Jusqu’à sa retraite en 1984, il consacra son temps à ses responsabilités professionnelles et aux luttes conduites par le PCF.

Le 21 septembre 1991, il démissionna du PCF, justifiant sa décision dans une lettre adressée à Georges Marchais* : « J’ai cru jusqu’au 27e congrès que l’opinion émise par ceux que vous appelez “les contestataires” vous inciterait à changer et rompre avec vos pratiques dépassées du centralisme démocratique. Il n’en est rien !… Je démissionne non sans tristesse, après mures réflexions, car mon opposition et d’autres, exprimées seulement à l’intérieur du Parti, vous servent de faire valoir pour ce que vous appelez la démocratie dans le parti. »

Depuis, demeuré fidèle à ses idées, il participait aux luttes et initiatives de la gauche.

Guy Gaultier se consacra également à d’autres activités : de 1971 à 1983, il fut secrétaire du comité local de France–URSS de Vitry-sur-Seine. Il consacra, pendant sa retraite en particulier, une partie de son temps à l’association des anciens combattants du MRU. Après l’installation de Raymonde et Guy Gaultier à Chalon-sur-Saône, ils s’impliquèrent dans l’« amicale des anciens du maquis de Vabre », « Rhin et Danube » et l’ANACR dont Guy Gaultier devint président du comité de Chalon-sur-Saône et membre du bureau départemental. Il témoignait pour les scolaires qui participaient au Concours national de la résistance et de la déportation et organisait chaque année à l’école Jean-Moulin la « Journée nationale de la Résistance » pour commémorer la création du Conseil national de la résistance le 27 mai 1943.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50453, notice GAULTIER Guy, Roger par André Allamy, Gilbert Déverines, version mise en ligne le 2 juin 2009, dernière modification le 9 mars 2015.

Par André Allamy, Gilbert Déverines

SOURCES : Arch. UD-CGT d’Indre-et-Loire. – Hier aujourd’hui et demain. La CGT en Indre-et-Loire éditions de la VO, octobre 1995. – Arch. des vétérans du PCF d’Indre-et-Loire, documents écrits de Guy Gaultier.

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