FRITZ Victor, Eugène

Par François Prigent, Justinien Raymond

Né le 9 janvier 1881 à Paris (Xe arr.) ; mort le 16 décembre 1960 à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; typographe ; syndicaliste CGT et militant socialiste SFIO ; membre de l’Alliance communiste, militant coopérateur, administrateur de L’Aurore de l’Ille-et-Vilaine, secrétaire fédéral de la fédération SFIO d’Ille-et-Vilaine (1924-1926) ; conseiller municipal de Rennes (1925-1935 et 1945-1953).

Petit-fils d’un fonctionnaire alsacien exilé après le traité de Francfort, Victor Fritz était le fils d’un parqueteur et d’une finisseuse en chaussures. À douze ans, il devint apprenti typographe, avant de se syndiquer à la Fédération du Livre CGT dès 1899. Il épousa une bretonne, rencontrée lors de son service militaire au 7e Régiment d’artillerie à Rennes.

En 1902, il entra à l’Alliance communiste détachée du POSR dans la section du Xe arrondissement de Paris et fut, en 1904, secrétaire du groupe du quartier Saint-Vincent-de-Paul. Il fit campagne pour Arthur Groussier* aux élections législatives de 1902 et de 1906. Entré à la SFIO, il s’inscrivit en 1909 à la section d’Arcueil-Cachan et fut candidat aux élections municipales sur la liste d’Eugène Fournière*.

De 1906 à 1912, il participa à divers mouvements revendicatifs, avant de se fixer à Rennes, travaillant dans l’imprimerie des Arts et Manufactures de Crépin-Leblond. Dès 1912, il était adhérent de la section SFIO de Rennes, menée par Charles Bougot* et composée de nombreux universitaires.

Maréchal des logis d’artillerie durant la guerre 1914-1918, il fit partie parès la guerre du groupe d’ouvriers auxquels M. Crépin-Leblond céda son imprimerie pour former une coopérative ouvrière, qui absorba l’Imprimerie nouvelle fondée par un autre militant SFIO, Honoré Commeurec (1878-1945), conseiller municipal entre 1908 et 1935. Victor Fritz fut aux Imprimeries Réunies, le principal collaborateur de Commeurec, élu conseiller d’arrondissement en 1934.

Secrétaire de la section socialiste de Rennes en 1922, Victor Fritz devint secrétaire de la fédération socialiste d’Ille-et-Vilaine en 1924 en remplacement de Albert Aubry (député entre 1919 et 1924, puis entre 1945 et 1951). Pour raison de santé, il abandonna ses fonctions en mai 1926 pour raison de santé, cédant la place au militant CGT, Léon Bouédo (menuisier, conseiller municipal en 1925), qui était fortement épaulé par Eugène Quessot*, conseiller général entre 1919 et 1948. Administrateur de l’Aurore d’Ille-et-Vilaine dès 1924, il joua un rôle essentiel dans le développement de l’organe fédéral, publié dans l’Imprimerie de Commeurec.

Victor Fritz figurait sur la liste SFIO aux législatives de 1924. Conseiller municipal en 1925 sur une liste du Cartel des gauches qui porta l’universitaire Carle Bahon au poste de maire de Rennes, il fut à nouveau candidat dans la deuxième circonscription de Saint-Malo lors des législatives de 1928. Il fut réélu conseiller municipal en 1929, avant d’échouer avec l’ensemble de la liste SFIO (sauf Eugène Quessot, qui devint Conseiller de la République de 1946 à son décès en 1948), en raison des divisions fortes entre les socialistes et les radicaux depuis 1928.

Franc-maçon, Victor Fritz faisait partie des réseaux Libération-Nord polarisé par Honoré Commeurec, membre du CDL qui fut déporté en 1944. Victor Fritz remplaça d’ailleurs son camarade à la tête de la coopérative d’imprimerie jusqu’à sa retraite en 1951. En janvier 1945, il était présent au premier congrès fédéral, qui réorganisait la SFIO dirigée par Eugène Quessot, dressant le bilan provisoire de l’exploitation de l’Aurore Socialiste, nouvel organe de la Fédération. À soixante-quatre ans, Victor Fritz faisait partie des six conseillers municipaux SFIO de Rennes, élus sur une liste antifasciste en mai 1945. Délégué cantonal de la SFIO, il fut réélu en 1947, signe de l’absence de renouvellement des générations militantes au sein du milieu socialiste à la Libération.

Retiré après 1951 dans la Maison de retraite des anciens combattants de la Rigaudière sur la commune du Theil-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), Victor Fritz conserva une activité militante, étant notamment candidat aux cantonales de 1958 à Châteauneuf.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50426, notice FRITZ Victor, Eugène par François Prigent, Justinien Raymond, version mise en ligne le 1er juin 2009, dernière modification le 1er juin 2009.

Par François Prigent, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Ille-et-Vilaine. — Arch. J. Zyromski, BI 2 et 3, lettres. — Arch. OURS, dossiers Ille-et-Vilaine. — Arch. fédérales du PS d’Ille-et-Vilaine. — L’Aurore d’Ille-et-Vilaine, 1923-1945. — L’Aurore socialiste, 1945-1951. — Jacques Bonhomme, 1935. — Renseignements fournis par Armand Rébillon*, recueillis auprès de V. Fritz. — État civil de Paris Xe arr. — Notes de Claude Geslin.

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