GERMA Michel

Par Claude Willard

Né le 19 mai 1929 à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), mort le 29 janvier 2007 à Antony (Hauts-de-Seine) ; ouvrier imprimeur typographe ; militant communiste, membre du comité fédéral de Seine-Sud à partir de 1961, secrétaire fédéral (1966-1968) ; conseiller général, président du groupe communiste (1967-1976), président du conseil général du Val-de-Marne (1976-2001).

Fils de Pierre Germa, ouvrier horticulteur (lui-même né à Vitry en 1886) et de Blanche née Petitmangin, ouvrière blanchisseuse, Michel Germa était le dernier né d’une famille de cinq enfants. Son père, gazé durant la guerre, mourut en 1939 et Michel Germa devint pupille de la nation. Il put aussi bénéficier des réalisations d’avant-garde de la municipalité communiste de Vitry (conquise en 1925).

En 1943, Michel Germa, ayant terminé ses études primaires, travailla à l’imprimerie Léger, localisée à Vitry ; mais il fut licencié (sans être dénoncé à la police) pour avoir refusé de travailler le 14 juillet 1943. En septembre de la même année, il entra au centre technique Estienne, réussit en 1944 le concours d’entrée à l’École Estienne, d’où il sortit en 1947 avec un CAP de conducteur typographe.

Sous l’influence surtout de ses frères aînés, très militants, tous deux déportés dont le plus jeune fit partie du convoi des 45 000, Michel Germa, sans être organisé, fit de la Résistance : à l’École Estienne, il fabriqua une plaque de rue au nom des fusillés, plaque ensuite apposée clandestinement ; il participa à la grande manifestation des cheminots de Vitry, le 14 juillet 1944.

Dans la foulée, Michel Germa adhéra au PCF en août 1944 et à la JC. De la fin 1944 à 1947, il fut secrétaire de la JC, puis de l’UJRF de Vitry. Grand amateur de sport et d’activité de plein air, Michel Germa dirigea la section locale des Amis de la Nature (rattachés à la FSGT), où il rencontra Ginette Pradeloux. Ils se marièrent le 11 mars 1950 et eurent trois enfants : Guy (1955) et deux jumelles, Sophie et Sylvie (1962).

Michel Germa travailla, de 1947 à 1959, dans plusieurs imprimeries des XIe, XIIIe, XXe arrondissements et de Bois-Colombes. Faute de parrain, il ne put adhérer à la CGT qu’en 1951.

N’assistant que rarement aux réunions de cellule, Michel Germa en fut rayé (1947). Il réadhéra en janvier 1951 ; de mars à octobre 1951, il fut trésorier de la cellule Oradour et, d’octobre 1951 à octobre 1952, secrétaire de cette cellule de Vitry. Après avoir suivi une école de section en 1945, puis une en 1951, il suivit une école fédérale en 1955. Après avoir été responsable des CDH au bureau de section, il fut promu, en novembre 1958, secrétaire à la propagande de la section de Vitry.

Après une école centrale de deux mois en 1960, Michel Germa suivit l’école centrale de quatre mois (fin 1964-début 1965). Le 7 mai 1961, il fut nommé au comité fédéral de Seine-Sud, le 24 juin 1962 au bureau fédéral, responsable des cadres, enfin au secrétariat fédéral (18 décembre 1966-12 mai 1968). Après son élection au conseil général, il demeura membre du bureau fédéral jusqu’à la fin de 1997, restant ensuite membre du comité fédéral.

Le 24 septembre 1967, dans le canton de Vitry-Est, Michel Germa fut élu conseiller général du Val-de-Marne ; il en fut le premier secrétaire (4 octobre 1967-mars 1970) et présida le groupe communiste (octobre 1967-mars 1976), Gaston Viens en étant le président de 1967 à 1970. En mars 1976, il succéda au gaulliste Roland Nungesser (1970-1976) comme président du conseil général et occupa cette fonction jusqu’en 2001.

La conquête en 1967 du département était inattendue. Il fallut, sans grande expérience, sous la présidence de Gaston Viens*, élaborer une politique départementale qui, s’inspirant surtout de l’œuvre municipale, revêtit de ce fait des aspects spécifiques : ainsi le Val-de-Marne fut-il le seul département à posséder deux centres de vacances et à gérer directement soixante-quinze crèches.

S’appuyant sur les lois de décentralisation de 1982-1983, Michel Germa se fixa comme objectif de transformer le Val-de-Marne en un « département humain et solidaire ». Parmi ses priorités, l’action pour le développement économique et l’emploi, la jeunesse, l’aide aux personnes âgées et aux handicapés, la petite enfance (le Val-de-Marne détient le taux de mortalité infantile le plus faible de France), l’amélioration du cadre de vie (espaces verts, équipements sportifs, loisirs, centres de vacances, rayonnement de la culture), la solidarité internationale.

Il fut un des signataires de l’Appel des Cent pour la Paix dans le monde. Michel Germa était officier de la Légion d’honneur et titulaire des Palmes académiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50414, notice GERMA Michel par Claude Willard, version mise en ligne le 31 mai 2009, dernière modification le 7 mars 2017.

Par Claude Willard

[Coll. privée Armelle Lecam]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Interview de Michel Germa (octobre 1998). — « 30 ans du Conseil général » (supplément à Connaissance du Val-de-Marne, n° 128 de juin 1997). — État civil de Vitry-sur-Seine.

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