GAILLARD Marc [GAILLARD Jean-Marc, dit]

Par Jean Landry

Né le 10 septembre 1923 au Barp (Gironde) ; employé des Postes, magasinier, directeur du PACT puis cadre au CILG ; permanent de la JOC (1943-1945), secrétaire (1950-1959) puis président (1959-1971) de l’UD-CFTC puis CFDT de la Gironde, militant associatif.

Fils de Guillaume Gaillard, gemmeur au Barp jusqu’en 1931 puis ouvrier agricole à Pessac (Gironde) et manœuvre dans diverses entreprises, et de Marie Darmayan, tantôt femme de ménage tantôt ouvrière agricole, Marc Gaillard avait un frère. Il grandit dans sa commune natale où il fréquenta l’école publique, puis à Pessac où il poursuivit sa scolarité, obtenant le certificat d’études et le brevet élémentaire. Ses parents, pratiquants irréguliers, l’avaient inscrit au patronage catholique de Pessac.

Devenu commis au Spendid Hôtel de Bordeaux (octobre-novembre 1939), il fut successivement employé de bureau des Postes de Pessac (décembre 1939-septembre 1940), employé ambulant sur la ligne des Pyrénées (novembre 1940-janvier 1941), magasinier chez Vachaumard, grossiste en produits laitiers (février 1941-décembre 1941), chez Efel, entreprise de fournitures hôtelières (janvier 1942-avril 1943) jusqu’à sa réquisition chez Karl Hehl à la base sous-marine de Bordeaux (mai-novembre 1943). Marc Gaillard avait entre-temps adhéré (1941) à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et assumait la présidence de la section de Pessac. Lorsqu’il acheva sa période de réquisition, la JOC lui proposa un mandat de permanent qu’il accomplit de décembre 1943 à mars 1945, utilisant une fausse carte d’identité professionnelle pour se rendre sur la côte atlantique, en zone interdite.

Après son service militaire (mars 1945-février 1946), Marc Gaillard se maria le 7 septembre 1946 avec Marthe Desmond, militante jociste qui avait été employée dans une librairie puis aux Postes. Il devint alors permanent de l’Union départementale CFTC de la Gironde. Élu secrétaire général de l’UD de 1950 à 1959, il la présida ensuite jusqu’en 1971, ayant infléchi son évolution vers la CFDT. Il dirigeait depuis mai 1958 l’organisme Propagande et action contre le taudis (PACT) de la Gironde. Il changea d’activité en janvier 1963 et eut alors un poste d’encadrement au Comité interprofessionnel du logement girondin (CILG) où il fut successivement responsable de la gestion des cités, de l’action commerciale, secrétaire général et directeur des relations sociales. Il adhéra au Parti socialiste en 1976 et appartint à la section de Pessac sans y avoir de responsabilité (il en était toujours membre en 2009).

Parallèlement, Marc Gaillard exerça de nombreuses responsabilités associatives : il fut membre du Comité d’expansion d’Aquitaine, au titre de la CFTC puis la CFDT (1954-1975) et à titre personnel (1975-1993), du conseil d’administration de Vacances familiales atlantiques (VFA, tourisme social), du conseil d’administration des ASSEDIC qu’il présida (1961-1963 et 1965-1967) au titre de la CFTC puis CFDT, de la CODER d’Aquitaine, depuis 1964 du conseil d’administration du Comité girondin des équipements sociaux et culturels qu’il présida (1966-1981), depuis 1974 du conseil d’administration de l’IRTS qu’il présida (1976-1991), depuis 1982 du conseil d’administration du foyer de jeunes travailleurs de Lormont (Génilor) qu’il présida (1982-1983), depuis 1989 du bureau de l’Association intermédiaire d’aide aux chômeurs de Pessac (AIPAC) et de la Commission locale d’insertion (CLI) de Pessac. Il avait également fait partie, de 1975 à 1985, du conseil d’administration de l’Association départementale d’information sur le logement (ADIL) qu’il avait présidée de 1982 à 1985.

Lorsque le préfet de la Gironde lui proposa la Légion d’honneur, Marc Gaillard refusa au motif, dit-il, qu’il tenait ses mandats de ses camarades de la CFDT. Il ajouta : « C’est à eux et à eux seuls de me dire si je mérite une médaille, si j’ai bien fait mon travail. »

En 1948, Marc Gaillard et sa femme avaient fait le choix de participer à l’initiative impulsée par Étienne Damoran, ancien aumônier JOCF devenu prêtre-ouvrier et responsable de la mission ouvrière de Bordeaux, qui avait incité certaines de ses anciennes jocistes – dont faisait partie Marthe Desmond – à venir avec d’autres jeunes couples construire eux-mêmes leur maison. Pessac abrita la première cité de castors qui vit le jour en France et fit modèle. Marthe Gaillard fut membre de la coopérative de la cité des Castors de Pessac (1952-1956), assura la catéchèse (1952-1969) et fit partie de la FCPE (1956-1970).

En 2009, Marc Gaillard et sa femme, parents de trois enfants, faisaient toujours partie des premiers castors qui emménagèrent en 1951.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50297, notice GAILLARD Marc [GAILLARD Jean-Marc, dit] par Jean Landry, version mise en ligne le 21 mai 2009, dernière modification le 2 juillet 2009.

Par Jean Landry

SOURCES : Arch. JOC, fichier des anciens permanents. — Paul Valet, Prêtre-ouvrier, itinéraire d’un ancien jociste, Karthala, 2008, p. 27. — Notes d’Éric Belouet. — Témoignages de l’intéressé, 3 avril 2008 et mars 2009.

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