GAUDIN Pierre, Auguste, Eugène

Par Jacques Girault

Né le 15 février 1913 à Fréjus (Var), mort le 2 janvier 1978 au Luc (Var) ; employé de coopérative, commissionnaire, propriétaire-exploitant ; militant socialiste du Var ; maire du Luc (1959-1978) ; conseiller général (1953-1978) ; député (1962-1977) ; sénateur (1977-1978).

[Sénat]

Son père Charles Gaudin*, exploitant-agricole, fut maire républicain socialiste puis socialiste de France du Luc, de 1925 à 1936. Sa mère, qui appartenait à une vieille famille socialiste devint conseillère municipale sur une liste à direction socialiste SFIO en 1945. Pierre Gaudin reçut les sacrements catholiques. Élève de l’École primaire supérieure de Brignoles (Var), titulaire du brevet primaire supérieur, il présida après la guerre l’Amicale des anciens élèves du lycée P. Raynouard, puis de l’École de commerce de Marseille ; il effectua son service militaire dans un régiment de zouaves en Algérie. Devenu employé à la Société des coopérateurs du Midi au Cannet-du-Luc, puis à La Seyne (Var), il se maria religieusement en novembre 1937 et eut un enfant. Il milita dans le syndicat CGT et fut, quelque temps, responsable du syndicat local des employés de l’alimentation. Il quitta cet emploi pour reprendre l’exploitation familiale et devenir, en 1939 commissionnaire, cours Julien, à Marseille.

Mobilisé au 9e zouave en septembre 1939, Gaudin, fait prisonnier à Dunkerque, fut envoyé en Allemagne et y resta pendant toute la durée de la guerre. Il fut interné au camp disciplinaire de Furstemberg après avoir tenté de s’évader et ne fut libéré qu’en mai 1945. À son retour au Luc, en 1946, il adhéra à la section socialiste SFIO. Il exerçait la profession d’agriculteur sur la propriété familiale. Marié, divorcé, il se remaria en avril 1946. Sa fille reçut les sacrements catholiques.
Gaudin, élu conseiller municipal en octobre 1947, devint adjoint au maire. Réélu en 1953, il devint, après les élections de 1959, maire du Luc et fut reconduit régulièrement dans ces fonctions jusqu’à son décès.
Après la mort du docteur Marcel Mouriès (sans parenté avec les oncles de sa mère, élus socialistes), conseiller général socialiste SFIO, Gaudin lui succéda. Le 1er mars 1953, il fut élu avec 1 515 voix sur 3 987 inscrits. Il siégea très vite à la commission départementale, à la commission des travaux et était le vice-président du comité d’aide à la construction. Réélu au conseil général, dès le premier tour, le 17 avril 1955, il devint secrétaire de l’assemblée départementale. Il participa à la commission départementale jusqu’en 1957 et fut le secrétaire de la deuxième commission (Travaux publics, bâtiments départementaux, vicinalité). Membre des commissions de l’Hydraulique, de gestion des fonds de la Caisse départementale scolaire d’aide à la construction et à l’habitat, d’études des calamités agricoles, de répartition des subventions départementales à l’agriculture, il représentait le conseil général au conseil départemental de l’enseignement, au comité de gestion des cantines scolaires, au conseil départemental des sports et loisirs, au comité départemental des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, au conseil d’administration de l’Office public d’HLM et à la commission interdépartementale de l’Hydraulique. À partir de 1957, il quitta la deuxième commission pour la commission des Finances. En outre, il représentait le conseil général auprès de l’Office départemental des Anciens combattants dont il était vice-président. Il participait régulièrement aux réunions interdépartementales pour le canal de Provence.

Secrétaire du groupe socialiste au conseil général, Gaudin, membre du bureau de la Fédération socialiste SFIO, présentait, à chaque congrès fédéral, les rapports d’activité. Au sein du parti, il jouait, vers 1956-1957, un rôle important dans les discussions sur l’agriculture. En novembre 1955, sa section le présenta comme candidat éventuel pour les élections législatives. Il arrivait en sixième position (la liste comprenait cinq candidats).

Au congrès fédéral du 7 novembre 1958, Gaudin se prononça pour une réponse positive au référendum instituant la Ve République. Aussi, le 21 septembre, après la démission de Jean Charlot* et d’autres responsables, le comité fédéral le désigna-t-il comme secrétaire fédéral adjoint.

Pour l’élection législative du 23 novembre 1958, Gaudin était le candidat de la SFIO dans la première circonscription de Draguignan-Brignoles. Il obtenait 12 829 voix sur 61 909 inscrits et 17 081 voix au deuxième tour. Le 18 novembre 1962, à nouveau candidat, il réunissait 12 069 voix sur 64 388 inscrits. Bartolini*, candidat communiste, le précédait. Il se désistait alors que Gaudin avait fait savoir qu’en tout état de cause, il se maintiendrait. Ce dernier était élu avec 25 398 voix. Il fut membre du bureau du groupe parlementaire, désigné le 9 avril 1964. Président de la FGDS du Var, il fut réélu comme candidat FGDS, le 10 mars 1967, (20 833 voix sur 71 227 inscrits et 35 880 au deuxième tour), le 1er juillet 1968 (16 457 voix et 29 486 voix sur 71 625 inscrits), il était à nouveau élu, le 4 mars 1973, (19 980 voix et 38 102 voix sur 77 403 inscrits). Membre des commissions de l’Éducation nationale, des affaires culturelles, de la Production et des échanges, il devenait vice-président de l’Assemblée nationale en 1975. Il appartint à la commission d’enquête sur la pollution du littoral maritime. Deux ans plus tard, élu sénateur du Var, le 25 septembre 1977, il exerçait aussi le mandat de conseiller régional de 1973 à 1978.

Gaudin fut délégué départemental de François Mitterrand pour les élections présidentielles de 1974.

Ancien président du groupe des députés-maires au Palais Bourbon, dirigeant de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains et président de sa fédération du Var, membre du bureau de l’Association des maires de France, Gaudin fut le candidat socialiste, à la fin de 1977, à la présidence de l’Union des maires de France. Il présidait aussi depuis le 25 juin 1962, le Comité départemental d’encouragement de l’Agriculture. Depuis sa création, en 1963, il présidait l’Entente interdépartementale de protection de la forêt méditerranéenne ; il cessa ces fonctions en 1977.

Diminué depuis quelques années par des malaises cardiaques, Gaudin s’effondrait après une audience dans sa mairie du Luc, le 2 janvier 1978. Il fut enterré religieusement. Le 2 janvier 1979, la municipalité décidait de donner son nom à l’avenue qui rejoignait l’avenue Charles Gaudin.

Son épouse assurait la présidence du comité local de soutien à la candidature de François Mitterrand* à la Présidence de la République en 1981.

Sa fille, Michèle, née au Luc, le 24 janvier 1947, fut élue conseillère municipale socialiste en mars 1983.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50274, notice GAUDIN Pierre, Auguste, Eugène par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 mai 2009, dernière modification le 3 juillet 2009.

Par Jacques Girault

[Sénat]

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 3.52, 2 M 5.28.6, 2 M 7.24.8, 2 M 7.28.2, 2 M 7.30.2, 2 M 7.31.1, 2 M 7.32.1, 2 M 7.35.3, 14 M 7.2, 18 M 86. — Arch. Nat., F/1cII/207, 304, 305, 563, 703. — Arch. de l’OURS, dossier personnel. – Arch. FJJ/6EF73/2. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-67. — Documentation politique, 26 février-5 mars 1953. — Arch. du Centre d’histoire de Sciences Po, GS 15. — Profession de foi, législatives de 1962. — Arch. J. Charlot (CRHMSS). — Sources orales. — Presse locale et nationale. — Renseignements fournis par P. Gaudin, par sa veuve, par la mairie du Luc et par V. Chavaroche. — Notes de Gilles Morin.

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