EPIN Bernard

Par Gérard Leidet

Né le 27 mai 1936 à Paris (XIVe arr.) ; instituteur ; militant syndicaliste (SNI) ; militant communiste, secrétaire de rédaction de L’École et la Nation ; adjoint au maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Les parents de Bernard Epin, Epin Abel né en 1906 et Maillot Renée née en 1908, tous deux issus de la paysannerie pauvre du Sud de l’Indre, arrivèrent à Paris en 1930. Le père, ouvrier intégré à l’EDF lors de la nationalisation, fut nommé contremaître dans les années 1950. Militant à la CGT depuis les années 1930, prisonnier de guerre jusqu’en 1945, il adhéra au Parti communiste français à son retour de captivité et y milita jusqu’à son décès en 1985. Sa mère exerçait la profession de couturière à domicile.

Entré à l’École normale d’instituteurs de Paris en 1951, Bernard Epin adhéra d’abord à l’Union de la jeunesse républicaine de France puis au PCF en 1954. Nommé instituteur dans le XIVe arrondissement de Paris en 1955, il exerça très rapidement des responsabilités syndicales au Syndicat national des instituteurs et politiques à l’échelon local. Passionné par la vie culturelle - et tout particulièrement par l’aventure du Théâtre national populaire de Jean Vilar -, Bernard Epin entra en 1957 au collectif de rédaction de L’École et la Nation, revue pédagogique mensuelle du PCF traitant des questions relatives à l’enseignement, l’éducation et la formation, et destinée aux enseignants et personnels de l’éducation. À son retour du service militaire qu’il effectua en Algérie de 1959 à 1961, il devint secrétaire de rédaction. Dans cette période, il déménagea à Saint-Ouen dont il fut membre du comité de la section communiste. Il y enseigna jusqu’en 1991 et s’y investit politiquement. Tout en poursuivant son activité à L’École et la Nation, il devint conseiller municipal lors des élections municipales de 1965, puis maire adjoint de 1971 à 1995, Fernand Lefort*puis Paulette Fost* étant maires de Saint-Ouen. Il était particulièrement chargé des activités culturelles. Il redevint conseiller municipal de 1995 à 2001. Ces différentes charges électives mirent fin à ses responsabilités syndicales au sein du SNI après 1968.

Le décès de Natha Caputo, pionnière de la critique de livres pour enfants qui assurait une rubrique régulière dans L’École et la Nation, le conduisit à prendre sa relève à la demande de Maurice Perche*, le directeur de la revue (1968). Passionné par la dimension à la fois éducative et artistique de cette part de l’édition alors en pleine mutation, Bernard Epin occupa une place reconnue et multiplia les interventions militantes aux côtés de grands aînés comme Raoul Dubois* pour la promotion d’une littérature innovante et libératrice (débats, stages, émissions de radio, articles). Après la disparition de L’École et la Nation en 1986, il poursuivit son activité de critique à l’hebdomadaire Révolution, puis au mensuel Regards dirigé alors par Henri Malberg *, à l’Humanité enfin à partir de 1999. Il intervint dans diverses publications, en particulier La Revue des livres pour enfants, participa à des ouvrages collectifs (dont plusieurs guides édités par le Cercle de la librairie et le Salon du Livre-jeunesse de Montreuil). Bernard Epin publia une dizaine d’ouvrages devenus des références dans le domaine du livre de jeunesse avec la volonté de contribuer à l’idéal d’émancipation par l’école et à la nécessaire démocratisation de la lecture. Ainsi écrivait-il en 1985, en conclusion de son ouvrage Les livres de vos enfants, parlons-en : « L’exigence démocratique ne part jamais de rien. Elle s’alimente à tout ce qui fait les aspirations quotidiennes de notre vie. Le droit à la lecture, le pouvoir de lire qu’il faut gagner n’appartiennent pas au rayon des accessoires superflus. Ils se nourrissent des expériences heureuses, des rencontres réussies. Il en est du plaisir de lire comme des autres ; il ne s’accomplit qu’avec le désir et la possibilité de le faire partager. Raison de plus avec les enfants. ».

Bernard Epin s’était marié en novembre 1960 à Boulogne-Billancourt. Deux enfants naquirent de cette union (Frédérique et Benoît) en 1962 et 1964. Son épouse, Monique Humbert, adhérente du PCF, milita à la FCPE, au SNI, jusqu’en 1990 puis au SNU-IPP.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50161, notice EPIN Bernard par Gérard Leidet, version mise en ligne le 9 mai 2009, dernière modification le 2 juin 2009.

Par Gérard Leidet

ŒUVRE : Profession chanteur, prix Jean Macé de la Ligue de l’enseignement en 1977 (Éditions La Farandole). — Le Grand livre du jeune citoyen, prix de l’Assemblé Nationale 1999 (Éditions Rue du monde). — Découvrir la littérature d’aujourd’hui pour les jeunes, anthologie publiée chez Seghers en 1976. — Les livres de vos enfants, parlons-en, La Farandole, 1985.

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressé.

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