SERGENT Alain [MAHÉ André, dit].

Par Jean-Louis Panné

Né en 1911 ; écrivain ; militant syndicaliste ; communiste puis anarchiste, puis animateur des partis collaborationnistes.

Issu d’une famille de paysans et d’artisans, breton du côté paternel et alsacien du côté maternel, André Mahé quitta l’école à l’âge de treize ans. Communiste en 1936, il était l’un des dirigeants du canton de Nemours (Seine-et-Marne) mais démissionna l’année suivante publiant dans le Libertaire un article critiquant la direction du PC. Syndicaliste actif, il participa à la fondation de l’Union locale CGT de Nemours et à l’ouverture de la Bourse du Travail locale. Il se rapprocha alors de Gaston Bergery et milita quelque temps au Front social puis créa une cellule d’unité française à Nemours. Durant ces années, il pratiqua la boxe, le culturisme, le naturisme et s’intéressa à la littérature prolétarienne.

Mobilisé en 1939-1940, il rejoignit ensuite le Parti populaire français de Jacques Doriot et se vit confier le secrétariat général adjoint du Comité Jeunesse de France. Déçu par Doriot, il adhéra en octobre 1941 au Mouvement social révolutionnaire d’Eugène Deloncle qui lui confia l’organisation d’un Centre d’études révolutionnaires, « filiale intellectuelle du MSR ». Devenu l’alter ego de Georges Soulès* , André Mahé participa à la « révolution de palais » qui écarta Deloncle et modifia les instances dirigeantes du comité exécutif du MSR. Il en devint alors l’un des secrétaires généraux aux côtés de Soulès.

Arrêté en décembre 1946, emprisonné deux mois, André Mahé, utilisa le pseudonyme littéraire d’Alain Sergent et, s’associant avec Guy Lemonnier*, signant Claude Harmel, entreprit une Histoire de l’Anarchie dont seul le premier volume parut en 1950 au Portulan (réédition Champ libre, 1984). Il publia ensuite Un anarchiste de la Belle époque, Alexandre Jacob (Le Seuil, 1950), un adepte de la reprise individuelle qui inspira le personnage d’Arsène Lupin à Maurice Leblanc, Les Anarchistes, scènes et portraits (textes choisis), (Chambriand, 1951), L’Épopée de la révolte, le roman vrai d’un siècle d’Anarchie (1963). André Mahé avait également publié deux romans à La Jeune Parque.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50076, notice SERGENT Alain [MAHÉ André, dit]. par Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 4 mai 2009, dernière modification le 4 mai 2009.

Par Jean-Louis Panné

SOURCES : P. Ory, Les Collaborateurs, Seuil, 1977. — R. Abellio, Sol invictus (Ma dernière mémoire III), Ramsay, 1980.

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