FLAUREAU Pierre, Louis, Jean

Par Pierre Broué

Né le 28 mai 1904 à Riom-ès-Montagnes (Cantal) ; ingénieur radioélectricien ; syndicaliste CGTU et militant communiste de l’Isère.

Fils d’un voyageur de commerce, Pierre Flaureau fit ses études à Grenoble (Isère), à l’école Vaucanson, puis à l’Institut électrotechnique où il obtint un diplôme d’ingénieur radioélectricien. À son retour du service militaire, en 1926, il adhéra au Parti communiste et organisa le syndicat CGTU des mécaniciens, chauffeurs et assimilés de l’industrie automobile dont il fut le secrétaire local. Placé par le patronat sur une liste noire, à la suite d’une grève victorieuse des transports routiers locaux qu’il avait dirigée en 1926, il dut quitter Grenoble pour trouver du travail, en Auvergne d’abord, puis à Lyon.

Pierre Flaureau revint à Grenoble pour s’installer à son compte, à la tête d’un petit atelier. Il participa à la fondation de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), fut secrétaire local des Amis de Commune et fonda en 1936 avec Darves-Bornoz l’association « Peuple et culture » patronnée par la CGT. Il jouait à cette époque un rôle important dans le Parti communiste et fut délégué en janvier 1936 au VIIIe congrès de ce parti à Villeurbanne. Il fut, en 1936, l’organisateur de la campagne électorale de François Campiglia. En 1937, il était membre du bureau régional du Parti communiste. Peu connu à l’extérieur, ayant, semble-t-il, échappé à la vigilance de la police, il fut l’un des rares militants responsables à échapper à la répression qui, deux fois de suite, en 1939 et 1940, décapita le PC dans l’Isère.

Son rôle fut capital pendant la guerre et sous l’Occupation. Il fut, avec André Dufour, l’un des fondateurs du Front national à Grenoble en mai 1941, puis fut délégué par le Parti communiste pour le représenter dans le front des organisations de Résistance appelé « La France combattante » de la Résistance. Il fut délégué par le Parti communiste au comité départemental de libération nationale dont il était en 1944 le tout-puissant secrétaire général sous le nom de Pel. Il présida le Comité d’épuration et la commission pour la reconstruction économique.

Bien qu’il ait été l’une des principales figures du Parti communiste dans la Résistance grenobloise, il ne joua après la guerre qu’un rôle très secondaire. Membre de la CE fédérale en 1945, il n’y fut pas réélu par la suite et laissa ses fonctions au CDL en septembre 1945. Il fut candidat aux élections municipales en 1945 et en 1947. En 1956, il était secrétaire de la cellule Robespierre et membre du comité de section de Grenoble. Le 6 juin 1956, à la conférence fédérale de l’Isère, il se prononça contre le point 22 des thèses du comité central du PCF sur les guerres impérialistes et contre les positions de Khrouchtchev sur la paix et la cœxistence pacifique, auxquelles il opposa la thèse de Lénine sur le caractère inévitable des guerres en régime capitaliste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50047, notice FLAUREAU Pierre, Louis, Jean par Pierre Broué, version mise en ligne le 1er mai 2009, dernière modification le 2 juin 2009.

Par Pierre Broué

SOURCES : Le Travailleur Alpin, 14 décembre 1944, 22 septembre 1945, 18 mai 1955, 21 avril et 9 juin 1956. — P. Billat, Parti communiste, Front national, Francs-Tireurs et Partisans français dans la Résistance dauphinoise, Grenoble, multigr. 41 p. s.d. — J. Mascotto et Cl. Wild, Le XXe congrès du PCUS et la Fédération de l’Isère du PCF, mémoire IEP, Grenoble, 1974. — État civil Riom-ès-Montagnes, décembre 1985.

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