FILIPPI-CODACCIONI Ange-Marie

Par Jacques Girault

), mort le 12 juillet 2018 à Ajaccio (Corse-du-Sud) ; professeur ; secrétaire de la fédération communiste de Corse ; rédacteur en chef de L’École et la Nation ; adjoint au maire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) de 1971 à 1977..

Fils d’instituteurs de sensibilité socialiste, Ange-Marie Filippi-Codaccioni fut seulement baptisé. Après avoir effectué ses études secondaires au lycée Fesch à Ajaccio, après le service militaire dans la Marine (avril 1944-septembre 1945), il obtint une licence d’histoire à la Faculté des Lettres d’Alger (1948), puis vint poursuivre ses études à la Sorbonne tout en étant maître auxiliaire eu lycée Carnot. Titulaire du CAPES en 1952, il fut nommé professeur au lycée de Saint-Omer (Pas-de-Calais) de 1953 à 1957, puis au lycée Fesch (1957-1967). Nommé au lycée de Bondy (Seine-Saint-Denis) en octobre 1967, puis au lycée Jacques Decour (Paris, IXe arr.) il prit sa retraite en 1986 après avoir obtenu le statut d’agrégé par promotion interne.

Membre du Front patriotique des jeunes (Front national), Ange-Marie Filippi-Codaccioni participa à l’insurrection et la Libération de la Corse (9 septembre 1943) et adhéra au Parti communiste français en 1943. Il fut le premier secrétaire de la région Corse des Jeunesses communistes (novembre 1943-avril 1944). Pendant ses études à Alger, il milita au sein de Parti communiste algérien et participa à la fondation du Mouvement algérien pour la paix. Puis, à Paris, il milita dans la cellule d’Histoire de la Sorbonne et dans la section du XIXe arrondissement (Pont de Flandre) où il demeurait. Il participa à toutes les actions communistes de la période. À Saint-Omer, il continua à militer notamment au moment des grèves d’août 1953.

Marié en juin 1947 à Alger avec une enseignante communiste, Ange-Marie Filippi-Codaccioni assura, à partir de 1957, le secrétariat de la section communiste locale. Il fut intégré directement au secrétariat de la fédération communiste en 1959 (troisième secrétaire) où il demeura jusqu’en 1967. Il était responsable de la propagande puis, à partir de 1965, également responsable de l’éducation. Selon le représentant du comité central Georges Lazzarino, cette double responsabilité s’inscrivait dans la volonté d’un « relèvement idéologique » de la fédération. Il rédigea une plaquette en 1964 sous le titre Pour une Corse heureuse dans une France démocratique. Il y prenait notamment parti contre les thèses autonomistes. En 1959, il fut le co-fondateur avec Albert Ferracci du mouvement du 29 novembre, mouvement revendicatif contre la situation économique et sociale faite à la Corse. En 1961, il fut le secrétaire général du comité contre les essais nucléaires en Corse qui organisa des manifestations puissantes à Ajaccio et à Bastia et qui avait de nombreux comités locaux. Actif contre l’OAS, il fit partie au début des années 1960 du Comité d’action pour la promotion de la Corse.

Candidat en 1959, Ange-Marie Filippi-Codaccioni conduisait la liste communiste aux élections municipales d’Ajaccio en 1965 après avoir été candidat au conseil général en 1964. À cette occasion, il rédigea une plaquette, Le vrai visage du Parti bonapartiste. Présenté aux élections législatives dans la circonscription d’Ajaccio en 1967, il obtint 5 229 voix sur 63 869 inscrits.

À partir de 1967, Ange-Marie Filippi-Codaccioni, installé en région parisienne, assura, dès novembre, le secrétariat de la commission de l’enseignement auprès du comité central du PCF. Il intervint à plusieurs reprises dans la presse communiste sur les questions de l’enseignement. Il devint rédacteur en chef de la revue communiste spécialisée dans les questions enseignantes, L’École et la Nation, en octobre 1970. Il participa à l’organisation de divers colloques et à la vie de la commission de l’enseignement du comité central du PCF. A partir d’octobre 1981, il devint le directeur-adjoint de la revue, responsabilité qu’il conserva pendant dix-huit mois.

Ange-Marie Filippi-Codaccioni, qui habitait Aulnay-sous-Bois, fut élu en 1971 conseiller municipal et adjoint au maire, délégué à l’enseignement et à la culture. Il ne fut pas candidat en 1977.

Divorcé en 1974, remarié en mai 1990 à Paris (XIXe arr.) avec une enseignante communiste, de retour en Corse en 1992, Ange-Marie Filippi-Codaccioni habitait Ajaccio et retrouva le comité de la fédération communiste de Corse-du-Sud puis le comité départemental. Il participa aux diverses actions commémoratives des faits de résistance, notamment au comité créé pour que le nom de Paul Bungelmi soit donné au collège de Petreto-Bicchisano.

Décédé dans un établissement hospitalier d’Ajaccio, il fut inhumé à Foce-di-Bilia. Le 16 juillet 2018, l’Humanité annonçait la disparition du militant, « figure du communisme corse ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50028, notice FILIPPI-CODACCIONI Ange-Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 avril 2009, dernière modification le 20 juillet 2018.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Brochures et nombreux articles dans la presse. — Entre 1986 et 1992, participation aux manuels scolaires (seconde, première, terminale) chez Bordas (sous la direction de Claude Quetel), aux manuels pour le baccalauréat dans la collection Bordas-performance (1991, 1994) et au Dictionnaire historique du XXe siècle, Bordas.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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