FÉDENSIEU Roger, Charles, Arnaud

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 27 mars 1904 à Langon (Gironde), mort le 2 avril 1961 à Bordeaux (Gironde) ; professeur ; militant du Syndicat national des professeurs adjoints, du SPES, du SNES, secrétaire de la section académique de Bordeaux (1945-1955), membre du bureau national, élu au Conseil d’enseignement de second degré.

Son père, lithographe, et sa mère, modiste, quittèrent Langon pour habiter à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime). Son père retourna à Langon après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir obtenu le baccalauréat (1923), Roger Fédensieu prépara le concours de l’École normale supérieure dans la Khâgne du lycée Henri IV de Poitiers (Vienne) de 1923 à 1925. Il devint maître d’internat au collège de Royan (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) en 1925 puis obtint un poste analogue au lycée de Poitiers en 1927. Il préparait une licence d’histoire à la Faculté des Lettres de Bordeaux, obtint le certificat d’Histoire ancienne en 1926 et celui d’Histoire moderne et contemporaine en 1927. Puis il s’inscrivit à la Faculté de Poitiers pour obtenir les certificats d’histoire du Moyen-Âge et de géographie en 1928 et le diplôme d’études supérieures en 1929. Après le service militaire (octobre 1929-mars 1931), Roger Fédensieu travailla comme maître d’internat au collège de Saint-Jean d’Angély (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) en 1931, comme répétiteur au collège de Cognac (Charente) en 1931 puis au lycée de Poitiers après l’intervention d’un sénateur de la Vienne.

Nommé répétiteur puis professeur adjoint au lycée Ampère de Lyon (1932-1936), Roger Fédensieu commença à militer dans le syndicalisme enseignant affilié à la CGT dans la famille des « confédérés ». Secrétaire adjoint de la section académique (S2) de Lyon du Syndicat national des professeurs adjoints, répétiteurs et répétitrices des lycées et collèges de France et des colonies (FGE-CGT) lors de sa création en 1933, il en devint le secrétaire en 1933-1934 quand Marcel Délery fut élu secrétaire général. Il se signala par un article dans le bulletin Le Professeur adjoint de décembre 1933 : « Veut-on la faillite de l’enseignement secondaire ? » dans lequel il critiquait le décret Chéron, visant aux économies budgétaires, s’élevait contre les effectifs pléthoriques qui empêchaient le suivi des élèves et développait un plaidoyer en faveur du travail des répétiteurs permettant le soutien des élèves en difficulté. Il s’opposa à Marcel Bonin lors de la discussion sur l’orientation syndicale en avril 1934, ce dernier critiquant l’action de la CGT et de la FGF, demandant l’union d’action à la base. Il répondit en soutenant le bureau et en disant que les syndiqués n’étaient pas prêts pour une action énergique.

Titularisé professeur adjoint au lycée de garçons Guez de Balzac d’Angoulême (Charente) en 1936 puis professeur délégué d’histoire-géographie en 1937-1938, Roger Fédensieu devint secrétaire de la section académique de Poitiers du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire (FGE-CGT) dès sa création en 1937. Il demeura dans le même établissement jusqu’à sa mobilisation dans un groupe de STA.

Reçu 7e à l’agrégation d’histoire-géographie en 1939, il enseigna comme professeur agrégé au lycée de Bordeaux après sa démobilisation, à partir d’octobre 1940 et obtint l’enseignement dans la classe de lettres supérieures en 1943. Nommé sur la liste d’aptitude au professorat des lycées de la Seine et Seine-et-Oise en 1945, il refusa une mutation pour le lycée Lakanal à Sceaux pour des raisons familiales mais accepta un poste au lycée Montaigne à Bordeaux en 1946. À partir de 1948, il enseigna dans les classes préparatoires à l’École Navale et à l’École française d’outre-mer. Il appartenait à partir de 1946 au conseil intérieur et à la section permanente du conseil d’administration du lycée, et en 1959, s’occupait du club UNESCO de l’établissement.

À la Libération, Roger Fédensieu joua un rôle important dans la fondation du Syndicat national de l’enseignement secondaire et la définition de sa politique. Membre de la commission exécutive de 1945 à 1947, il était en même temps secrétaire de la section d’établissement (S1) et de la section académique de Bordeaux. Au congrès du SNES de mars 1948, partisan de l’autonomie totale, adversaire déterminé des « cégétistes » et des communistes, il présenta une motion qui fut battue de justesse par celle présentée par Marvillet* autorisant la double affiliation. Le lendemain, au congrès fédéral, il fut l’auteur et le rapporteur de la première motion adoptée sur les nouveaux statuts, fondement du passage à l’autonomie (« La FEN est une fédération autonome d’esprit laïque constituée par des syndicats autonomes » (art. 1), « elle n’admet qu’un seul syndicat par catégorie », « chaque syndicat s’administre librement dans la limite des statuts fédéraux »). Dans les longues discussions qui suivirent, il s’opposa constamment à la double affiliation individuelle qui fut finalement retenue.

Élu titulaire sur la liste des « autonomes » à la CE du SNES en 1948, puis membre de la commission administrative du SNES (classique-moderne) au titre de la liste A de 1949 à 1955, Roger Fédensieu continua de jouer un rôle éminent au bureau national, dans les CA et congrès, s’opposant souvent vigoureusement aux « cégétistes » et, en raison de sa défense intransigeante de l’enseignement secondaire, à ses camarades du Syndicat national des instituteurs. Ainsi, au congrès du SNES de 1951, il estima insuffisante l’action de la FEN et souhaita une pratique plus démocratique de la fédération dirigée pourtant par ses camarades « autonomes » ; au congrès de la FEN de 1952, il présenta les critiques du SNES motivant son vote contre le rapport d’activité fédéral. La même année, il succéda à Firmin Campan comme secrétaire de la Commission pédagogique du SNES, jusqu’à son remplacement par Pierre Dhombres en 1954 ; à ce titre il siégeait également dans la commission pédagogique fédérale. Il défendait la création d’écoles normales régionales rattachées aux facultés pour la formation des maîtres du second degré.

Candidat suppléant à la commission administrative paritaire nationale des agrégés en 1948, élu suppléant en 1952 et 1955, Roger Fédensieu fut surtout élu titulaire au Conseil de l’enseignement de second degré en 1950 et réélu en 1955. Membre de la Société des Agrégés dès la Libération, il fut un des auteurs du rapport de la Société sur la place des agrégés dans le second degré en 1947 ; pour cette raison, il fut élu au comité national en 1947, il y resta ensuite, soit élu, soit au titre de commissaire paritaire et/ou d’élu au CESD.

À partir de 1955, année de la fin du mandat d’ Albert-Claude Bay comme secrétaire général du SNES, et de recomposition de sa direction autonome (Pierre Dhombres-Paul Ruff-Robert Chéramy), Roger Fédensieu s’éloigna de la direction nationale du syndicat. Il ne fut plus candidat à la CA nationale, André Mondot, militant issu du Syndicat national des collèges modernes étant le seul représentant du S3 de Bordeaux dont il devint également secrétaire général. Il continuait cependant de siéger au Conseil académique et à la commission de la Carte scolaire. Défenseur de la qualité de la formation des maîtres, il était conseiller pédagogique et participait aux activités du Centre pédagogique régional.

Il décéda – prématurément – à la suite d’une longue maladie au début de 1961. Bay, avec lequel il avait travaillé étroitement après la guerre, lui rendit hommage dans L’Université syndicaliste.

Roger Fédensieu laissa une marque durable dans le SNES du département de la Gironde qui était encore à majorité Unité, Indépendance et Démocratie bien après 1968.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50016, notice FÉDENSIEU Roger, Charles, Arnaud par Alain Dalançon, Jacques Girault , version mise en ligne le 29 avril 2009, dernière modification le 5 janvier 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F 17/ 27187. — Arch. IRHSES (Le Professeur Adjoint, SPES, SNES, CA, congrès, L’université syndicaliste, L’Enseignement public).

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