ARRIGHI Victor-Noël. (version Dictionnaire du Komintern)

Par Claude Pennetier

Né le 25 décembre 1900 à Saint-André-Catone (Corse), mort le 9 avril 1945 à Paris (XVIe arr.) ; responsable communiste passé au PPF dont l’activité s’exerça en France et en Algérie.

Victor-Noël Arrighi poursuivit ses études à l’École primaire supérieure J.-B. Say ; il obtint le brevet élémentaire et le certificat d’études primaires supérieures.

C’est en 1923, après son service militaire qu’il adhéra au Parti communiste (14e section-Paris). Il était employé aux Galeries Lafayette dont il fut renvoyé en décembre 1924 pour « agitation révolutionnaire ». Arrighi devint alors en 1925 permanent comme propagandiste de la commission d’Agit-Prop (Agitation Propagande) du Parti communiste et secrétaire administratif du bureau d’organisation.

Envoyé en Algérie pour une mission de propagande contre la guerre du Rif, il fut arrêté à Alger et condamné à deux ans d’emprisonnement, le 14 octobre 1925, pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Libéré de prison, il rentra à Paris en juillet 1927, et le Parti communiste lui confia la direction du bureau latin du Secours rouge international ; en 1928, il assuma également la direction du bureau balkanique. Il fut aussi rédacteur à La Voix paysanne, aux Cahiers du Bolchevisme et il était en outre secrétaire du Comité de défense des victimes du fascisme. Au comité régional du 13 novembre 1927, il avait émis des réserves sur la tactique électorale du Parti. En juin 1929, Arrighi entra comme secrétaire de direction à la Banque ouvrière et paysanne, organisme financier du Parti communiste ; à la fin juillet, il en devint secrétaire général et remplaça ensuite Georges Marrane comme administrateur-délégué. Son attitude à la BOP fut discutée au comité central du 8 septembre 1929 : Semard* indiqua que ses entretiens avec Seux et Arrighi n’étaient « pas de nature à nous tranquilliser » (Bibliothèque marxiste de Paris, bobine 328). Dans une lettre au secrétariat du Parti, Arrighi avait écrit le 24 août 1929 : « Depuis plusieurs semaines je suis l’objet, pour des raisons trop faciles à comprendre si l’on considère les fonctions que j’occupe, d’attaques non déguisées dans le but de me discréditer devant le Parti » (RGASPI, 495 270 8025). Henri Barbé* affirma plus tard qu’Arrighi avait reconnu avoir agi en liaison avec le cabinet Tardieu.

À partir de 1930, Arrighi abandonna ses responsabilités dans les organismes liés au Parti communiste et il apparut dans la mouvance du Parti radical. C’est en 1936 qu’il adhéra au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot* qui en fit son « délégué général pour l’Algérie et l’Afrique du Nord » puis son financier. En désaccord avec Doriot*, il démissionna du PPF en décembre 1938 ; en 1943, il appartenait de nouveau à ce parti et était en relations avec Paul Marion*, secrétaire d’État à l’Information du gouvernement de Vichy. Il fut arrêté à la Libération pour collaboration et interné au camp de Drancy en novembre 1944, mais transféré par suite de son mauvais état de santé à l’hôpital Ambroise Paré, puis assigné à résidence à son domicile où il mourut le 9 avril 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49998, notice ARRIGHI Victor-Noël. (version Dictionnaire du Komintern) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 avril 2009, dernière modification le 16 juin 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 8025. — Notice DBMOF par R. Gallissot, J. Maitron et Cl. Pennetier. — Liste noire, n° 2, n° d’ordre 202 A, photographie, décembre 1933.

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