ARRACHARD René, Maurice. (version Dictionnaire du Komintern)

Par Claude Pennetier

Né le 22 février 1905 à Liancourt (Oise), mort le 24 janvier 1972 à Paris (XXe arr.) ; ouvrier terrassier ; membre du bureau politique du PCF ; délégué permanent du PCF et de la CGTU à Moscou.

Fils d’un ouvrier dans une usine de chaussures et d’une domestique-femme de ménage, René Arrachard, titulaire du certificat d’études primaires, manœuvre dans différentes corporations (métallurgie, produits chimiques, bâtiment), fut membre du Parti communiste depuis octobre 1923. Il fut libéré du 13e bataillon de mitrailleurs où il effectuait son service militaire avec le grade de sergent en 1926. Son autobiographie de 1932 précise : « Étant à l’armée du Rhin, j’ai fait du travail “anti” sous la direction de Cormont, de Rouffianges et de Rolland. » Il continua à faire du travail antimilitariste illégal pendant trois ans.

Membre du syndicat unitaire des terrassiers de Melun, secrétaire de l’Union locale, secrétaire du rayon de Melun du PC, René Arrachard soutenait la direction « gauchiste » de la région parisienne : « Au moment de la 4e conférence régionale en 1928, j’ai voté avec Villatte-G. Joseph qui furent battus dans cette conférence. Je votais avec eux pour combattre la position opportuniste de Bernard* » (autobiographie de 1932). Il participa au congrès du Parti tenu à Saint-Denis du 31 mars au 7 avril 1929 et fut élu membre du comité central. À l’occasion d’une réunion de ce comité qui se tint à Villeneuve-Saint-Georges le 21 juillet, il fut arrêté et inculpé de complot contre la sûreté intérieure de l’État mais il fut mis en liberté provisoire le 10 mai suivant. Son ascension dans la hiérarchie du Parti comme dans celle de la CGTU fut très rapide. Engagé à fond dans la réalisation de la politique ultra-gauche, il fut peut-être poussé par Celor*. Il écrivit lui-même : « J’ai été lié au groupe sans le savoir par l’intermédiaire et sous la pression de Celor*. Depuis, j’ai vigoureusement combattu le travail néfaste accompli par eux et dans lequel ils avaient réussi à m’entraîner en abusant de mon manque d’expérience » (autobiographie de 1932).

En mai 1930, l’Internationale communiste insista pour que la délégation envoyée à Moscou comprenne outre Barbé*, Celor*, Thorez*, Doriot*, des jeunes comme Arrachard. Militant en vue de la région parisienne, il fut réélu au comité central en mars 1932 par le 12e congrès du Parti. En août, lors du 12e plénum de l’Internationale communiste tenu à Moscou, la direction internationale proposa de retirer la direction politique de la région parisienne à Pierre Semard*. Thorez* exprima le souhait que le secrétaire syndical de la région, Arrachard, devienne le principal responsable du Parti et entre au bureau politique. Semard* et Gitton* s’insurgèrent contre cette proposition estimant que ce jeune camarade risquait d’être submergé. En fait, c’est toute la réorganisation de la région parisienne (RP) qui était à l’ordre du jour.
Premier suppléant du bureau politique en 1933-1934, Arrachard se rendit à Moscou en mars 1935 et y demeura en poste jusqu’en septembre : il fut désigné en juin délégué permanent du PC et de la CGTU auprès du Komintern et de l’ISR en remplacement d’Albert Vassart* ; il accompagna le retour à Paris de la dépouille mortelle de Barbusse* et fit en sorte de ne pas rejoindre son poste par la suite en invoquant des raisons de santé.

Le comité national du 16 février 1936 l’élut secrétaire de la Fédération unifiée du bâtiment. Par ailleurs le 8e congrès du PC, à Villeurbanne, en janvier 1936, le nomma membre du comité central mais seulement suppléant du bureau politique. L’année 1937 ne devait toutefois pas lui être favorable et, à l’issue du 4e congrès du Parti, Arles, 2529 décembre, il n’était plus que membre suppléant du comité central.
Le 24 août 1939, Arrachard déposa une motion qui saluait « l’initiative de l’URSS » c’est-à-dire le Pacte germano-soviétique, devant la commission administrative de la CGT, mais la motion Jouhaux-Belin qui condamnait la politique de l’URSS et de ceux qui la soutenaient obtint dix-huit voix contre huit.

Mobilisé le 6 septembre 1939 — toujours secrétaire général de la Fédération du bâtiment — R. Arrachard fut fait prisonnier le 10 juin et incarcéré en Allemagne aux environs de Cassel. Libéré par les troupes américaines, il reprit ses fonctions à la tête de la Fédération du bâtiment en avril 1945 et fut réélu peu après membre de la commission administrative de la CGT et membre du comité central du PC aux congrès de juin 1947 et avril 1950 alors qu’il avait disparu de la liste des membres du comité central lors du 10e congrès du Parti tenu fin juin 1945.

En juin 1951, il dut donner sa démission de la CA de la CGT et du secrétariat général de la Fédération du bâtiment et il ne fut pas réélu au comité central du PC. Il lui était reproché son « sectarisme » et la baisse des effectifs de la Fédération du bâtiment.

Par la suite, Arrachard milita « à la base ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49997, notice ARRACHARD René, Maurice. (version Dictionnaire du Komintern) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 avril 2009, dernière modification le 28 avril 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 16, autobiographies du 6 octobre 1932, du 3 mai 1935 et de 1949. — S. Wolikow, Le PCF et l’IC (1925-1933), thèse, op. cit. — Notice René Arrachard, Jean Maitron, Claude PennetierDBMOF, t. 17 et CD-Rom.

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