FERRÉ Célestin

Par Jean-Luc Pinol

Né le 28 septembre 1883 à Coundérac (Vienne) [ce nom ne figure pas dans le Dictionnaire national des communes de France] ; domicilié à Livry-Gargan (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) ; secrétaire de la Fédération unitaire de la Métallurgie ; maire socialiste de Pavillons-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis) de 1945 à 1953.

Lors du IVe congrès de la Fédération CGT des Métaux, en 1919, Dumercq accusa Ferré d’avoir fait des heures supplémentaires à Asnières, ce qui lui aurait valu d’être exclu de l’Union des mécaniciens : « Voilà comment on sabote la journée de 8 heures dans les endroits où l’on se dit révolutionnaire » commenta l’accusateur.

Lors du Ve congrès de la Fédération, en juillet 1921, Célestin Ferré représentait le syndicat de Bordeaux. Il fut l’un des principaux orateurs minoritaires. Membre des CSR, il affirma : « je n’accepte pas tout ce que fait Moscou puisque je vous répète qu’à Moscou on est centralisateur, alors que moi je suis fédéraliste. Je ne suis pas marxiste, je suis bakouniniste » (c.r. du congrès p. 43). À ce même congrès, Ferré présenta une motion qui condamnait « formellement cette monstrueuse théorie de l’intérêt général en régime capitaliste ». Cette motion obtint 113 voix contre 112 à la majorité fédérale. Le président de séance, Vasseur, ayant oublié de voter, il fut procédé à un vote rectificatif ; les résultats définitifs soulignèrent la division de la Fédération : 113 contre 113. À l’issue du congrès, Célestin Ferré fit partie du comité national provisoire désigné par l’ancienne minorité (voir Allard*) et il exerça les fonctions de secrétaire provisoire de la Fédération unitaire des Métaux, avec Argence et Chevalier.

Lors du 1er congrès de la Fédération unitaire, en 1922, ces trois militants présentèrent le rapport moral ; celui-ci fut approuvé et ils furent élus secrétaires fédéraux. À l’occasion du débat sur les statuts fédéraux, Ferré, et Raitzon se montrèrent hostiles à l’application de la RP. Néanmoins ce mode de scrutin fut adopté et l’article 33 des statuts précisa que chaque syndicat affilié bénéficierait d’une voix, plus une voix supplémentaire par fraction de 1 000 adhérents. À l’occasion du débat sur l’affiliation internationale, Ferré préconisa l’adhésion à l’Internationale de Berlin. Mais, il n’y eut pas de décision définitive. À l’issue du congrès, Célestin Ferré fut désigné pour soutenir les grévistes du Havre. Après son action dans la grève, sanglante, du Havre, il s’occupa de la grève du Vimeu (Somme) où les serruriers protestaient contre l’impôt sur les salaires.

Au IIe congrès de la Fédération unitaire des Métaux, en 1923, Célestin Ferré ne fut pas réélu secrétaire fédéral. L’équipe syndicaliste révolutionnaire, Ferré, Argence, Chevalier, céda la place à l’équipe communiste, Poussel, Gaye et Berrar.

Devenu maire socialiste SFIO de Pavillons-sous-Bois à la Libération, Célestin Ferré se présenta aux élections législatives du 2 juin 1946 dans le 6e secteur de la Seine, sur la liste conduite par Gérard Jacquet*. Le bulletin portait la mention « Transporteur-Ancien secrétaire de la Fédération de Métaux ». Il resta maire jusqu’en 1953.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49990, notice FERRÉ Célestin par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 28 avril 2009, dernière modification le 16 octobre 2017.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, 16 M 47, 3 mars 1923. — Comptes rendus des congrès (1919, 1921, 1922, 1923 et 1938).

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