FERRUCCI Jérôme

Par Frédérick Genevée, Claude Pennetier

Né le 27 septembre 1903 à Constantine (Algérie), mort le 11 septembre 1978 à Nice (Alpes-Maritimes) ; avocat communiste.

Fils d’un inspecteur de l’enseignement, Jérôme Ferrucci avait un frère agrégé et une sœur enseignante. Il rejoignit le PCF en 1930. Secrétaire de l’Association juridique internationale dont l’inspirateur et l’animateur était l’avocat Marcel Willard*, Jérôme Ferrucci, avocat inscrit au barreau de Paris, participa dès sa création, en 1932 ou 1933, au Groupe des avocats parisiens communistes, « amicale » sans existence organique, comprenant une vingtaine de membres avant 1935 et plus de cinquante après 1936. Jérôme Ferrucci avait fait partie, au début de l’année 1935, avec Francis Jourdain*, Jules Crapier et Mineur*, d’une délégation envoyée en Roumanie pour porter « la protestation du prolétariat international contre les crimes fascistes » (Femmes dans l’action mondiale, n° 6, février 1935, p. 10). Il accomplit plusieurs missions de même nature en d’autres pays. C’est dans son cabinet que fut fondée la Compagnie France-Navigation, selon les témoignages de Mme Arditti, des avocats Kaldor et J. Nordmann.

Mobilisé en 1939, blessé, il entra tôt dans la Résistance. Il fut arrêté fin juin 1941, en même temps queGeorges Pitard, Antoine Hajje et Michel Rolnikas. Il réussit à s’évader et entra dans la Résistance en zone Sud (FTP). Un document communiste interne du 5 février 1941 donne son nom sur la liste de cinq avocats : Sarotte, Rolnikas, Boitel, Bloch, à contacter en cas d’arrestation (Arch. Tasca). Il anima ensuite avec Paul Vienney, avec lequel il semblait très lié depuis sa jeunesse algérienne, le comité national des juristes.

Après la Libération, il fut chef adjoint de cabinet de Marcel Paul* ministre de la Production industrielle (novembre 1945-décembre 1946). Jérôme Ferrucci reprit ensuite son cabinet d’avocat. Entre autres activités (défense des grévistes…), il participa au « pont aérien » des avocats défenseurs des patriotes algériens (PCA et FLN) : il se rendit ainsi en Algérie en moyenne deux fois par an, durant une quinzaine de jours, à partir de 1955 ou 1956.

Signe de la persistance de son engagement communiste, l’Humanité du 18 septembre 1978 annonça son décès survenu à Nice le 11 septembre 1978. Il fut enterré dans la plus stricte intimité. Le 4 février 1943, il avait épousé Odette Mauthé à Lyon, VIIe arr. (Rhône).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49985, notice FERRUCCI Jérôme par Frédérick Genevée, Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 avril 2009, dernière modification le 6 novembre 2014.

Par Frédérick Genevée, Claude Pennetier

SOURCES : Presse citée dans la biographie. — Arch. Tasca, Fondation Feltrinelli (communiqué par D. Peschanski). — Notes de Claude Willard, 2 février 1986. — Notes de Frédérick Genevée. — État civil de Nice, recherches infructueuses, 28 mai 1984.

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