GELVESTRE Marcel, Joseph. Pseudonymes : COLLIN René et EDMOND

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Né le 20 février 1898 à Lambezellec (Finistère), mort le 18 octobre 1983 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ; mécanicien ajusteur puis permanent ; militant communiste, élève de l’École spéciale de Moscou, chargé de mission, notamment en Espagne ; résistant FTP ; conseiller municipal de Bobigny (élu en 1935).

Marcel Gelvestre en 1937
Marcel Gelvestre en 1937

Fils de François Gelvestre, perceur à l’Arsenal maritime de Brest, et de Marguerite née Le Gall son épouse, Marcel Gelvestre présentait ses parents comme « illettrés » et religieux. Élève de l’école communale jusqu’à quatorze ans, il entra comme apprenti à l’Arsenal de Brest et suivit des cours du soir. Il servit dans la Marine comme quartier-maître armurier, puis, après sa libération, fit treize mois à l’école technique de l’Arsenal de Brest et obtint la mention « très bien ». Les salaires assez élevés qu’il obtint en région parisienne (2 800 F en 1937), témoignent de sa qualification.

Marié à Brest en septembre 1920 avec Marie Livoaloy, une couturière qui fut sympathisante communiste mais jamais militante, Marcel Gelvestre travaillait en région parisienne en 1924 et côtoya en usine Marcel Marschall*, le futur maire de Saint-Denis. Il participa à la grève contre la guerre du Maroc. Il vint s’installer à Bobigny (Seine) en 1925, dans une « maisonnette ». À partir du recensement de 1931, il habitait rue Jean-Baptiste Clément et était traceur chez Rateau au Pré-Saint-Gervais.
Adhérent du Parti communiste depuis le début 1928 sous l’influence des militants du syndicat CGTU de l’usine des pompes Worthington du Bourget, il milita ensuite à la cellule inter-usine du XVe arr. de Paris qui incluait l’usine de la Précision moderne où il était ouvrier. Pendant sa période d’embauche cher Rateau, il ne fut moins actif politiquement, mais il fut en revanche secrétaire du comité intersyndical de Bobigny en 1932, secrétaire du comité de grève de Rateau en 1933, membre de la commission exécutive de la 20e union régionale unitaire la même année et de la fédération des Métaux en 1934. Amateur de livres d’histoire, Gelvestre était aussi un lecteur attentif de la littérature politique, de Marx (18 Brumaire ; Le Capital), de Lénine (Contre le courant, La Maladie infantile du communisme, l’Impérialisme), de Staline (La révolution d’octobre) et de Ségal (Principes d’économie politique).
Marcel Gelvestre fut élu conseiller municipal communiste de Bobigny, le 5 mai 1935 avec 2 625 voix sur 4 946 inscrits. « Il ne m’a pas été possible de faire le moindre travail » écrivit-il. Selon le registre de procès-verbaux, il n’appartint à aucune commission et fut absent 17 fois sur les 27 séances du mandat. Il était en effet parti dans les Brigades internationales (sans doute en mission après de la Centrale sanitaire et non dans un engagement) et séjournait en URSS. Lorsqu’il était en région parisienne, il vivait 64 rue Dutot à Paris XVe arr.

Dans son autobiographie rédigée en décembre 1937, il déclara avoir fait du travail illégal (travail SS [spécial] précise la commission des cadres) de 1934 à 1937 au moins, avec un salaire de permanent. Il quitta donc son emploi pour s’y consacrer et revint en usine au moins un temps en 1937. Il se réclamait de Le Gros (Maurice Tréand) responsable de la commission des cadres. On apprend qu’il connaissait un peu l’allemand et qu’il était train de se perfectionner. Des notes le signalent à Moscou courant 1936 (le 7 février 1936, une note en russe de A. Slutzki demande de prolonger son visa) où il fut stagiaire de l’« école spéciale » : « a suivi une école technique » précise Tréand. Dans l’évaluation de 1938, figure encore la mention « actuellement fait travail S.S. ».

Marcel Gelvestre fut suspendu de ses fonctions avec la guerre. Il resta au Parti communiste contrairement au maire Clamamus, qui quitta le PC.
Sa fiche de police pendant l’Occupation indiquait : « Soupçonné d’être à l’origine des attentats commis contre d’anciens membres du Parti communiste ralliés à la politique du gouvernement. »

Résistant, commandant FTP, Gelvestre avait pensé être nommé à la tête du Comité local de Libération de Bobigny. Le Parti communiste lui préféra Paul Pesch*. Il n’admit pas ce choix et se retira de la vie politique. Il aurait été exclu du Parti communiste. Gelvestre vivait encore à Bobigny en 1977.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49976, notice GELVESTRE Marcel, Joseph. Pseudonymes : COLLIN René et EDMOND par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 avril 2009, dernière modification le 23 janvier 2011.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Marcel Gelvestre en 1937
Marcel Gelvestre en 1937
Marcel Gelvestre, photographie de son dossier de police pendant l’Occupation
Marcel Gelvestre, photographie de son dossier de police pendant l’Occupation

SOURCES : Arch. Com. Bobigny. — Sources orales. — RGASPI, 495 270 4260, dossier du Komintern, autobiographie, Paris, 8 décembre 1937. — État civil de Lambezellec.

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