GALATRY Émile

Par Didier Bigorgne

Né le 17 novembre 1902 à Allassac (Corrèze), mort le 15 juillet 1969 à Aiglemont (Ardennes) ; ouvrier terrassier, puis ouvrier métallurgiste ; syndicaliste et militant communiste, secrétaire fédéral du Parti communiste des Ardennes (1936-1939) ; maire adjoint de Revin (Ardennes) de 1945 à 1947.

Fils de Jean Galatry, manouvrier, et de Marie Beyssac, sans profession, Émile Galatry était l’aîné de cinq enfants. Ayant appris seul à lire et à écrire, il s’adonna à la lecture de brochures dès son adolescence. Devenu adulte, il préféra les revues du genre Les Cahiers du bolchevisme. Toute sa vie, il acheta et lut beaucoup de livres ; peu avant sa mort, il rêvait d’une sorte de bibliobus du Parti communiste qui aurait porté les ouvrages à domicile dans tous les villages.

Dès l’âge de quatorze ans, Émile Galatry travailla aux Égoûts de Paris d’abord, au Métro ensuite. Il adhéra au syndicat des terrassiers de la Seine et fit sa première grève en 1917 pour obtenir une augmentation de vingt sous de l’heure. En décembre 1918, il était employé sur les chantiers de travaux publics dans l’Aisne. Dans le courant du mois de mai 1920, il participa à une grève lors de la construction d’un souterrain à Liart (Ardennes) et fut condamné à quatre mois de prison avec sursis. En décembre 1920, il se fixa dans la ville métallurgique de Revin. Il y travailla d’abord comme manœuvre avant de devenir émailleur à la fonderie Arthur Martin. Il y épousa Marie, Juliette Titeux, sans profession, le 5 août 1922.

Séduit par la tactique classe contre classe, Émile Galatry adhéra au Parti communiste en avril 1928. Il milita à la cellule de Revin qui groupait alors quatre vingt-sept membres. Pour autant, il n’encouragea pas à la formation d’un syndicat CGTU des Métaux ; soucieux de l’unité, comme tous les ouvriers révolutionnaires revinois, il rejoignit le syndicat CGT et y constitua une minorité qui menait sa propre propagande. Les 18 et 25 octobre 1931, Émile Galatry fut le candidat de son parti aux élections pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Fumay : il obtint 248 voix sur 4 201 inscrits et 3 343 votants au premier tour, puis 202 voix sur 3 479 votants au scrutin de ballottage.

Émile Galatry, qui gagnait bien sa vie, fut capable d’économiser dix à quinze francs par jour dans le but d’effectuer un voyage en URSS. Il partit le 15 novembre 1931 et rentra le 9 janvier 1933. À Moscou, il travailla à la construction du métro, il suivit les réunions des cercles d’études avec les trente-trois autres Français, il rencontra des intellectuels français, dont Paul Vaillant-Couturier*, à la maison des Écrivains, il assista sur la place Rouge aux cérémonies du 7 Novembre et du1er Mai. C’est dû moins la version qu’il donna. En fait , il suivit les cours de l’École léniniste internationale pendant dix-sept mois sous le nom de Marius Talon.

À son retour à Revin, Émile Galatry prit une nouvelle dimension politique. Dès 1933, il déploya, au côté de Pierre Lareppe*, secrétaire de la Région communiste des Ardennes, une grande activité dans le département : réunions sur le chômage et sur le système Bedeau qui avait instauré la rémunération aux pièces à l’usine Martin, création du Comité départemental des chômeurs et participation à la marche de la faim les 22 et 23 février 1935, lutte contre le fascisme. En 1934, Émile Galatry devint secrétaire adjoint de la Région communiste des Ardennes et délégué au comité de coordination Parti communiste-Parti socialiste SFIO. Aux élections des 7 et 14 octobre pour le Conseil général, il fut candidat dans le canton de Fumay : il échoua au premier tour en recueillant 440 suffrages sur 4 344 inscrits et 3 487 votants.

Émile Galatry représenta son parti dans la circonscription de Sedan aux élections législatives des 26 avril et 5 mai 1936 : avec 1 764 voix sur 16 370 inscrits et 13 972 votants, il fut éliminé au premier tour. Dans le même temps, Pierre Lareppe, élu député dans la deuxième circonscription de Mézières, démissionna du poste de secrétaire de la Région communiste des Ardennes ; Émile Galatry, qui était déjà secrétaire de la section de Revin, devint alors secrétaire fédéral, fonction qu’il remplit jusqu’en 1939. Pendant ces trois années, il fit preuve d’une grande méthode en visitant les cellules du parti chaque semaine. Ainsi, lors des grèves de l’été 1936, il déjoua avec vigilance, les manœuvres de l’industriel Faure qui, avec la signature d’une convention particulière peu avantageuse pour les ouvriers, risquait de briser le mouvement de masse. Émile Galatry fut de nouveau candidat aux élections des 10 et 17 octobre 1937 pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Fumay : il réunit 668 suffrages sur 4 356 inscrits et 3 621 votants. Après cet échec, il travailla en qualité de secrétaire de mairie à Nouzonville, localité dont Pierre Lareppe* était maire depuis 1935. À la veille de la guerre, il avait réussi à renforcer considérablement le Parti communiste dans les Ardennes : celui-ci comptait 1 850 adhérents répartis dans soixante-six cellules et treize cellules d’entreprises.

Mobilisé en 1939, Émile Galatry fut prisonnier en Allemagne. Il rentra à Revin le 16 avril 1945. Le 29 avril suivant, il était candidat sur la liste présenté par le Parti communiste aux élections municipales à Revin. Après le ballottage général, il fut élu conseiller municipal au second tour sur une liste de coalition républicaine composée de socialistes de communistes et d’indépendants. Il devint deuxième adjoint au maire socialiste SFIO, Camille Titeux*, et le demeura jusqu’au 26 octobre 1947.

Émile Galatry travailla alors à l’ardoisière Saint-Joseph à Fumay, puis à l’usine Porcher à Revin où il fut gravement accidenté. Membre de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il s’engagea dans le Mouvement de la paix fondé en mai 1950 dans les Ardennes. Animateur du comité local de Revin, il le représenta aux assises départementales qui rassemblèrent deux cents délégués le 29 octobre 1950. Dans les années qui suivirent, il participa aux grandes manifestations en faveur de la paix : il assista au rassemblement national présidé par Frédéric Joliot-Curie* qui accueillit sept mille personnes le 11 mai 1952 à Sedan, puis à la manifestation départementale contre la remilitarisation de l’Allemagne qui réunit cinq mille participants le 5 juillet 1953 à Monthermé. Aux élections des 20 et 27 avril 1958 pour le conseil général, Émile Galatry fut une dernière fois le candidat du Parti communiste dans le canton de Fumay : il échoua au premier tour en obtenant 1 570 voix sur 9 073 inscrits et 6 055 votants.

Retiré à Aiglemont, Émile Galatry était veuf quand il y mourut. Il fut inhumé le 17 juillet 1969 à Revin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49947, notice GALATRY Émile par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 25 avril 2009, dernière modification le 26 avril 2009.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : RGASPI, 495 270 817, questionnaire de l’ELI ; autobiographie du 5janvier 1938. — Arch. Nat., F7 13132, 13134. — Arch. Dép. Ardennes, 1M15, 3M5,6,7,8 et 9. — Arch. PPo de Paris (carton 88). — Arch. du PCF. — Liberté, 1950-1953. — Presse locale. — Notes d’Henri Manceau. — État civil d’Allassac, de Revin et d’Aiglemont.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément