GALATAUD Raoul [GALATEAU, devenu GALATAUD à la suite d’une erreur de transcription à l’état civil]. Pseudonymes dans la Résistance : « Alphonse » et « André »

Par Pierre Bonnaud

Né le 2 mai 1920 à Saint-Vaury (Creuse) ; ouvrier typographe, employé d’une coopérative ouvrière, journaliste, chef d’agence du journal La Marseillaise ; militant communiste de la Creuse, de l’Ardèche et du Gard, secrétaire fédéral de l’UJAF (Creuse) et membre de son conseil national (1938-1939), secrétaire fédéral du PCF en Ardèche (1944), secrétaire du FURF en Ardèche (1945) ; résistant, fondateur des maquis FTP en Ardèche (1943) ; fondateur, secrétaire-archiviste puis président du Musée départemental de la Résistance et de la déportation en Ardèche, militant de l’ANACR ; conseiller municipal d’Alès (1965-1978).

Raoul Galataud en août 1942
Raoul Galataud en août 1942
[photo transmise par P. Bonnaud]

De culture républicaine, laïque, athée, la famille de Raoul Galataud n’avait pas d’engagement politique particulier. Son père, Raoul, était un de ces « maçons de la Creuse qui ont construit Paris ». Ancien combattant du premier conflit mondial, il était revenu des tranchées avec des sentiments farouchement antimilitaristes. Il épousa une veuve de guerre, Eugénie Domas, sans profession. Raoul Galataud, unique enfant du couple, bon élève à l’école primaire entra au cours complémentaire, mais il abandonna sa scolarité en raison des difficultés économiques de la famille. À l’âge de treize ans, il apprit le métier de typographe chez un imprimeur de Guéret.

1936 marqua un tournant dans la vie de Raoul Galataud : au moment même du décès de sa mère, il demandait à son employeur d’appliquer les lois sociales de juin 1936… Il fut licencié. Âgé de seize ans, il adhéra au PCF, dans des conditions qu’il décrit ainsi : « L’adhésion comportait d’être membre d’une cellule du PCF. Il n’y en avait pas à Guéret en 1936 et la direction régionale de Limoges me fit savoir qu’il n’y avait que trois cellules en Creuse : à Aubusson, à Lavaveix-les-Mines, à La Souterraine. Tout cela étant loin de chez moi, je me postais plusieurs jours durant à l’entrée du marchand de journaux, place Bonniaud à Guéret, pour repérer des gens achetant régulièrement le journal l’Humanité. J’eus le culot de les aborder : si vous êtes communistes, pourquoi ne formerions nous pas une cellule à Guéret ? Et cela a marché ».

Pour subsister, Raoul Galataud se plaça comme ouvrier agricole chez un de ses camarades paysans, à Saint-Éloi, près de Guéret. Il devint membre du comité régional du PCF de Haute-Vienne-Creuse et secrétaire départemental de l’UJAF, membre de son conseil national. Les 12 et 13 juillet 1937, il participa à la conférence des jeunes paysans tenue à Paris (voir Léo Figuères).

De 1938 à septembre 1939, il travailla à Aubusson chez un imprimeur radical-socialiste qui entretenait des bonnes relations avec ses employés, tous syndiqués à la fédération du livre CGT. Secrétaire de section du PC à Aubusson, Raoul Galataud fit notamment campagne lors d’une législative partielle en 1939 pour l’instituteur communiste Marcel Dumont avec lequel il scella une solide amitié.

À la suite du Pacte germano-soviétique, en septembre 1939, il perdit son emploi. Après l’interdiction du PC, il diffusa une circulaire de l’UJAF et fut inculpé pour « tentative de reconstitution de ligue dissoute ». Traduit en correctionnelle devant le tribunal d’Aubusson, il fut condamné en novembre 1939 à six mois de prison avec sursis. Au début de l’année 1940, Raoul Galataud retrouva du travail à Tours à l’imprimerie de La dépêche de Tours. Lors de l’invasion allemande, il regagna la Creuse sous les bombardements, dans les cohortes de la débâcle. Il trouva refuge chez une tante, madame Joséphine Lacôte, veuve et agricultrice à Saint-Sulpice-le-Guéretois.

En août 1940, il retrouva le contact avec d’autres membres du Parti communiste : d’abord avec Guézennec, jeune ingénieur des services agricoles de la Creuse, puis, avec Marcel Dumont, instituteur à Pontarion, enfin avec Lucien Bourdeau, responsable à Paris du service d’ordre du comité central du PC, réfugié dans la Creuse à Sainte-Feyre. À l’initiative de Guézennec, ils élaborèrent un tract sur la base d’un antifascisme déclaré mais ils ne purent le diffuser avant octobre. Raoul Galataud prépara la distribution en s’entourant d’une grande prudence. Il se rendit de nuit, à bicyclette, chez plusieurs militants communistes de la région : Tapissier à Lavaleix, Louise Graff à Aubusson.

Par l’intermédiaire de Lucien Bourdeau, les relations furent renouées avec les instances nationales du PC clandestin. Un secrétaire national des JC confia à Raoul Galataud les liaisons interrégionales de l’organisation pour les départements du nord du Massif Central. Galataud venait de trouver un nouvel emploi qui pouvait justifier ses déplacements : représentant de commerce pour l’entreprise marseillaise de fonderie en caractères d’imprimerie Olive.

En janvier 1941, la police opéra une série d’arrestations dans les rangs de la JC de Châteauroux. Début février, alors qu’il venait retirer ses tickets d’alimentation, la secrétaire de mairie de son domicile creusois l’alerta : la gendarmerie le recherchait. Il s’immergea dans une clandestinité qui ne devait prendre fin qu’à l’été 1944.

Il trouva refuge chez des paysans communistes ou sympathisants, notamment dans l’Allier. Une de ses premières « planques » lui fut indiquée par Clovis Chirin à Montluçon. L’organisation clandestine du PC lui fournit ses premiers faux papiers établis grâce à la complicité du secrétaire de mairie de Domérat. À partir des fermes où il se trouvait, Galataud étoffa des réseaux d’accueil pour les militants du PC pourchassés. Il procura ainsi une « planque » à Georges Liebherr dit André Ternet*, ancien administrateur de L’Avant-garde, membre de la direction sud du PC, contraint de se cacher. En février 1942, la section spéciale du tribunal militaire de Clermont-Ferrand condamna Raoul Galataud par contumace à cinq ans de prison et vingt ans de privation des droits civiques.

Dans l’été 1942, la direction sud du PC, par l’intermédiaire de Roger Roucaute*, utilisa ses compétences professionnelles pour faire transiter du matériel et installer des imprimeries clandestines. Raoul Galataud se déplaça notamment dans les régions de Grenoble et de Lyon. Au cours de l’un de ses voyages, en août 1942, Galataud croisa par hasard en gare de Tournon (Ardèche) Marcel Dumont, « déplacé d’office » avec son épouse dans ce département par l’administration vichyste. Le point de chute que lui apporta son ami fut décisif pour sa venue ultérieure en Ardèche.

À l’automne 1942, pour des raisons inconnues, la direction du PC lui demanda de « rester au vert » pour une période prolongée dans une de ses fermes refuges de l’Allier. Galataud participa pendant ce temps à d’autres missions. Notamment, le 11 novembre 1942, non loin de la ligne de démarcation, il organisa avec deux autres militants du PC (Maupas et René Paquet) l’évasion d’un militant communiste creusois, Jean Lebreau. Ce dernier avait été extrait de la prison centrale de Riom en raison de sa profession de menuisier et participait à la construction des baraquements d’un chantier de jeunesse à Brière-Allichamp en forêt de Tronçais, dans le sud du Cher. Alors qu’ils fuyaient à bicyclette, ils furent dépassés par une colonne de l’armée allemande qui envahissait la zone sud.

Dans un de ses rapports à la direction sud du PC, Raoul Galataud avait critiqué radio-Moscou pour son manque de vie et de dynamisme. En janvier 1943, il fut sanctionné et muté dans les FTP. Il reçut pour mission de former des groupes de partisans dans un département où il « ne connaissait personne ». Son ami Georges Liebherr qu’il rencontra en 1944 à Saint-Péray (Ardèche) lui rapporta que la direction sud avait songé à l’exécuter, le jugeant comme un élément dangereux. Cette décision intervint cependant peu de temps après que le Parti communiste ait pris la décision de verser un tiers de ses effectifs dans la lutte armée.

En février 1943, Raoul Galataud se rendit en Ardèche. Marcel Dumont l’aida à se procurer plusieurs gîtes, notamment chez un commerçant de Gilhoc, Siméon Bouvier. Ayant acquis la confiance de la direction clandestine Drôme- Ardèche du PC, en particulier de Pierre Gabrielli, Galataud développa les premiers groupes de FTP légaux puis organisa les premières implantations de maquis engagés dans « l’action immédiate » à proximité de la vallée du Rhône. En octobre 1943, il devint commissaire aux effectifs de la première compagnie FTPF créée en Ardèche, la 7101e (commissaire aux opérations, Pierre Crumière ; commissaire technique, Louis-Frédéric Ducros). Les attentats à l’explosif artisanal contre la voie ferrée Lyon-Nîmes, les actions d’intimidation contre les éléments vichystes se multiplièrent dans la région de Tournon (notamment 16 et 25 septembre 1943, bombes déposées aux domiciles de responsables de la Légion à Lamastre, 5 octobre 1943, bombe à la caserne de gendarmerie de Tournon).

Sur le plan politique, Raoul Galataud développa les contacts avec les autres groupes locaux et régionaux de la Résistance liés à l’Armée secrète et aux MUR : il rencontra Tainturier, Provisor dit Darciel, Claude Alphandéry. Avec ce dernier, à l’automne 1943, il trouva un terrain d’entente. Les deux responsables négocièrent la constitution d’un « comité de libération nationale de l’Ardèche » (préfiguration du CDL) doté d’un Etat-major départemental placé sous le commandement du chef militaire de l’AS, Poncelet. Galataud en contrepartie obtenait pour les FTP un contingent d’armes et des subsides prélevés sur les parachutages effectués dans la Drôme. En outre, il recevait la responsabilité des « groupes d’action immédiate » où devaient se retrouver FTP et AS. Cette tâche nouvelle lui permit d’accroître son rayonnement territorial vers le sud du département où les groupes de l’AS s’étaient développés. Il prit contact notamment avec Michel Bancilhon (commandant Bernard du secteur D de l’AS) à Aubenas.

L’état-major régional FTP jugea l’accord avec l’AS prématuré. En février 1944, Raoul Galataud reçut un ordre de mutation pour Nîmes. Il était affecté aux services de renseignements de l’interrégion FTP. En réalité, il demeura à Nîmes, marginalisé jusqu’en mai 1944. Ses démarches pour rejoindre les maquis en Lozère demeurèrent vaines. De sa propre initiative, il revint en Drôme-Ardèche, reprit contact à Tain-l’Hermitage avec Clément Delhomme dit Paul, membre de la commission des cadres du Parti communiste. Celui-ci lui confia une série de missions concrètes, notamment la réorganisation d’une compagnie FTP dans la région de Saint-Donat (Drôme) après l’opération répressive conduite en juin par l’armée allemande contre cette localité. Consulté pour ses compétences dans les métiers de l’imprimerie, il parvint à fournir une presse à épreuves demandée par Louis Aragon qui résidait clandestinement à Saint-Donat.

Après le 6 juin 1944, les structures clandestines et fragiles du PC en Ardèche s’étaient éparpillées dans l’insurrection. Delhomme confia à Galataud « les pleins pouvoirs » pour remettre sur pied l’organisation communiste. Ce dernier renoua les fils de l’organisation avec l’aide de Georges Fargier, représentant du PC au CDL et de Marceau Brès, membre de l’état-major FTP ardéchois (voir Augustin Ollier*, dit commandant Ravel). Raoul Galataud créa une direction communiste propre à l’Ardèche avec une équipe de militants : l’ingénieur Raphaël Evaldre, l’instituteur René Villard, venu du Parti socialiste, la rédactrice de préfecture (révoquée) Célina Ville*, le fermier Fernand Cayron, l’ouvrier annonéen Charles Marron. Après la libération de Privas le 12 août 1944, Galataud installa le siège du PC dans le chef-lieu, fit imprimer au grand jour l’hebdomadaire La Voix du peuple de l’Ardèche. Le 24 septembre 1944, la première conférence régionale des communistes ardéchois put se tenir à Privas en présence de Pierre Gabrielli, responsable de l’interrégion et collaborateur du comité central du PC. Galataud fut confirmé dans ses responsabilités de secrétaire « régional » (fédéral) pour l’Ardèche.

À l’automne 1944, Léon Mauvais*, dans le cadre d’une reprise en mains des directions fédérales, se rendit au Teil-d’Ardèche et tenta d’inspirer l’éviction de Galataud, défendu par les responsables communistes locaux. À la fin de 1944, Galataud proposa de laisser son poste de secrétaire fédéral à Henri Chaze. Il se consacra au renforcement du Front national et impulsa un processus unitaire entre le FN et le MLN qui aboutit en Ardèche à la constitution d’un Front uni de la Renaissance française (FURF) dont il devint le secrétaire.

Dans l’été 1944, Raoul Galataud avait rencontré une jeune Résistante, secrétaire départementale de l’UJFF, Mathé Monteil. Il l’épousa en 1945. Dans la période de l’après-guerre, l’itinéraire de Raoul Galataud demeura très lié à son engagement politique, mais en permanence il refusa de « faire carrière ». Il déclina en 1945 l’offre de partir à Paris pour participer à la direction nationale du Mouvement unifié de la Renaissance française. En 1946-1947, il reprit son travail de typographe à Nîmes puis revint en Ardèche à Annonay comme rédacteur du Messager de la Renaissance cévenole, journal lié aux organisations locales de la Résistance, dont la parution prit fin avec l’affaiblissement de ces organisations au profit des partis politiques. Son épouse et lui trouvèrent ensuite du travail dans une coopérative d’alimentation des mineurs de Molières (Gard) jusqu’en 1951. Secrétaire de la section locale du PC, il fut emprisonné à Avignon durant un mois avec plusieurs centaines de mineurs lors des grandes grèves de 1948 réprimées par Jules Moch. Il poursuivit ensuite une carrière de journaliste et devint chef d’agence du quotidien La Marseillaise à Alès (Gard) jusqu’en novembre 1958, réalisant de nombreux reportages politiques, sociaux et culturels dans la région. Son tempérament indépendant ne s’accordant pas avec l’appareil mis en place dans la presse communiste, il reprit une nouvelle fois son métier d’imprimeur-typographe et devint secrétaire du syndicat des ouvriers du livre à Alès. Il entretint des relations de proximité avec les intellectuels progressistes de la ville avec lesquels il fonda un « centre communal d’action culturelle ». Il fut ensuite élu conseiller municipal d’Alès dans la municipalité Roucaute de 1965 à 1978.

En 1980, à l’âge de la retraite, il se retira avec son épouse dans le village natal de celle-ci, à Vallon-Pont-d’Arc. De retour sur sa principale terre de Résistance, il milita à l’ANACR et entreprit un travail de mémoire qui le rapprocha de ses camarades des autres organisations. Il ne se départit jamais de son esprit critique. Il quitta le PC en 1986.

Principal rédacteur du Mémorial de la Résistance en Ardèche, se fondant sur ses souvenirs, rassemblant des documents, il écrit articles et contributions historiques, défendant les valeurs et l’esprit de son expérience de résistant et de militant, témoignant pour de nombreux étudiants et chercheurs. En 1998, il s’engagea dans la réalisation d’un CD-Rom encyclopédique sur la Résistance en Ardèche. Membre fondateur et secrétaire-archiviste de l’Association du musée départemental de la Résistance du Teil, il en devint le président.

Raoul Galataud a été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49945, notice GALATAUD Raoul [GALATEAU, devenu GALATAUD à la suite d'une erreur de transcription à l'état civil]. Pseudonymes dans la Résistance : « Alphonse » et « André » par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 25 avril 2009, dernière modification le 24 novembre 2015.

Par Pierre Bonnaud

Raoul Galataud en août 1942
Raoul Galataud en août 1942
[photo transmise par P. Bonnaud]

ŒUVRE : Nombreux articles dans la presse de la Résistance et dans la presse communiste régionale. — Mémorial de la Résistance en Ardèche. — Publications thématiques du musée du Teil. — Coordination du Cédérom AERI, La Résistance en Ardèche. — Articles d’histoire dans les cahiers MATP.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 668 W 96. — Arch. Dép. Ardèche, 70J (fonds du musée départemental de la Résistance). — Arch. comité national du PCF, fiches de la SMC. — L’Assaut, 1944-1945. — La Voix du peuple de l’Ardèche et La Voix de l’Ardèche (1944-1947). — Les Allobroges (1944-1956). — Le Messager de la Renaissance cévenole (1945-1947). — La Marseillaise (1951-1958). — Anne-Marie Pouzache, Les maquis en Ardèche, 1942-1944, mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paul-Valéry, Montpellier, 1990. — Dominique Prat, L’Ardèche libérée, mémoire de maîtrise d’histoire, Université Pierre-Mendès-France, Grenoble, 1996. — Jean-Philippe Cavaillez, Résistance et résistants en Ardèche de 1940 à nos jours, mémoire de maîtrise d’histoire, Université Jean-Moulin Lyon III, 1998. — Quelques observations à propos du mémoire de maîtrise L’Ardèche libérée par les responsables du musée départemental de la Résistance, juin 1996, Arch. Dép. Ardèche, 70J, 98B 116. — Actes du colloque Résistance et Libération en Ardèche, Privas, Mémoires d’Ardèche et temps présent, 18 juin 1994. — A. Demontès, L’Ardèche martyre, Largentière, 1946. — Louis-Frédéric Ducros, Montagnes ardéchoises dans la guerre, t. I, II et III, Valence, 1981. — Mémorial de la Résistance en Ardèche, édité par l’ANACR, Aubenas, 3e éd. 1994. — Michel Bancilhon (ex-commandant Bernard), Un Ardéchois dans la tourmente, Aubenas, 1997. — Notices du cédérom AERI, La Résistance en Ardèche, 2004. — Collection des revues et périodiques locaux : Le Dauphiné libéré, Envol, mensuel de la FOL de l’Ardèche, Cahiers de Mémoire d’Ardèche et temps présent. — Entretiens et correspondance avec Raoul Galataud, archives personnelles de Raoul et Mathé Galataud. — État civil de Saint-Vaury (2008).

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