ALPARI Gyula. Pseudonymes : MARMORSTEIN (ou Docteur Marmorstein), AMI, JULIUS, MANNHEI Richard. (version Dictionnaire biographique du Komintern)

Par Michel Dreyfus

Né en 1882 à Duna-Fehervar (Autriche-Hongrie), mort en juillet 1944 au camp de concentration de Sachsenhausen (Allemagne) ; délégué au IIIe congrès de l’IC ; rédacteur en chef d’Inprekorr (1921-1932) puis de la Rundschau (1932-1935) ; membre du CEIC de l’IC à partir de 1925.

Devenu socialiste, Gyula Alpari fut exclu à dix-huit ans d’une école juive de Bratislava pour propagande marxiste. À partir de 1901, il rejoignit les rangs du Parti social-démocrate et collabora à la revue Nepszava. En 1907, il militait dans une organisation socialiste à Budapest et devint le responsable de sa publication, Ifjù Proletà r (Le Jeune prolétaire). La même année, il participa au congrès de fondation de la Jeunesse socialiste internationale à Stuttgart. D’avril 1907 à juillet 1908, il vécut en Allemagne puis revenu à Budapest, il se situa à la gauche du mouvement. Exclu du Parti socialiste de Hongrie en 1910, il put néanmoins participer au congrès de la IIe Internationale à Copenhague comme porte-parole de la Gauche socialiste hongroise. Il aurait renoncé un moment à la vie politique mais y serait revenu après avoir été réformé militairement.

En février 1919, il rejoignit les rangs du Parti communiste hongrois, fut élu à son comité central et devint Commissaire du peuple adjoint aux Affaires étrangères, chargé de la propagande auprès de Bela Kun. Puis, de 1919 à 1921, il se réfugia en Tchécoslovaquie.

En octobre 1921, il devint le responsable d’Inprekorr à Berlin. Tout en remplissant cette fonction, il fit de nombreux voyages à Moscou. En 1924, il fut présent au Ve congrès de l’IC et intégré à la commission idéologique sur le léninisme. L’année suivante, il participa au 5e plénum élargi de l’IC comme représentant du Parti communiste hongrois. Il accomplit pour le Komintern de nombreuses missions, notamment en Autriche, Belgique, Italie et Suède. Toutefois, très attaché à la vie de famille selon Babette Gross, la compagne de W. Münzenberg*, il se serait souvent plaint d’être obligé de voyager. En 1932, il prit part aux travaux du 12e plénum élargi de l’IC. De 1925 à 1928, il avait appartenu au comité central du Parti communiste de Hongrie.

Fin 1932, avant même l’arrivée de Hitler au pouvoir, avec son collaborateur Aladar Komjat, il organisa le déménagement d’Inprekorr en Suisse auquel succéda alors la revue Rundschau. Ayant, comme les autres responsables de cette publication Aladar Komjat et Friedrich Runge, acquis un visa de touriste, il s’installa en Suisse où il devint l’éditeur de la Rundschau ainsi que des autres publications qui firent suite à Inprekorr. Mais en raison de la pression toujours croissante de la police suisse, les rédacteurs de la Rundschau durent quitter ce pays en septembre 1935 et s’installer à Paris où ils poursuivirent leurs activités.

Die Rundschau devait paraître jusqu’au 18 octobre 1939. Mais fin 1938, G. Alpari aurait été dénoncé à Moscou, par l’ancienne dirigeante des JC allemande, Grete Wilde, qui travaillait alors dans l’appareil du Komintern et qui venait d’être arrêtée. Elle l’aurait accusé d’être lié à Radek, accusation qui fut reprise par Bela Kun, arrêté au même moment.

Arrêté par la Gestapo en 1940, interné au camp de concentration de Sachsenhausen, G. Alpari y mourut en juillet 1944.
Son épouse, Elisabeth, travailla également en Suisse pour la Rundschau.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49899, notice ALPARI Gyula. Pseudonymes : MARMORSTEIN (ou Docteur Marmorstein), AMI, JULIUS, MANNHEI Richard. (version Dictionnaire biographique du Komintern) par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 22 avril 2009, dernière modification le 22 avril 2009.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI, Moscou. — BDC, op. cit. p. 45. — B. Studer, Un parti sous influence…, op. cit. — P. Huber, Stalins Schatten in die Schweiz…, op. cit. — P. Broué, Histoire de l’Internationale communiste…, op. cit.

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