AIROLDI Julien, Jérôme. Pseudonyme : MEYER Paul, dit aussi HÉROLDY. (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 27 mai 1900 à Deluz (Doubs), mort le 3 décembre 1974 à Lyon (Rhône) ; français ; ajusteur-mécanicien ; délégué du PCF auprès de l’Internationale communiste en 1939.

Fiche de police d’Airoldi sous l’Occupation
Fiche de police d’Airoldi sous l’Occupation

Fils d’un forgeron et d’une ouvrière d’usine, Julien Airoldi venait juste d’entrer en apprentissage à Besançon (Doubs) à la fabrique d’automobiles Schneider lorsqu’éclata la Première Guerre mondiale. Tourneur d’obus à Besançon (1917-1920), il adhéra en 1919 au syndicat CGT des métaux. Déjà lecteur de l’Humanité, il accomplit son service militaire en Alsace. À son retour à la vie civile, il travailla chez Peugeot à Sochaux.

Il adhéra à la CGTU et au Parti communiste en 1924 à Givors. Secrétaire du syndicat unitaire des Métaux puis secrétaire de l’Union locale de Givors, il était en même temps responsable de l’une des premières cellules d’entreprises communistes du Rhône, celle de Fives-Lille et du « rayon » local. Avec vingt-huit de ses camarades, il fut renvoyé sous l’accusation d’« espionnage ». Une grève des travailleurs de Fives-Lille obtint sa réintégration trois jours plus tard. Mais ce n’était que provisoire : à la faveur d’un lock-out, il perdit de nouveau son emploi et dut se fixer à Oullins.

En 1926, il devint membre du comité régional du PC, puis, en 1928, secrétaire du « rayon » de Lyon et enfin, en 1930, membre du bureau régional. Il écrira en 1937 : « Je n’ai jamais été lié au groupe Barbé*-Celor* et avec nos camarades Doron, Manin, Waldeck Rochet*, je fus l’un des militants qui chassèrent l’équipe Chabanis de la direction du Parti à Lyon en 1931. Plus précisément c’est moi qui ai remplacé Chabanis à la direction du rayon de Lyon. » En 1932, il écrivait : « Ayant été consulté par Waldeck Rochet, secrétaire régional, pour savoir si je voudrais aller à l’école inter, c’est avec ardeur que je remplirai le mandat de m’instruire pour servir le prolétariat. »

De 1932 à 1934, pendant quatorze mois, la direction du Parti communiste l’envoya à Moscou pour y suivre, sous le nom de Paul Meyer, les cours de l’École léniniste internationale organisée par le Komintern. Il y occupa les responsabilités de « partorg », c’est-à -dire d’organisateur du Parti. À son retour, il succéda à Waldeck Rochet à la tête de l’organisation régionale du PC et, à ce titre, joua un rôle important dans la réalisation du Front populaire à Lyon. Le 8e congrès du PC, tenu à Villeurbanne, le désigna comme membre de la commission de contrôle financier du Parti.

Au 9e congrès du Parti tenu à Arles, en décembre 1937, il entra comme membre suppléant au comité central du PC, il assumait cette même année les fonctions de délégué du comité central auprès de la direction des Brigades internationales (19361937). Il resta secrétaire régional jusqu’au début 1939.
En mars 1939, il fut délégué auprès du secrétariat de l’Internationale à Moscou. Il devait ne rentrer à Lyon que le 10 septembre 1939 et, dès son retour, il s’employa à faire appliquer la ligne de l’IC dans le Parti communiste légal jusqu’au 26 septembre, puis dans le parti illégal.

Le 23 octobre 1939, il figurait parmi les communistes arrêtés et internés à Dardilly (Rhône). On le transféra en décembre à la prison Saint-Paul de Lyon et, sous l’inculpation « d’intelligence et d’action au profit d’une puissance étrangère », le tribunal militaire siégeant en juin 1940 à Montluc le condamna à deux ans de prison. En septembre 1941, il fut transféré au fort Barraux (Isère) puis en novembre au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Le 10 juillet 1943, il parvint à s’évader et passa dans l’illégalité. La direction clandestine du PC lui confia alors la responsabilité du Parti dans le Midi, de Marseille à Toulon. En 1944, il participa à la libération de Marseille et à la réorganisation du parti légal et de sa presse. Il fut de retour à Lyon en octobre 1944 et il reprit la direction de la Fédération du Rhône du PC.

Membre dirigeant du comité de Libération et du conseil municipal de Lyon, il devint adjoint au maire provisoire Justin Godart. Le 21 novembre 1945, tête de liste communiste dans le Rhône, il fut élu député à la Constituante puis, le 2 juin 1946, en même position, il fut réélu le 10 novembre 1946 mais, en 1951, il dut céder la place pour permettre l’élection de Pierre Cot et, troisième de liste, il ne fut pas reconduit dans son mandat. Le PCF l’avait chargé de délégation en Suisse, en 1947, auprès du Parti du travail et en 1948 en Italie. Élu membre titulaire du comité central par le 10e congrès en juillet 1945, il avait été réélu par le 11e en juin 1947. En revanche, il ne fut pas réélu lors du 12e congrès qui se tint le 6 avril 1950. Il conserva, après son départ du secrétariat fédéral du PC du Rhône, en 1951, son mandat de conseiller municipal (1959-1964) et y ajouta un mandat de conseiller général du Rhône (1951-1970).

Son épouse depuis 1930, Violette Escure, fut exclue du PCF en 1943 pour être restée en relation avec un militant écarté du PCF. J. Airoldi divorça après la Libération. En 1949, le comité central lui adressa un blâme « pour non-respect d’une décision prise » : « avoir revu [s]a femme exclue malgré l’interdiction qui [lui] en était faite » (questionnaire autobiographique de 1949).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49896, notice AIROLDI Julien, Jérôme. Pseudonyme : MEYER Paul, dit aussi HÉROLDY. (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 avril 2009, dernière modification le 27 novembre 2010.

Par Claude Pennetier

Fiche de police d’Airoldi sous l’Occupation
Fiche de police d’Airoldi sous l’Occupation

SOURCES : RGASPI, 495 270 33 : autobiographies de 1932, 1933, 1949. — Arch. comité national du PCF, secrétariat du 13 mars 1945, 6 octobre 1947 et 15 décembre 1947. — Renseignements biographiques recueillis auprès de l’intéressé par Maurice Moissonnier dans le cadre de la préparation du Maitron.

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