COMBET Fernand, Foch

Par Jacques Girault

Né le 21 avril 1918 à Ugine (Savoie), mort le 5 octobre 1985 à Thonon-Les-Bains (Haute-Savoie) ; instituteur ; militant communiste de Haute-Savoie ; conseiller municipal de Thonon.

Fernand Combet vers 1975
Fernand Combet vers 1975
Coll. privée de la famille

Né dans une famille de six enfants, d’origine agricole et de tradition catholique dont le père, douanier, mourut en 1929 tandis que sa mère était femme de ménage, Fernand Combet passa sa jeunesse à Evian (Haute-Savoie) et entra à l’École normale d’instituteurs de Bonneville (Haute-Savoie) en 1934. À partir de 1937, il enseigna à Brison (1937) puis à Chatelard-Saint-Sigismond (1938). Il effectua son service militaire dans les Chasseurs alpins à Annecy. Au début de la guerre, envoyé dans le Jura, il participa avec son régiment à la bataille de France à partir du 10 mai 1940. Fait prisonnier près de Romilly (Aube), il s’évada le 4 décembre 1940 du camp d’Épernay (Marne), gagna La Réole (Gironde) où il fut démobilisé, le 9 décembre 1940.

Fernand Combet obtint un poste d’instituteur à l’école des Arts de Thonon à partir de janvier 1941. En 1942, détaché comme secrétaire de l’inspection primaire, le matin, il fut chargé du sport dans toutes les écoles de la ville, l’après-midi, activité qu’il conserva jusqu’en 1955. Il fut alors nommé instituteur à l’école Jules Ferry avant d’obtenir la direction de l’école des Arts de 1969 à sa retraite en 1974. Militant depuis le début de sa carrière du Syndicat national des instituteurs, il organisait de nombreuses manifestations autour de l’école laïque en liaison avec les Fédération des œuvres laïques, dont la Fête de la Jeunesse, le 8 juin 1969, qui regroupa 2 000 jeunes. Après sa retraite, il devint Délégué départemental de l’Éducation nationale puis en assura la présidence départementale.

Combet pratiquait le football avec l’Evian-sport-football (1930-1935) puis joua ailier gauche avec l’équipe du Football club de Scionzier qui perdit en finale du championnat de France amateurs contre les Girondins de Bordeaux, le 23 mai 1937 par 2 buts à 1 au stade de Colombes. Opéré du genou, à partir de 1942, il joua avec l’équipe du Club sportif thononais dont il fut capitaine jusqu’en 1954.

Combet se maria civilement en septembre 1937 à Bonneville avec une couturière, fille d’immigrés italiens naturalisés. Leur fille, née en 1939, reçut les premiers sacrements catholiques.

Fernand Combet fut actif d’avril 1943 à juillet 1944 dans les Mouvements unis de la Résistance. Il adhéra au Parti communiste français en juillet 1944. Secrétaire de la section communiste de Thonon, il participa au comité de la fédération communiste de la fin des années 1940 à 1957. Il ne fut pas renouvelé dans cette responsabilité en raison de la retombée de son militantisme. Il avait été troublé par les suites du XXe congrès du PCUS. Il fut condamné à une amende de 15 000 francs pour avoir entravé le départ du train des appelés envoyés en Algérie en juin 1956.

Combet, deuxième sur la liste « d’union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux », fut élu conseiller municipal de Thonon en octobre 1947 avec 1047 voix et 437 signes préférentiels. Membre de la commission scolaire et du comité des fêtes, minoritaire, réélu en 1953 en tête de la liste d’ « union ouvrière et de défense des intérêts communaux dans la paix et l’indépendance nationale » présentée par le PCF, il conduisait à nouveau la liste d’« unité des forces de gauche pour la défense des intérêts communaux » présentée par les sections communistes et socialistes, en mars 1959, et obtint 1559 voix. En mars 1965, deuxième sur la liste « de défense des intérêts des travailleurs et d’union démocratique » présentée par le PCF, il était en neuvième position sur la liste « Pour une gestion sociale, moderne et démocratique » présentée par le PCF en mars 1971. Il fut le suppléant du candidat communiste dans la deuxième circonscription (Thonon) aux élections législatives de 1958. Candidat aux élections cantonales en avril 1955, il refusa de l’être à nouveau en 1961.

Toujours membre du PCF, Combet présidait l’office municipal de sports qu’il avait contribué à créer, fut l’organisateur d’un meeting annuel d’athlétisme et le commissaire général de rencontres internationales (France-Italie-Espagne en 1972, France-Suisse-Suède en 1980). A partir de 1969, il présida le club Thonon- Athlétic-Club, animant tout particulièrement la section de hand-ball.

Ses obsèques civiles furent l’occasion d’un important rassemblement. Son faire-part mentionnait son appartenance au PCF.

Un de ses frères, Jean Combet, socialiste SFIO, secrétaire général de la mairie d’Evian depuis 1946, après l’assassinat du maire d’Evian Camille Blanc par l’OAS en 1961, devint maire d’Evian. Il effectua deux mandats et fut élu conseiller général.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49881, notice COMBET Fernand, Foch par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 avril 2009, dernière modification le 23 juin 2010.

Par Jacques Girault

Fernand Combet vers 1975
Fernand Combet vers 1975
Coll. privée de la famille

SOURCES : Arch. comité national du PCF. – Renseignements fournis par la fille de l’intéressé.

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