GANDREY-RÉTY Jean

Par Philippe Olivera

Né en 1901, mort en 1962 ; journaliste, critique dramatique ; rédacteur en chef des Lettres françaises (1950-1953).

Fils d’un administrateur de théâtre et d’une cantatrice, Jean Gandrey-Réty fit ses débuts dans Cœmedia en 1920. Dans le contexte favorable aux nouveaux hebdomadaires culturels ouvert par le lancement des Nouvelles littéraires en 1922, il fonda Chantecler en 1926 (journal « artistique et littéraire ») avec Raymond Charpentier et Raymond Cogniat. En 1930, il était membre de l’Association professionnelle et mutuelle de la critique dramatique et musicale.
Au début des années 1930, il participa aux nombreuses entreprises politiques et coopératives animée par l’éditeur Georges Valois*. Il devint administrateur (avec Valois et l’auteur dramatique et expert financier Henri Clerc) d’un Bureau de renseignement de la presse et de l’édition (fondé en 1928) pour le groupage et l’organisation rationnelle des fichiers de presse. Entre juin 1931 et février 1932, il fit partie de l’équipe qui prépara la rédaction d’un « manifeste des nouvelles équipes » (Les Cahiers bleus, n° 118, 25 février 1932) dont l’ambition était de proposer un programme économique et social d’organisation rationnelle pour répondre à la crise. Gandrey-Réty participa à l’humeur pacifiste du même courant en publiant, à la veille de l’élection de Paul Doumer, une étude consacrée à « La présidence de la République contre la paix depuis 1871 » (Les Cahiers bleus, n° 105, 9 mai 1931). Il signa aussi le manifeste « Pour la coopération européenne par la coopération franco-allemande », publié dans le premier numéro du périodique qui succéda aux Cahiers bleus, Chantiers coopératifs (mai 1932). À la même époque, il fit partie des souscripteurs et l’équipe de la COR (Compagnie d’organisation rationnelle) dont l’objet était de favoriser le développement d’entreprises coopératives locales.

Après la disparition de Chantecler au début des années 1930, Gandrey-Réty travailla un temps à la radio comme rédacteur en chef du « radio-journal de France » à Paris PTT. Résistant pendant la guerre, il fut déporté à Buchenwald.

À son retour, il reprit son métier de critique dramatique, dans l’hebdomadaire Arts, d’abord (1945), puis dans la presse communiste, à Ce Soir et surtout aux Lettres françaises dont il devint le rédacteur en chef en remplacement de Pierre Daix quand celui-ci prit la tête de la rédaction de Ce Soir (début 1950). Jusqu’en 1953 (date du retour de Pierre Daix), Jean Gandrey-Réty, qui n’était pas membre du Parti communiste, laissa à Jean Marcenac* la responsabilité des relations du journal avec le PCF. De 1953 à sa mort en 1962, il resta aux Lettres françaises dont il dirigea la rubrique « Théâtre » (avec la collaboration de Claude Olivier* qui lui succéda). À ce titre, il fit partie des membres salariés de la rédaction.

Henri Dutilleux a mis La Chanson de la déportée en musique, en 1945, puis un an après La Geôle.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49857, notice GANDREY-RÉTY Jean par Philippe Olivera, version mise en ligne le 13 avril 2009, dernière modification le 29 mai 2011.

Par Philippe Olivera

SOURCES : Henri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l’année 1962, Paris, 1964.— Philippe Olivera, « Un technicien de l’action et la propagande au service de la paix : Georges Valois, 1928-1939 », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 30, janvier-mars 1993. — Entretien avec Pierre Daix, 3 mai 1991.

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