FOURIAUX Joseph, Georges [dit Dupont]

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 17 avril 1908 à Paris (XIVe arr.) fusillé le 5 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; terrassier ; résistant FTPF.

Joseph Fouriaux
Joseph Fouriaux

Fils d’un maçon et d’une ménagère, domicilié 51 rue Danton au Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne) puis 19 rue des Amandiers à Antony, Joseph Fouriaux se maria le 28 mars 1936 à Antony (Seine, Hauts-de-Seine) avec Raymonde Klavatz, et le couple eut deux enfants. Pendant la guerre ils participèrent tous deux à la Résistance. Joseph Fouriaux s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans (FTP), et devint chef du détachement Alsace-Lorraine sous le pseudonyme de Dupont.
Il participa à plusieurs actions, notamment en octobre 1943 : tentative de déraillement d’un train près d’Angerville (Loiret) ; vol de textile à la gare d’Austerlitz à Paris ; pose d’engins et bris de signaux sur la voie ferrée à Orly et vol de pistolets à deux gardiens de la paix à l’usine des eaux de Gentilly (Seine, Val-de-Marne).
Le 15 décembre 1943, des gardiens de la paix interpellèrent trois hommes sur la voie publique dont l’un portait un ballot d’étoffe. L’un d’eux porta un coup de matraque sur la tête d’un gardien, les deux autres prirent la fuite. Maîtrisé par les policiers, l’homme laissa glisser à terre un revolver de calibre 8 mm. La suite de l’enquête fut confiée aux inspecteurs de la BS2 qui l’interrogèrent. Il s’appelait Louis Boudeville, dit Jousse. Il était membre du détachement Alsace-Lorraine des FTP. Ceux qui l’accompagnaient, deux FTP du même détachement, Jean Carchon, dit Maxime, et Maurice Labbé, dit Laroulette, furent aussi interpellés, ainsi que André Roger, dit Pluvinier, et Charles Dermy, dit Galand.
Ces hommes devaient-ils participer à une réunion du groupe ou en avaient-ils connaissance ? Le 16 décembre 1943, le tenancier du café-restaurant La Provence, 116 avenue d’Italie (XIIIe arr.) prévint la police, et sept FTP furent arrêtés en ce lieu par des inspecteurs de la BS2 : Marcel Morteau, Lucien Baillon, André Brier, Léonard Brugniaud, Robert Doisy, André Lamarre et Joseph Fouriaux.
Ce dernier était porteur d’une fausse carte d’identité au nom de Picard, de feuilles manuscrites se rapportant à son activité et de feuilles de rationnement dépourvues de cachet. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, il fut interrogé et aurait avoué la préparation d’une opération de récupération de trois cent mille francs chez une personne demeurant à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).
Livré aux Allemands, incarcéré à la prison de Fresnes, il fut jugé le 28 mars 1944 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour actes de franc-tireur, Joseph Fouriaux fut passé par les armes le 5 avril 1944 au Mont-Valérien en même temps que ses camarades. Outre les sept fusillés, onze membres du détachement Alsace-Lorraine furent déportés, dont six moururent à Mauthausen (Autriche).
Sa femme, Raymonde Simone Klavatz, était aussi une résistante recherchée par la police.
Un rapport du 3 août 1945 de la commission d’épuration de la police mentionnait : « aucun membre de sa famille n’a pu être consulté ». Jeanne, l’épouse de Léonard Brugniaud, déclara : « Je n’ai pas connaissance que monsieur Fouriaux a été frappé durant son passage à la préfecture de police. Il vivait seul à son domicile. »
Joseph Fouriaux fut homologué sergent FFI à titre posthume en 1947.
Une rue d’Antony porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49802, notice FOURIAUX Joseph, Georges [dit Dupont] par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 10 juin 2009, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Joseph Fouriaux
Joseph Fouriaux

SOURCES : Arch. PPo. BA 2117, KB 90, PCF carton 15 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, GB 178. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 5 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIVe arr.).

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 178 cliché du 17 décembre 1943.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément