GARCIN Edmond, Élie, Émile

Par Jacques Girault, Jean-Claude Lahaxe, Antoine Olivesi

Né le 24 avril 1917 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), mort le 13 octobre 1999 à Aubagne ; instituteur ; militant communiste ; maire d’Aubagne (1965-1987), conseiller général, député (1962-1986).

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

Edmond Garcin, fils d’un ambulant des PTT, cousin-germain du maire d’Aubagne Célestin Espanet*, fonda avec son frère les Jeunesses communistes dans cette ville en 1933. Élève de l’École normale d’instituteurs d’Aix-en-Provence en 1934, il dirigea dans cette ville le mouvement des étudiants antifascistes et fut, en 1936-1937, secrétaire des étudiants communistes. Après un voyage en URSS, il devint instituteur à Aubagne en 1937 et continua à s’occuper des Jeunesses communistes. Il adhéra en 1937 au Parti communiste.

Edmond Garcin fut mobilisé en 1939-1940, puis entra dans la clandestinité à la fin de 1941 ou au début de 1942, toujours dans le cadre des JC. En 1943, il créa le Front national à Aubagne sous le pseudonyme de « Jules Verne » et un comité local clandestin de libération qu’il dirigea. Il participa aux combats pour la libération d’Aubagne en août 1944. Président du comité local de Libération, il participa à la délégation spéciale désignée par le CLL, le 15 octobre 1944, pour assister Célestin Espanet, maire élu en 1935 qui avait été rétabli le 29 août 1944. Mobilisé comme sous-lieutenant FFI puis rendu peu après à la vie civile, Edmond Garcin fut, pendant deux mois, secrétaire à l’organisation du comité départemental du Front national et milita pour l’union des mouvements issus de la Résistance. En mai 1945, il fut conseiller municipal d’Aubagne ; Mario Cresp, journaliste, « indépendant », devint le maire et le resta jusqu’à sa démission, le 15 octobre 1951, André Jayme, « modéré », lui succédant.

Edmond Garcin prit la parole lors de la réunion fédérale du 12 juin 1950 au cours de laquelle fut voté le maintien des élus communistes au sein des conseils municipaux. Il devint en 1953 deuxième adjoint du maire « indépendant et paysan » Marius Boyer, ancien maire jusqu’en 1941. Il devint premier adjoint en cours de mandat, élu au troisième tour, mais le 28 mai 1953, le conseil municipal était dissous et remplacé par une délégation spéciale. Du 24 juin 1953 à la fin du mandat en 1959, il fut élu second adjoint au troisième tour alors que le maire Yves Chouquet était « indépendant paysan ». Réélu conseiller municipal et premier adjoint en 1959, réélu en mars 1965 au premier tour, il devint maire d’Aubagne qu’il administra avec beaucoup d’efficacité. Il fut réélu en 1977 et en 1983. En février 1987, il démissionna de sa fonction de maire « en plein accord avec son parti ».

Candidat aux élections cantonales et élu conseiller général du canton d’Aubagne au deuxième tour, le 30 septembre 1945, Edmond Garcin obtint 4 046 voix au premier tour et 4 904 au second, Président de la commission du budget du Conseil général, il perdit son siège en 1951 au profit de Marius Boyer. Il retrouva son siège de conseiller général, le 27 avril 1958 (5 146 voix sur 14 421 inscrits au deuxième tour, après le retrait du candidat socialiste SFIO et battant le conseiller sortant). Il fut réélu en mars 1964 et au premier tour de 1970. Il ne se représenta pas en mars 1976.

Edmond Garcin, directeur d’école, se maria le 10 août 1943 à Aubagne, mariage dissous en 1948. Il se remaria le 24 décembre 1948, toujours à Aubagne.

Edmond Garcin, membre du comité d’honneur du mois de la presse communiste et démocratique dans les Bouches-du-Rhône en novembre 1953, fit partie, à partir de 1957, de la commission de contrôle financier de la fédération communiste. Élu au seul comité fédéral en 1961, il ne fut pas reconduit lors de la conférence fédérale de 1963.

Edmond Garcin, candidat sur la liste communiste aux élections législatives de janvier 1956, suppléant de Pierre Doize*, candidat communiste, aux élections législatives dans la 6e circonscription en 1958, qui englobait les cantons d’Aubagne et La Ciotat avec une partie de l’agglomération marseillaise (11e canton), obtint 11 827 voix sur 50 802 inscrits au premier tour ; devancé par le candidat socialiste SFIO Francis Leenhardt, il se maintint au deuxième tour et, avec 12 491 voix, fut battu par ce dernier. En 1962, à nouveau candidat, il arrivait en première position avec 12 681 voix sur 53 611 inscrits. Il devançait le député sortant qui se maintint au deuxième tour, le 25 novembre, et fut battu par Garcin qui réunissait 15 061 voix. Il fut réélu facilement député en 1967 au deuxième tour après être arrivé en tête au premier tour. Il fut renouvelé dans les mêmes conditions en 1968, en 1973, en 1978, en 1981, signes incontestables d’une réelle popularité. Il ne fut pas candidat lors du retour du scrutin de liste en 1986.

Edmond Garcin participa en 1995 à la rédaction de la brochure de Pascal Posado, Léo Lorenzi, et 150 témoins, 1938-1945 : Les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, édité par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF et l’amicale des vétérans.

Lors de son décès, l’Humanité lui consacra un article.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49796, notice GARCIN Edmond, Élie, Émile par Jacques Girault, Jean-Claude Lahaxe, Antoine Olivesi, version mise en ligne le 8 avril 2009, dernière modification le 4 novembre 2010.

Par Jacques Girault, Jean-Claude Lahaxe, Antoine Olivesi

[Assemblée nationale, Notices et portraits]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. com. Aubagne. — Arch. de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, listes établies à l’attention de la SMC entre 1957 et 1961. — Rouge-Midi, 9 septembre 1945 (photo), 24 septembre et 1er octobre 1945. — La Marseillaise et autres quotidiens marseillais en période électorale depuis 1958 (en particulier La Marseillaise, 4 novembre 1958 (photo et biographie). — H. Coston, Dictionnaire de politique française... op. cit. , p. 483. — A. Olivesi et M. Roncayolo, Géographie électorale des Bouches-du-Rhône... op. cit.. — L. Grimaud, Histoire d’Aubagne... op. cit. . — M. Guizard, Mémoires de Simon 1941-1945, édition à compte d’auteur, 1989. — État civil d’Aubagne.

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