EVENO Yves, Ferdinand

Par Alain Dalançon

Né le 15 novembre 1935 à Lorient (Morbihan) ; professeur ; militant du SNES, secrétaire du S2 de Haute-Savoie (1968-1972), du S3 de Grenoble (1972-1977), secrétaire national aux Affaires internationales (1977-1987) ; militant communiste ; conseiller municipal de Saint-Martin-d’Hères (1989-1992).

Yves Eveno à l’assemblée générale de la CMOPE à Brasilia en 1980
Yves Eveno à l’assemblée générale de la CMOPE à Brasilia en 1980
[IRHSES]

Yves Eveno ne connut pas son père, sous-officier de l’armée de terre décédé l’année de sa naissance, et fut élevé avec son frère par sa mère, secrétaire, suivant une éducation catholique traditionnelle. Après l’école communale, il fit toutes ses études secondaires en tant que boursier au lycée de garçons Dupuy-de-Lôme de Lorient à partir d’octobre 1945 et y obtint le baccalauréat (série philosophie) en 1953. Il entama alors des études supérieures à la faculté des lettres de Rennes, obtint une licence de lettres puis une d’histoire à la Sorbonne et un diplôme d’études supérieures en histoire.

À cette époque commença son engagement militant. Syndiqué à l’UNEF dès le début de ses études, Yves Eveno adhéra au Parti communiste français en 1956. Dispensé de service militaire en raison d’un handicap au bras, il fut surveillant maître au pair au lycée Henri-IV de Paris de 1958 à 1960, puis il commença une carrière d’enseignant d’histoire-géographie dans l’académie de Grenoble comme maître auxiliaire au lycée technique Vaucanson de Grenoble (1960-1962), où il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique. Il épousa en juillet 1960 à Paris (VIe arr.) Odette Vostal avec laquelle il eut trois enfants.

Devenu adjoint d’enseignement, Yves Eveno enseigna au lycée de Privas (Ardèche) (1962-1964) puis au lycée Jean-Jacques-Rousseau de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) de 1964 à 1965, avant d’être reçu aux épreuves du CAPES d’histoire-géographie. Stagiaire au centre pédagogique régional de Lyon en 1965-1966, il fut maintenu comme professeur certifié au lycée de Thonon où il demeura en poste jusqu’en 1972. Au moment de la fusion entre le SNET et le SNES et dans les années qui suivirent, il s’affirma comme un des jeunes militants du nouveau Syndicat national des enseignements de seconde degré dans l’académie de Grenoble, permettant au courant B devenu « Unité et Action » d’y devenir progressivement majoritaire. D’abord secrétaire de la section d’établissement du lycée de Thonon, il devint secrétaire de la section départementale (S2) de la Haute-Savoie en 1968 et le demeura jusqu’en 1972, année où il succéda à Jean-Jacques Kirkyacharian comme secrétaire académique. Il fut alors muté au lycée-Fantin Latour de Grenoble, puis, en 1974, au lycée Pablo-Neruda de Saint-Martin-d’Hères où il demeura en poste jusqu’en 1987.

Yves Eveno, élu membre suppléant de la commission administrative nationale du SNES en 1971, puis titulaire à partir de 1973, fut vite reconnu comme un des secrétaires académiques les plus écoutés. En 1973, sa section académique (S3) accueillit le congrès national du syndicat. En 1975, il fut élu membre suppléant du bureau national. En 1977, il laissa la direction du S3 à une équipe de jeunes militants dont il avait su s’entourer (Roger Vila, Annie Clavel, Tartary), devint membre titulaire du BN et succéda à François Blanchard comme secrétaire national chargé des Affaires internationales et des libertés. À ce poste, avec Jean Petite, il poursuivit la politique « tous azimuts » définie sous l’impulsion de son prédécesseur, consistant dans la présence active du SNES au sein des différentes organisations internationales d’enseignants (Fédération internationale des professeurs de second degré de l’enseignement officiel, Confédération mondiale de la profession enseignante), en tant que membre associé à la Fédération internationale syndicale de l’enseignement, au Comité international de coopération syndicale, pour développer les coopérations et aller vers un comité international unique. Sous son mandat, les relations bilatérales avec les organisations enseignantes des pays africains et d’Amérique latine tout comme d’Amérique du nord (Québec, NEA des Etats-Unis) furent développées. Il veilla à ce que le SNES soit présent dans toutes les luttes en faveur de la défense des libertés en France et partout dans le monde. Avec une tranquille autorité, Yves Eveno fit connaître et respecter les positions du SNES. Il participa en particulier à des stages de formation de militants syndicaux africains et organisa une conférence internationale à Lisbonne sur le thème : « Quelle école pour l’Afrique de l’an 2000 ? »

En 1987, après dix années de responsabilité dans un secteur nécessitant de fréquents déplacements à l’étranger, Yves Eveno décida de prendre un peu de champ pour se consacrer à de nouvelles activités et quitta le secrétariat national. Il abandonna l’enseignement pour faire partie des personnels de direction des établissements de second degré. D’abord proviseur-adjoint au lycée hôtelier du Clos-d’Or de Grenoble, il termina sa carrière en 1997 comme principal du collège de la Lombardière à Annonay (Ardèche), militant toujours dans son nouveau syndicat des personnels de direction. Il fut également conseiller municipal de Saint-Martin-d’Hères de 1989 à 1992, année où il quitta le PCF.

Retraité, Yves Eveno militait à la Fédération générale des retraités de la fonction publique. Il apportait sa collaboration au musée de la Résistance et de la déportation de l’Isère et œuvrait en faveur des personnes âgées à la ville de Grenoble. Divorcé, il était le compagnon d’Annie Clavel, secrétaire nationale des retraités du SNES.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49748, notice EVENO Yves, Ferdinand par Alain Dalançon, version mise en ligne le 6 avril 2009, dernière modification le 5 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

Yves Eveno à l’assemblée générale de la CMOPE à Brasilia en 1980
Yves Eveno à l’assemblée générale de la CMOPE à Brasilia en 1980
[IRHSES]

SOURCES : Arch. IRHSES (S3 de Grenoble, CA, congrès, secteur international, L’Université syndicaliste). — Témoignages oraux. — Renseignement fournis par l’intéressé.

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