GIRARDOT Robert, Louis

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 26 septembre 1908 à Paris (XIe arr.), fusillé le 16 juillet 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; dirigeant communiste du IVe arrondissement de Paris.

Fils d’un tailleur, coupeur, Robert Girardot était titulaire du CEP. Il fut élevé 147 boulevard de Charonne, dans le XIe arrondissement, où il habitait toujours à la fin des années trente. Il épousa à la mairie du XIe, en août 1931, Geneviève Lecerf, couturière, née à Beck en Belgique, qui sera militante communiste. Il travailla à partir de 1921 chez des horlogers, un temps à son compte et finalement au BHV. Seul « représentant du Parti » dans l’entreprise avant les grèves de juin 1936, il joua un grand rôle dans le mouvement de grèves et l’organisation des nouveaux militants. Grand lecteur de la littérature marxiste, il avait suivi une école régionale Paris Ville.
Il devint, dans l’appareil communiste clandestin, responsable à la diffusion pour le 31e secteur (XIIIe, XIVe et XVe arrondissements de Paris). Il était directement subordonné à Fernand Haudecœur.
Robert Girardot fut arrêté en février 1942 par des inspecteurs de la BS1, dans des circonstances relatées comme suit dans le rapport de synthèse « Communisme et terrorisme II (Janvier – Juin 1942) » établi par la direction des Renseignements généraux de la préfecture de police de Paris : « Au début de février, des inspecteurs procédant à des sondages relatifs à l’activité actuelle d’ex-militants, sont amenés à procéder à une visite domiciliaire chez l’un d’eux : Girardot Robert, 147 boulevard de Charonne. Cette opération, outre l’arrestation de Girardot, conduit à la découverte sur celui-ci d’un document chiffré mentionnant ses rendez-vous. Mis au clair, le texte permet l’arrestation des responsables de la propagande dans la région Sud et Sud-est de Paris (Seine, Seine-et-Oise, XIIIe, XIVe, XVe arrondissements). Bilan : onze arrestations. Saisie de deux ronéos, de nombreux tracts et documents de propagande. »
Les militants et militantes arrêtés dans cette affaire étaient, outre Robert et Geneviève Girardot : Fernand et Cécile Haudecœur, Charles Bloch, Paul Descours, Pierre Wimbee, Marceau et Louise Adam, René Poisson et Dominique Sosso. Quatre d’entre eux (Girardot, Fernand Haudecœur, Adam et Poisson) allaient être fusillés au Mont-Valérien le 16 juillet 1942.
L’abbé Franz Stock le signale comme "libre penseur " et précise : : "Tous [les 5 prisonniers qu’il visite à la prison de la Santé] éloignés, manières communistes, me rejettent, tentatives vaines. Au Mont Valérien, le général Schaumburg était pour la première fois présent. Tout se déroula rapidement. Enterrés à Ivry". Dans le cas de Girardot 39e div 3e ligne n° 78.
Les 5 noms cités sont Girardot Robert ; Adam Marceau, "sans religion" ; Haudecoeur Gabriel ; Poisson René ; François Marcel.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49722, notice GIRARDOT Robert, Louis par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 4 avril 2009, dernière modification le 13 juillet 2017.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : RGASPI, 495 270 2466, autobiographie sans date [1938]. – Arch. service des cadres du PCF. – Notes Jean-Pierre Ravery. – État civil.

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