FOREST Madeleine [née PHILY Marie-Madeleine, dite]

Par Jacques Girault, Maurice Moissonnier

Née le 24 octobre 1901 à Oullins (Rhône), morte le 12 janvier 1997 à Francheville (Rhône) ; institutrice ; syndicaliste, militante communiste du Rhône.

Fille d’un cafetier, Madeleine Phily appartenait à une famille très catholique. Jusqu’à treize ans, elle fréquenta l’école religieuse d’Oullins. Par la suite, elle se détacha de la religion sous l’influence de son frère aîné et des lectures qu’il lui proposait. Élève du cours complémentaire puis sous l’influence de sa belle-sœur, professeur, de l’école primaire supérieure de la rue d’Auvergne à Lyon, elle entra à l’École normale d’institutrices de Lyon, le 11 novembre 1918. Elle y rencontra des filles d’instituteurs socialistes et s’orienta définitivement vers l’athéisme et le militantisme révolutionnaire.

Madeleine Phily adhéra au syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement en 1921 et exerça dans deux écoles de Grandris (Rhône) de 1921 à 1925. Membre du conseil syndical à partir de 1922, elle fut candidate plusieurs fois au conseil départemental de l’enseignement primaire.

En août 1926, à Poleymieux-au-Mont-d’Or (Rhône), elle épousa religieusement Jean, Claude Forest, père d’une fille, représentant à Grandris. Ils eurent un fils.

Madeleine Forest, dirigeante de l’Amicale laïque de la commune, était en relations de travail avec Célestin Freinet. En 1929, elle fut nommée à Vénissieux-Moulins-à-Vent et y resta jusqu’en 1934. Secrétaire du syndicat de la FUE en 1932-1933, fut déléguée au congrès national de Reims et participa à une rencontre, salle de la Mutualité avec des enseignants allemands antifascistes. Elle cessa d’exercer cette responsabilité en raison de l’état de santé de son fils. Elle milita alors dans le groupe d’unité qui devait préparer la fusion de 1935 entre Syndicat national et Syndicat unitaire.

Son mari, ancien socialiste SFIO, qui travaillait aux usines Berliet, adhéra au Parti communiste en 1930 ou en 1932. Elle fit de même en 1932. Les conflits avec le maire socialiste de Vénissieux, objets de polémiques dans la presse à propos du logement, furent un des aspects de son activité militante.

Madeleine Forest commença à enseigner en octobre 1934 à l’école maternelle de Francheville-le-Haut. Elle participa à toutes les activités propres à la formation du Front populaire. À la fin de 1937, elle fit partie d’une liste incomplète de candidats au conseil syndical dont la profession de foi s’intitulait « Programme d’action corporative et de lutte contre la guerre et le fascisme » et demandait entre autres « qu’on aide, selon les lois internationales reconnues par toutes les démocraties, l’Espagne et le peuple chinois ». Gréviste, le 30 novembre 1938, elle fut blâmée et sanctionnée de huit jours de retenue de traitement.

Son domicile fut perquisitionné en juin 1940. Madeleine Forest fut déplacée d’office à Chamelet dans la « montagne » lyonnaise en janvier 1941. Elle participa, avec son mari, à l’aide au maquis FTPF de la région. Refusant de faire chanter « Maréchal, nous voilà », elle fit chanter « La Marseillaise » par ses élèves le 11 novembre 1942. Lors des funérailles religieuses de deux aviateurs anglais, alors que les maquisards rendaient les honneurs, elle fit chanter par ses élèves l’hymne britannique. Elle s’opposa constamment aux actions de l’Association professionnelle qui s’accordait avec le gouvernement de Vichy.

Nommée en octobre 1945 à l’école de filles de Francheville, Madeleine Forest devint membre du conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951. Elle appartint au conseil syndical jusqu’en 1956.

Veuve depuis 1975, toujours membre du Parti communiste français, Madeleine Forest restait attachée, en tant que retraitée, au syndicat (tendance « Unité et Action »). En 1984, elle était responsable de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance à Francheville où elle habitait.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49660, notice FOREST Madeleine [née PHILY Marie-Madeleine, dite] par Jacques Girault, Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 mars 2009, dernière modification le 8 novembre 2016.

Par Jacques Girault, Maurice Moissonnier

SOURCES : Presse syndicale. — Anne-Marie Sohn, thèse, op. cit.. — Anne-Marie Sohn, thèse, op. cit. — Notice DBMOF par J. Girault et M. Moissonnier. — Renseignements fournis par l’intéressée et par Roger Martin.

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