FAYARD Jean, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 28 janvier 1913 à Beaujeu (Rhône), mort le 11 juin 1979 à Bron (Rhône) ; instituteur ; syndicaliste, militant communiste de la Loire puis du Rhône.

Fils d’un tonnelier devenu caviste chez un marchand de vins, décédé au front en octobre 1918, et d’une mère qui devint femme de ménage pour élever ses deux enfants, Jean Fayard, pupille de la Nation, reçut les premiers sacrements catholiques. Il fit ses études au cours complémentaire de Beaujeu, puis entra à l’École normale d’instituteurs de Lyon (Rhône) en 1929 où Léon Émery l’impressionna. Il devint instituteur en 1932 dans un village du Beaujolais. Après son service militaire (1934-1935) dans la météorologie à Saint-Cyr (Seine-et-Oise) comme soldat de deuxième classe, il fut nommé instituteur à Lyon, poste qu’il occupa jusqu’en 1944. Il travailla, de 1944 à 1946, à l’œuvre des villages d’enfants de la région Rhône-Alpes créée à Mégève (Haute-Savoie) par le commissaire de la République Yves Farge. Considéré toujours comme instituteur dans la Loire puis dans le Rhône, devenu directeur de l’institut médico-pédagogique de Saint-Alban-les-Eaux (Loire), il prit sa retraite comme directeur de l’IMP de Taizé (Saône-et-Loire).

Jean Fayard se maria religieusement en août 1935 à Lyon (VIIe arr.) avec une infirmière. Le couple eut quatre enfants qui ne reçurent aucun sacrement religieux.

Jean Fayard adhéra au syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement, puis, à la fin de 1935, au Syndicat national des instituteurs (SNI). À Lyon, il milita activement dans l’association l’Avenir laïque qu’il avait contribué à fonder dans le VIIe arrondissement de Lyon. Il fréquentait surtout les milieux libertaires et se prononçait pour les orientations des « Amis de L’École émancipée », notamment le refus de prendre connaissance du rapport d’inspection. Adversaire de la politique de « la main tendue », il ne vota pas au premier tour des élections législatives de 1936 et choisit le candidat communiste de Front populaire au deuxième tour. Lecteur assidu du Nouvel âge de Georges Valois*, il participa aux actions de Solidarité internationale antifasciste pour l’Espagne républicaine. En 1937, son couple accueillit une réfugiée espagnole qui resta avec eux jusqu’en 1944 et dont la mère était hébergée chez l’instituteur communiste Claudius Buard à Saint-Étienne (Loire). Sous la double pression de la section syndicale du SNI et de l’inspection primaire, il ne fit pas grève le 30 novembre 1938 alors qu’il en était partisan. Dès lors, il s’éloigna de l’idéologie pacifiste véhiculée par la section départementale du SNI.

Mobilisé en 1939, Jean Fayard, en désaccord avec les positions pacifistes de la tendance, participa à la Résistance aux côtés des communistes. Il prit part à la reconstitution du syndicat clandestin en 1943 en relation avec Claudius Buard et Labrunie*. Il fit partie du tribunal d’honneur en 1944 qui se prononça sur le cas de Léon Émery.

Jean Fayard fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI dans la Loire au début des années 1950. Il obtint son exeat pour le département du Rhône en 1958. Nommé au Bois-d’Oingt (Rhône) en octobre 1958, il était le responsable du SNI dans le canton au début des années 1960.

Jean Fayard adhéra au Parti communiste français en 1947. Il fut membre du bureau de la fédération communiste de la Loire de 1956 à 1958. Passé dans la fédération du Rhône, secrétaire de la section communiste du Boigt-d’Oingt, il entra au bureau de la fédération communiste du Rhône en 1956. La conférence fédérale de 1961 l’élut simplement au comité fédéral et ne le renouvela pas en 1964.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49658, notice FAYARD Jean, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 mars 2009, dernière modification le 30 mars 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé en 1975.

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