GALLON Pierre

Par Jean-Paul Martin

Né le 15 décembre 1936 à Izieux (commune rattachée à Saint-Chamond, Loire) ; technicien supérieur de la sidérurgie ; militant de la JOC, syndicaliste CFTC puis CGT et militant PSU puis PCF de la Loire.

Photo de  Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire,  organisé par IHS-42 et CEDMO42
Photo de Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire, organisé par IHS-42 et CEDMO42

Né dans une famille catholique pratiquante, Pierre Gallon était le dernier d’une fratrie de cinq enfants. Son père, Joannès Gallon, né en 1900, chef d’équipe à la Soie artificielle d’Izieux n’était pas militant. Sa mère, Marcelle née Rousson en 1902, reprit son métier de secrétaire après la mort de son mari en 1954 ; militante du Mouvement populaire des familles (MPF), elle fut élue a la Libération au conseil municipal d’Izieux sur une liste MRP. Son frère aîné Henri Gallon (né le 8 septembre 1924 à Izieux), responsable départemental de la JOC, s’engagea dans les FFI et appartint à la Mission de France, il n’avait pas encore été ordonné prêtre lors de la condamnation des prêtres-ouvriers en 1954.

Pierre Gallon fréquenta l’école primaire privée et obtint une bourse de l’enseignement catholique qui lui permit de rentrer à l’institution Sainte-Marie de Saint-Chamond, établissement fréquenté par la bourgeoisie locale, où il fut reçu au bac maths-élém. en 1954, peu avant le décès de son père. Il fut tenté un bref moment par le séminaire, avant d’y renoncer et d’être embauché au laboratoire de l’usine stéphanoise de la CAFL en janvier 1955, dans le quartier du Marais. Il allait y devenir technicien puis technicien supérieur, sans jamais – sauf pendant son service militaire de vingt-huis mois, dont dix passés en Algérie – perdre le contact avec cette entreprise, devenue ensuite Creusot-Loire, où il fut mis en pré-retraite en 1987. Il avait épousé en juillet 1956 Olga Zuk, fille d’un émigré polonais, de confession catholique-orthodoxe, dont il eut deux fils et une fille.

Pierre Gallon milita à la JOC à partir de ses dernières années de scolarité chez les maristes. En même temps, il désapprouvait l’anticommunisme qu’il ressentait dans certains milieux chrétiens et fut assez vite écarté de la JOC en raison de sa fréquentation du groupe « Amitié et Nature », jugé proche du PCF, qu’il avait contribué à fonder en 1954.

À son arrivée à la CAFL, il adhéra « naturellement », selon son témoignage, à la CFTC et participa à l’activité syndicale, au comité d’établissement et à l’action contre la guerre d’Algérie. Mais à son retour du service militaire en Algérie (début 1960), expérience marquante pour lui, il fit le choix de militer à la CGT pour mener la bataille avec l’ensemble du monde ouvrier. Le syndicat du Marais était très ouvert, avec l’influence de Joseph Gouttebarge*, un prêtre-ouvrier mort en 1964. En 1960, il n’y avait cependant que six adhérents à la CGT dans le deuxième collège (techniciens). Pierre Gallon fit partie du comité d’établissement dont il devint secrétaire. En 1964, suite au décès de plusieurs responsables syndicaux, il fut amené à prendre des responsabilités comme secrétaire à l’organisation du syndicat Creusot-Loire et comme membre du comité central d’entreprise.

Parallèlement, Pierre Gallon s’engagea politiquement à l’UGS et, surtout, participa à la création du PSU dans la Loire, qu’il représenta au CPN pendant quatre ou cinq ans, en compagnie d’André Garnier, mais sur une orientation opposée à celui-ci, en tant que popereniste comme ses amis Marc Coste et Claude Souvignet*. Il fut candidat aux élections municipales de Saint-Étienne en mars 1965 sur la liste d’union démocratique PC-PSU dirigée par Michel Ollagnier*, mais quitta peu après le PSU. Il y fit cependant un dernier et bref retour en septembre 1966.

Attaché à une ligne d’unité du mouvement ouvrier, il se considéra alors comme un sympathisant communiste, tout en n’exerçant pendant plusieurs années que des responsabilités syndicales à la CGT. Il fut en particulier membre du secrétariat de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie (USTM) dans la Loire de sa création en 1968 jusqu’en 1981, et, au cours de la même période, siégea à la commission « organisation » de la Fédération des travailleurs des métaux (FTM-CGT). Il ne devint jamais permanent syndical.

Pierre Gallon n’adhéra au PCF qu’en 1978, après la rupture du Programme commun. Après son départ à la retraite en 1987, il continua d’exercer des responsabilités économiques au sein de l’UD-CGT dont il devint membre de la commission exécutive et du bureau. Il représenta l’UD au Conseil économique et social régional de 1987 à 2003, ainsi que dans divers organismes : Comité d’expansion et Agence de développement du département de la Loire (outil économique du conseil général). Il fut responsable des parents d’élèves FCPE sur le quartier de Montreynaud où il résidait toujours en 2008, et où il présida également pendant quinze ans l’Association familiale laïque. En 2008, il était toujours membre du PCF sans y exercer de responsabilités. Il participait activement à l’Institut d’histoire sociale de la Loire en 2012.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49598, notice GALLON Pierre par Jean-Paul Martin, version mise en ligne le 23 mars 2009, dernière modification le 26 février 2016.

Par Jean-Paul Martin

Photo de  Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire,  organisé par IHS-42 et CEDMO42
Photo de Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire, organisé par IHS-42 et CEDMO42

SOURCE : Renseignements communiqués par l’intéressé.

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