FOURNIER Jacques, Georges, Henri

Par Martine Le Gal, Guy Putfin

Né le 3 septembre 1921 à Paris (XIe arr.), mort le 5 octobre 2003 à La Verrière (Yvelines) ; professeur d’enseignement technique ; secrétaire général du SNETAA (1958-1981) de la FEN.

Son père, Georges, était restaurateur (selon l’état civil), maître d’hôtel (selon Jacques Fournier), sa mère, née Suzanne Nouchet, était modiste. Jacques Fournier alla à l’école primaire à Paris, dans le XIe arrondissement, puis à l’école primaire supérieure Arago (place de la Nation). Il travailla comme monteur électricien à Paris de 1937 à 1942 et appartint au mouvement des Auberges de jeunesse de 1938 à 1943.

Réfractaire au Service du travail obligatoire en novembre 1942, Jacques Fournier quitta l’industrie où il travaillait, pour éviter de partir en Allemagne, et devint moniteur de dessin industriel dans un centre d’apprentissage. Il fréquenta le Conservatoire national des Arts et métiers de 1943 à 1947 et obtint un diplôme d’électricité industrielle.

Jacques Fournier enseigna le dessin industriel au Centre d’enseignement technique Amiral-Bruix, puis au lycée professionnel de la rue de la Roquette. Il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique-formation professionnelle (SNET-FP) qui regroupait les personnels des centres d’apprentissage au sein de la CGT en 1945. À la suite des grèves de l’automne 1947, il démissionna du SNET-FP, sans rejoindre, lors de la scission syndicale, les syndiqués minoritaires passés à la CGT-FO. Le SNET-FP, dirigé par Charles Artus, refusa de procéder à un référendum pour choisir entre la CGT, la CGT-FO ou l’autonomie, et quitta la Fédération de l’éducation nationale pour rester à la CGT. Avec six autres enseignants des centres d’apprentissage parisien, il entra en contact avec le groupement d’indépendance syndicale de l’académie de Lille qui fut reconnu par la FEN et se transforma, le 16 décembre 1948, en Syndicat national autonome-apprentissage qui devint SNET-Apprentissage-autonome au sein de la FEN. Un de ses objectifs était de faire échec à la mainmise des communistes sur les centres d’apprentissage. Jacques Fournier exerça les fonctions de secrétaire régional académique de Paris de 1950 à 1958, en même temps que celles de trésorier national du SNETAA dès le congrès de Paris (15 avril 1950).

À la suite du départ du secrétaire général, Pierre Mauroy, qui abandonna ses fonctions au SNETAA pour se consacrer aux foyers Léo-Lagrange, Jacques Fournier devint, lors du congrès de Gray (26-28 mai 1958), secrétaire général du SNETAA. Il occupa ce poste jusqu’à son départ à la retraite en mars 1981, où Il fut remplacé par Michel Charpentier. En tant que secrétaire général du SNETAA, il siégea au bureau fédéral de la FEN de 1959 à 1981, et participa à toutes les réunions statutaires, commission administrative, congrès faisant entendre dans la majorité fédérale, pendant toute cette période, la voix de l’enseignement technique court. Il siégea au Conseil supérieur de l’Éducation nationale de 1970 à 1980.

Sous la direction de Jacques Fournier, le SNETAA devint majoritaire dans la profession, malgré les attaques dont il fut l’objet de la part des confédérations (CGT et CGT-FO) qui estimaient que les personnels des centres d’apprentissage devaient être confédérés pour garder le lien avec les travailleurs.

Jacques Fournier adhéra au Parti socialiste en 1978 (section du XXe arrondissement de Paris) et le quitta en 1981, en désaccord avec l’arrivée des ministres communistes.

Après avoir quitté ses fonctions à la tête du SNETAA, Jacques Fournier fut président national de l’Association des donneurs de sang de l’Éducation nationale de 1982 à 1988. Il exerça ensuite les fonctions de secrétaire général de la section de Paris de la Fédération générale des retraités (FGR) de 1990 à 1996, et fut élu membre de la commission exécutive nationale de la FGR, de 1992 à 1995. Membre du club des retraités de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), il exerça des fonctions au bureau du club de Paris de la MGEN, de 1990 à 1997.

Le 15 mai 1948 à Paris (XXe arr.), Jacques Fournier avait épousé Marie-Louise (dite « Malou ») Le Baron, institutrice, puis professeure d’enseignement général de collège.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49474, notice FOURNIER Jacques, Georges, Henri par Martine Le Gal, Guy Putfin, version mise en ligne le 15 mars 2009, dernière modification le 4 décembre 2018.

Par Martine Le Gal, Guy Putfin

SOURCES : Questionnaire du Centre fédéral FEN. — Enregistrement audio et vidéo de son témoignage « Itinéraire d’un militant du technique », devant le groupe de travail FEN-CRHMSS, le 17 avril 1991. — Joël Melka, Naissance et développement d’un syndicat de l’enseignement technique : le Syndicat national de l’enseignement technique apprentissage autonome, mémoire de maîtrise, Université de Paris I, 1986.

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