GARDÈRES Marcel

Par Jean-Claude Guillon, Jean-Paul Soret

Né le 5 septembre 1912 à Talence (Gironde), mort le 25 novembre 1954 à Tours (Indre-et-Loire) ; cheminot (sous-chef de magasin) ; syndicaliste CGT et militant communiste d’Indre-et-Loire.

Fils d’un ouvrier typographe au journal La Petite Gironde, qui était responsable du syndicat du Livre CGT de Bordeaux et membre du Parti socialiste SFIO, Marcel Gardères fut reçu au brevet élémentaire en 1927, puis au brevet supérieur. En 1930, il intégra l’École nationale d’hydrographie de Bordeaux comme élève « officier-pont » de la marine marchande. Il fut suspendu de cette fonction pendant deux ans, car son père ayant adhéré au Parti communiste après le congrès de Tours, il fut considéré comme indésirable par son employeur. Il s’engagea donc pour cinq ans dans l’aviation militaire avec l’objectif d’être navigateur. Il fut envoyé au Maroc pour une formation de mécanicien et obtint le diplôme de mécanicien supérieur avion. Lors de son séjour à Casablanca, il rencontra Saint-Exupéry.

Au début de 1937, il entra à la Compagnie du Midi, à Pauillac (Gironde), dans l’équipe des lignes (Caténaires). Quelques mois plus tard, il rejoignit le Magasin général de Saint-Pierre-des-Corps où il fut nommé, après concours, sous-chef de magasin. Il avait adhéré à la CGT réunifiée dès son entrée au chemin de fer.

Ayant la formation de mécanicien et pilote, il fut mobilisé en Avignon au début de la guerre, malgré ses quatre enfants à l’époque. Il fut démobilisé en juillet 1940 et reprit son emploi à Saint-Pierre-des-Corps. Pendant l’Occupation, il eut peu de contacts avec la CGT clandestine. Avec des militants catholiques, il créa l’association La Famille du cheminot en 1942. En 1944, il reprit contact avec la CGT et, en septembre, participa à la restructuration du syndicat des cheminots. Il fut membre du secrétariat du syndicat de Tours-Saint-Pierre-des-Corps et un des fondateurs du syndicat des cadres en 1953.

Marcel Gardères fut également militant communiste : membre du bureau fédéral de 1947 à 1951, il tint la rubrique de politique internationale dans l’hebdomadaire communiste La Voix du peuple de Touraine.

Après avoir présidé une réunion publique avec Raymond Tournemaine, le 25 novembre 1954, il décéda subitement. Après sa mort, il laissa six enfants, dont cinq en scolarité. Sa femme Irène, ancienne ouvrière en teinturerie puis en chocolaterie, qu’il avait épousée en 1936, trouva un emploi à la cantine de la SNCF. Elle fut secrétaire administrative de l’UD-CGT et responsable de l’Union des femmes françaises (UFF). L’un de leurs enfants, Jean Gardères, fut secrétaire général de l’UD-CGT d’Indre-et-Loire de 1962 à 1983.

Une rue de Saint-Pierre-des-Corps porte le nom de Marcel Gardères.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article4154, notice GARDÈRES Marcel par Jean-Claude Guillon, Jean-Paul Soret, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 11 mars 2009.

Par Jean-Claude Guillon, Jean-Paul Soret

SOURCE : Entretien de Jean-Paul Soret avec Jean Gardères, fils de Marcel Gardères.

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