GAIRE René [GAIRE Edmond, René] [Pseudonyme : Pierre GENTIL]

Par Roger Martin

Né 9 février 1897 à Saint-Dié (Vosges), mort par défenestration le 18 mars 1943 à l’hôpital Marmottan à Paris (XVIIe arr.) ; cheminot ; syndicaliste et militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant, responsable militaire FTPF de l’interrégion 22.

Fils d’un tisseur, René Gaire fut d’abord cheminot à Tours (Indre-et-Loire) et milita dans l’Union des syndicats d’Indre-et-Loire.
Révoqué après la grève de 1920, il vint résider à Deyvillers, près d’Épinal (Vosges), et exerça la profession de marchand forain. Il rejoignit immédiatement les rangs de la fédération des Vosges du Parti communiste.
En 1934, il était secrétaire de la cellule d’Épinal. Il lutta avec énergie pour le Front populaire, participant aux meetings de l’époque comme secrétaire de rayon du PCF, et fut candidat aux élections législatives dans la circonscription d’Épinal en 1936.
Pendant onze mois, René Gaire fut commissaire aux Brigades internationales en Espagne. Arrêté comme communiste après la mise hors-la-loi du Parti communiste en 1939, il fut successivement enfermé, durant la guerre puis le début de l’Occupation, à la prison de la Loge-Blanche à Épinal, puis à Clairvaux, enfin à Compiègne, d’où il s’évada en juin 1942. Il réussit à gagner Paris où, sous le nom de Pierre Gentil, il devint l’un des dirigeants des équipes de sabotage avec le grade de capitaine FTP.
Lors de son arrestation le 12 mars 1943 à Dreux, il était membre du triangle de direction des FTP de l’interrégion 22 qui regroupait les départements de l’Oise, la Somme, la Seine-Inférieure, l’Eure, l’Eure-et-Loir et le Calvados. Il était le militaire, Paul le politique et Jack (Daniel Démaret) le technique. Il fut arrêté alors qu’il se rendait chez Marguerite Pohier-Boyeldieu, 55 rue Saint-Jean à Dreux qui assurait la liaison entre le comité militaire national et le comité militaire de l’interrégion. Elle avait été arrêtée le 7 mars, une souricière avait été tendue à son domicile où le 9 mars fut arrêté Albert Gueusquin, responsable national du service F.
Édouard Gaire avait sur lui les rapports des actions des FTP qui vinrent compléter ceux saisis chez Marguerite Pohier-Boyeldieu. Il avait aussi une lettre de Denis lui demandant de moins se rendre dans l’Oise et de se méfier d’une militante « suspectée par les cadres ».
Il fut emmené au local du 12 de la rue de Bassano à Paris (XVIe arr.) (Première brigade de la police). Durant cinq jours consécutifs, il fut soumis à un interrogatoire brutal accompagné de tortures. Il reconnut son activité de militant mais refusa de donner des noms. Le 18 mars, alors qu’il était convoqué pour un nouvel interrogatoire, il eut peur de céder à la souffrance et, bousculant son gardien, réussit à se jeter par une fenêtre du couloir. Il fut transporté mourant à l’hôpital Marmottan, où il expira en arrivant. Il fut d’abord inhumé au cimetière de Saint-Ouen, puis sa dépouille fut transférée au cimetière de Deyvillers en février 1948.
Tous les documents de la police le prénomment René, Édouard. Ce sont les prénoms qui figurent dans son dossier à Caen. Il y a bien aussi dans ce dossier deux dates de décès : le 18 mars rue Bassano à Paris et le 20 mars à 16 h 19 rue d’Armaille dans le XVIIe arrondissement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article4097, notice GAIRE René [GAIRE Edmond, René] [Pseudonyme : Pierre GENTIL] par Roger Martin, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 23 novembre 2018.

Par Roger Martin

SOURCES : Arch. Dép. Vosges, 13 M 80. – DAVCC, Caen. – Le Travailleur vosgien, 6 janvier 1934 et 7 juin 1936. – Les Vosges nouvelles, 15 avril 1945 et 2 février 1948. – État civil, Saint-Dié : la mention marginale donne comme date de mort le 20 mars 1943, mais ce peut-être la date de déclaration ; il est dit marié mais sans date ni précision. – Notes Jean-Pierre Besse.

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