VILLAIN Joseph [VILLAIN Léopold-Joseph], dit Joseph ou VILAIN

Par Notices rassemblées, revues et complétées par Michel Cordillot et J. Grandjonc.

Né à Paris en 1802. Ouvrier passementier, néo-babouviste. Membre des sociétés secrètes républicaines sous la monarchie de Juillet. Président de la Société des droits de l’Homme et du Citoyen en 1848.

Joseph Villain (parfois orthographié Vilain) était, selon P. Rhaye, « de ces hommes que la police fait arrêter toutes les fois qu’un mouvement éclate »et avait participé aux journées de juin 1832. Il était membre de la Société des droits de l’Homme au début des années trente, de la tendance radicale de Camille-Louis Berrier-Fontaine*, Napoléon Lebon*, etc. Lors des journées d’avril 1834, il demeurait 19, rue Rousselet (Xe arr. ancien, maintenant VIIe) et il fut arrêté le 13 sur la barricade établie à l’angle de la rue Sainte-Avoye et de la rue Geoffroy-l’Angevin (VIIe arr. ancien, maintenant IVe). Emprisonné à Sainte-Pélagie, il fit partie du groupe des évadés de Sainte-Pélagie du 12 juillet 1835 et fut condamné par contumace à 15 ans de détention et à la surveillance à vie, le 23 janvier et partit à Bruxelles.
Indésirable en Belgique comme un certain nombre d’autres républicains, il se rendit à Londres où il fut parmi les fondateurs de la Société Démocratique Française. Il participa en 1839-1840 aux discussions et à la rédaction du Rapport sur les mesures à prendre et les moyens à employer, pour mettre la France dans une voie révolutionnaire, le lendemain d’une insurrection victorieuse effectuée en son sein, Londres, 1840.
De retour en France au lendemain de la Révolution de Février, il joua un rôle de premier plan dans les milieux républicains avancés. Proche d’ Armand Barbès*, il fut l’un des principaux fondateurs de la Société des droits de l’Homme et du Citoyen — qu’il présidait en 1848 —, membre de son Comité central et, à ce titre, cosignataire de ses manifestes et collaborateur du journal de Jean-Jacques Danduran*, La Propagande républicaine (deux numéros publiés en mars 1848). Au lendemain des événements sanglants de Rouen, L.-J. Villain cosigna l’affiche Manifeste de la Société des droits de l’Homme avec Napoléon Lebon*, Aloysius Huber*, Victor Chipron* et Barbès.
Le 15 mai, il aurait tenté de convaincre les manifestants de ne pas chercher à s’approcher de l’Assemblée. Mais ayant constaté son impuissance à peser sur le cours des événements, il serait revenu au siège de la Société des droits de l’Homme pour mettre en lieu sûr divers papiers, ainsi que la liste des adhérents.
Au lendemain de cette journée manquée, il réussit à éluder toutes les recherches et à se cacher pour se soustraire aux accusations de complot. Il ne réapparut qu’en mai 1849, lorsqu’il décida de se livrer pour être jugé par la Haute-Cour à Blois. Au cours du procès, Villain réaffirma que la Société des droits de l’Homme n’avait joué aucun rôle dans l’insurrection du 15 mai en tant que telle. Il fut déclaré non coupable par le jury et remis en liberté. Impliqué dans l’affaire du 13 Juin 1849, il fut condamné, par contumace, à la déportation par la Haute-Cour de Versailles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38780, notice VILLAIN Joseph [VILLAIN Léopold-Joseph], dit Joseph ou VILAIN par Notices rassemblées, revues et complétées par Michel Cordillot et J. Grandjonc., version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notices rassemblées, revues et complétées par Michel Cordillot et J. Grandjonc.

SOURCE : Arch. PPo., A a/422. — Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Rapport fait à la Cour des pairs par M. Girod (de l’Ain), Paris, Imprimerie royale, 1834-1836, vol. 6, 11. — Tableau synoptique des accusés d’avril jugés par la cour des pairs établi par Marc Caussidière, Lyon, imprimerie de Boursy fils, 1837, Arch. Nat. BB 30/294, Bibl. Nat. in-4° Lb 51/24984. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 591 D 3. — La Voix des Clubs, n° 9, 20 mars 1848. — Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, 1850. — Lucas, Les Clubs et les clubistes, Paris, 1851, p. 94-122. — Suzanne Wassermann, Les Clubs de Barbès et de Blanqui en 1848, Paris, 1913. — Peter Amann, Revolution and Mass Democracy, Princeton Univ. Press, 1975. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 141, 152, 163-164, 166. — Les Révolutions du XIXe siècle. 1848 (catalogue), Paris, EDHIS, s. d. — Note de R. Skoutelsky.

ICONOGRAPHIE : Peter Amann, Revolution and Mass Democracy, op. cit., p. 69.

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