VIALATTE Marcel ou VIALETTE Marcel

Né à Flaviac (?) (Ardèche). Son père, selon les membres actuels de la famille, était cultivateur. Ouvrier tailleur à Flaviac, canton de Privas. Démocrate socialiste.

Insurgé de 1830 à Paris. Président de la Société des Ouvriers-tailleurs et vice-président de la Société démocratique et Association de bienfaisance du canton de Privas, en 1848. Candidat à la Constituante, le 23 avril, en dernière position sur la liste de Laurent de l’Ardèche*, dite de la « Trinité des commissaires », dont le seul élu fut Laurent. Vialatte obtint 10.500 voix, un peu plus du tiers des voix de Laurent.
Laurent lui témoigna beaucoup d’estime et, souvent, théâtralement. Il l’embrassa en public, et quand il partit pour Paris, suivi par un grand cortège jusqu’à une lieue de Privas, l’ouvrier Vialatte fut dans sa voiture. Laurent déclara qu’il était « plus fier de le voir à côté de lui que d’y voir le plus grand seigneur ».
Vialatte participa, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1851, au soulèvement des républicains et à la marche sur Privas. Le sort que lui assigna la Commission mixte n’est pas connu, mais le sous-préfet de Tournon écrivait au préfet de l’Ardèche, le 3 mai 1853 : « Vialatte, tailleur d’habits à Flaviac, un des meneurs du parti démagogue [...] un de vos ardents de Privas. Il a, dit-on, une assez grande influence sur les ouvriers de votre arrondissement de Privas, et il a dû jouer un certain rôle en 1848. » En septembre 1853, le juge de paix opéra chez Vialatte une visite domiciliaire, et ne découvrit aucune correspondance politique. « Ce qui ne nous a point étonné ; peut-être que c’est un malentendu », écrivit le maire au préfet, le 28 septembre.
Selon la famille Vialette, de Flaviac, le candidat à la Constituante aurait eu pour fils le Dr Paul Vialette, installé à Chomérac en 1870, qu’Élie Reynier interrogea (Histoire de Privas, t. III, p. 271). Paul Vialette aurait, lui aussi, pris part à la marche sur Privas et n’aurait pas été inquiété. En 1858, Paul Vialette était parmi les suspects : « Chef du parti démagogique, toujours le même, mais adroit et dissimulé, ne se compromet jamais », d’après un rapport que cite Élie Reynier (Ibid., p. 293).
Un fils du Dr Vialette, engagé durant la guerre d’Espagne (1936-1939), y aurait trouvé la mort. Voir Jean, François, Felix Bonnaud.*, Paul-Mathieu Laurent*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38699, notice VIALATTE Marcel ou VIALETTE Marcel , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 21 juin 2017.

SOURCES : Élie Reynier, Histoire de Privas, t. III, et La Seconde République dans l’Ardèche. — Enquête de Mme France Serret-Derouret.
Le nom de ce militant est orthographié Vialatte selon les textes antérieurs à 1851, Vialette dans les enquêtes policières de 1851-1852 et ultérieurement.

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