VARLET Jean, François

Né à Paris le 14 juillet 1764, mort vraisemblablement à Nantes (Loire-Inférieure) après 1831. Employé à la Grande Poste de Paris. Orateur et publiciste révolutionnaire. Propagandiste ambulant, rattaché par les historiens au groupe des « Enragés ».

L’activité de publiciste de Varlet commença dès 1789. Et, fait plutôt rare, les précisions biographiques sont fréquentes dans sa production politique.
Dans la crise de l’été 1791 (pétition républicaine au Champ de Mars, fusillade du 17 juillet) il joua un grand rôle. Il a raconté sa rencontre avec Maximilien Robespierre* peu avant le 17 juillet. (J. Varlet, à ses chers concitoyens des tribunes et des Jacobins, in-16, 7 pages, Bibl. Nat., 8° Ln 27/20067.)
Exclu des Jacobins en 1792 ou s’en retirant de bon gré, il prit ses distances avec la Société, où on lui refusait systématiquement la parole.
La lecture de ses écrits donne l’impression qu’il s’estimait, avant tout, incompris de ses concitoyens.
Au printemps 1793, il parla de s’enrôler pour la Vendée, s’enrôla peut-être, mais ne partit pas et lança en mai une Déclaration solennelle des droits de l’Homme dans l’État social (in-12, 24 pages, Bibl. Nat., 8° Lb 41/2979), qu’il distribua aux sans-culottes qui purent y lire de vagues promesses de bonheur social.
Lors de la crise de septembre 1793, on l’arrêta. C’était, dira-t-il, la troisième fois. Il se trouvait encore à la prison du Plessis un an plus tard. Il en sortit après avoir dénoncé le caractère dictatorial du gouvernement révolutionnaire (début de vendémiaire an III). Il semble ensuite avoir représenté parmi les révolutionnaires parisiens, avec quelques autres, le courant qui dissociait la Terreur et la Révolution, et qui s’exprima au club du Manège en 1799.
Napoléoniste et républicain durant l’effondrement de l’Empire, Varlet, qui habitait Nantes dès l’Empire, s’y trouvait encore en 1830-1831. La révolution de Juillet lui parut renouveler « l’an premier de l’héroïsme parisien ». En 1831, dans une sorte de lettre-ouverte adressée aux Nantais (Bibl. Nat., 8° Lb 51/952, 3 pp.), il se disait dévoré par « la fièvre du bien public » et il demandait au spectre de Napoléon Ier, dans une fable, Le Phénix, le hibou et les oiseaux de proie (Bibl. Nat., Ye 53554), de conduire la nation française à de « nouveaux triomphes ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38582, notice VARLET Jean, François , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Albert Soboul, Les Sans-culottes de l’an II.

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