TRANSON Abel

Né le 25 décembre 1805 à Versailles (Seine-et-Oise), mort le 23 septembre 1876 à Paris. Ingénieur des Mines, puis répétiteur d’analyse à l’École polytechnique (1841). Saint-simonien, puis fouriériste (1832). Il fut le premier en date des fouriéristes convertis au catholicisme.

En 1823, il obtint le prix d’honneur de mathématiques au concours général. En 1825, il sortit de Polytechnique avec le numéro 1. Séduit, comme beaucoup de ses condisciples, par les doctrines saint-simoniennes, il fut élevé au « troisième degré » de la hiérarchie le 2 juin 1830, puis au « Collège » après un succès oratoire brillant, le 21 juillet suivant. Transon fut à la fois l’un des prédicateurs du saint-simonisme, l’un des rédacteurs du Globe sous la direction de Michel Chevalier* et, avec ce dernier, Lambert* et Flachat*, l’un des responsables de la propagande en direction des ingénieurs. En janvier 1832, après la rupture survenue entre Enfantin* et Bazard*, il quitta le saint-simonisme. Il exposa les motifs de sa défection dans une brochure : Simples avis aux Saint-Simoniens. À ses yeux, le saint-simonisme apparaissait impuissant « à réaliser l’association ». La même année il publia sa Théorie de Charles Fourier. Il fut le second en date des saint-simoniens à se convertir au fouriérisme, le premier ayant été Jules Lechevalier*.
En 1832, il entra à la « Société de propagation » des œuvres de Fourier et devint un des membres du bureau. Entre 1832 et 1834, il fut, d’ailleurs, avec Victor Considerant* et Lechevalier, un des trois disciples préférés du maître. Dans l’hiver 1833-1834, il donna cinq conférences sur la théorie sociétaire à la « Société de Civilisation » à l’Abbaye. Il fut ramené au catholicisme de son enfance par les ouvrages de Bordas-Demoulins et de Huet ; sans doute, aussi, la mort de sa mère, survenue en 1838, joua-t-elle, en l’occurrence, un rôle décisif.
Dès sa conversion, il se défendit d’avoir des idées sociales dangereuses. Il mena une vie modeste. Auteur de multiples travaux publiés dans le Journal des mathématiques et dans les Nouvelles annales de mathématiques, il fut nommé, en 1841, répétiteur d’analyse à l’École polytechnique, et en 1848, examinateur d’admission. En relations avec Pierre Leroux*, avec qui il collabora à L’Encyclopédie nouvelle, il envisageait désormais le problème social en catholique et en phalanstérien.
Il songea à se présenter aux élections du 23 avril 1848. L’Univers du 18 avril publia sa profession de foi. Il demandait la « réalisation sociale du christianisme ». Il disait : « Je suis républicain à un double titre : comme chrétien et comme socialiste... » Il figura sur la liste du « Comité central des libertés politiques », avec Buchez*, Corbon*, Cormenin, Agricol Perdiguier*. Il ne fut pas élu. Il adhéra aux idées exprimées par Arnaud de l’Ariège, le 13 septembre 1848, sur le droit au travail.
En 1871, après la Commune, il regrettait d’avoir, « par ignorance et avec les meilleures intentions du monde [...] préparé les voies à l’inondation... » qui, selon lui, menaçait la société.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38394, notice TRANSON Abel , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES : Simples avis aux Saint-Simoniens, 1832. — Théorie de Charles Fourier, 1832.

SOURCES : J.-B. Duroselle, Les Débuts du catholicisme social en France (1822-1870). — J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I, p. 106 et p. 189. — Charles Pellarin, Notice sur Jules Lechevalier et Abel Transon, Paris, 1877. — Note de Ph. Régnier.

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