TOUSSENEL Alphonse

Né à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) en 1803. Mort à Paris en avril 1885. Disciple de Fourier en 1833. Rédacteur en chef de La Paix, commissaire civil à Boufarik (Algérie) ; l’un des fondateurs de Démocratie pacifique. Membre de la Commission du Luxembourg (1848). Il abandonna les études sociales et la politique pour s’occuper d’histoire naturelle.

Après de solides études, Toussenel vécut à la campagne où il s’adonna à l’agriculture et commença ses observations sur les mœurs des animaux. La lecture solitaire des ouvrages de Fourier* l’enthousiasma et il adhéra à la théorie sociétaire. Il se fixa à Paris en 1836 et devint en 1837 rédacteur en chef du journal La Paix. En 1841, il remplit à Boufarik (Algérie) les fonctions de commissaire civil, dont il se démit l’année suivante à la suite d’un conflit avec l’autorité militaire. De retour à Paris, il prit part à la fondation de Démocratie pacifique, organe de l’école phalanstérienne, auquel il collabora assidûment.
En 1844, il fit paraître, en deux volumes, Les Juifs, rois de l’époque. Histoire de la Féodalité financière. Dans cet ouvrage, il contribua à fixer la doctrine de la coopération, en faisant le procès de la féodalité financière, et singulièrement celui de la famille Rothschild ainsi que de la Compagnie des chemins de fer du Nord. Plusieurs années avant Proudhon*, il élabora une théorie du juste prix qui devait, à ses yeux, constituer la rétribution à allouer au commerce.
Par la « concurrence véridique », il conduira les esprits à des solutions de commerce coopératif : « Dans une société bien organisée, disait-il, le commerce, agent de la distribution, n’a droit qu’à une simple prime de courtage, proportionnelle à la valeur du service rendu. Dans cette société, le prix de l’objet livré à la consommation représente le prix de revient de l’objet, plus le légitime bénéfice du producteur, plus le prix du transport. Le prix de revient de l’objet et la rémunération légitime due au producteur sont donnés par la concurrence véridique, élément d’appréciation inconnu sous le régime anarchique actuel. Les frais de transport et la rémunération due aux transporteurs sont fixés par des juges arbitres. Dans cette société régulière et organisée, la distribution n’emploie que le nombre d’agents nécessaire pour assurer le transport et le placement des produits. Elle se débarrasse de cette foule d’intermédiaires parasites qui faussent aujourd’hui son institution, qui surchargent les produits de primes onéreuses, qui sophistiquent les denrées, qui les revendent au-dessous du prix de revient, ce qui ne les empêche pas de s’en retirer avec bénéfice au moyen de la banqueroute. Enfin, l’agence de distribution, sagement organisée, remplace le mensonge et la fraude par la loyauté et la vérité, la complication des ressorts par la simplicité et la régularité des attributions, le gaspillage par l’économie, et l’anarchie commerciale par l’ordre. »
En mars-avril 1848, Toussenel siégea à la Commission du Travail instituée au Luxembourg par Louis Blanc*. En janvier 1849, il fonda avec François Vidal* Le Travail affranchi, journal des Associations ouvrières, dont le programme peut se résumer ainsi : le droit au travail, l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, l’organisation du travail par l’association. Après le coup d’État de décembre 1851, il renonça à la politique militante et s’occupa à peu près exclusivement de travaux sur les animaux et sur la chasse, sans perdre le contact toutefois avec le mouvement coopératiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38378, notice TOUSSENEL Alphonse , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES : Articles dans les journaux : La Phalange, La Paix, Le Globe, Démocratie pacifique, Le Travail affranchi, et dans les Almanachs de la coopération (1867, 1868, 1869, 1870). — Les Juifs, rois de l’époque. Histoire de la Féodalité financière (Paris, 1844, réédité en 1847, 2 vol.). — L’Esprit des Bêtes (Paris, Librairie phalanstérienne, 1847). — Travail et Fainéantise (Paris, 1849). — Le Monde des Oiseaux. Ornithologie passionnelle (Paris, 1852). — Tristia, histoire des misères et des fléaux de la chasse en France (Paris, 1863).

SOURCES : E. Chevalier, « A. Toussenel », Revue de l’Anjou, 1897, n° 1. — C. Charier, « Les idées sociales de Toussenel », Bulletin de la Société des Lettres, Arts et Sciences du Saumurois, avril 1914. — Ceri Crossley, « Toussenel et la Femme », Cahiers C. Fourier, n°1 (1990), p. 51-65.

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