THOUARD Jean, Antoine

Né le 13 septembre 1806 à Marseille. Révolutionnaire de 1848-1851.

Ancien militaire, condamné à cinq ans de prison pour insurbordination, Thouard tenta sa chance en Algérie où, d’abord ruiné par des sinistres de mer, il fut capturé par les Kabyles.
Le gouvernement de Louis-Philippe le racheta, et, à titre de compensation, lui confia un office de courtier maritime pour Alger, en résidence à Oran, et d’interprète juré en italien et allemand. La révolution de Février lui fit perdre cette position. Il rentra à Paris, et comme vice-président du club Blanqui, il « rendit [à l’État] d’immenses services » qui lui valurent de la part de Lamartine sa nomination, le 25 mai, comme chancelier d’ambassade à Naples, d’où Bastide chercha ensuite à l’expédier en Équateur. Revenu à Paris, il refusa et poussa ses réclamations relativement à ses frais de voyage et d’installation jusqu’à gifler Bastide*, ce qui lui valut trois mois de prison, le 15 décembre 1848. Il se lia à Sainte-Pélagie avec Pinel-Grandchamp*, gravement compromis en Juin comme maire du XIIe. À sa sortie de prison, réduit pour vivre à signer des effets de complaisance à l’ordre d’un entrepreneur de voitures-cabriolet — qui, en décembre 1851, fera faillite — il fonda, pour y trouver des appointements, le journal Le Temps avec Xavier Durrieu*, mais il perdit 10 000 F dans la faillite de cette publication. Durrieu le chargea alors de lancer La Révolution, avec le concours de Chanousse*, gérant du Peuple.
Le 2 décembre 1851, il participa à la réunion des représentants montagnards chez le constructeur-mécanicien Gournay*, où il eut une « prise de bec » avec Bastide, Hetzel et leurs partisans des Amis de la Constitution.
Comme la réunion avait décidé qu’on se porterait à la salle de concert voisine, en face de la rue Lenoir, pour proclamer la déchéance de Louis-Napoléon Bonaparte et pour défendre la République par tous les moyens, il y retrouva, le 3, Schoelcher*, Deflotte*, et, semble-t-il, également Vidal*, avec qui il alla, rue de Charonne, au coin de la rue de la Muette, où il renversa deux voitures, aidé dans cette besogne par des hommes qui étaient de la police et qui l’arrêtèrent une heure plus tard porteur d’un poignard et d’une canne à épée.
Transporté en Algérie (« Algérie plus »), il bénéficia d’une commutation de peine en expulsion hors du territoire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38273, notice THOUARD Jean, Antoine , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, B 117.

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