THOMAS Philippe, Alexandre

Par notice révisée par Gauthier Langlois

Né vers 1816 à Paris ; serrurier à Paris ; révolutionnaire socialiste il fut condamné pour complot sous Louis-Philippe et emprisonné à Doulens puis au Mont-Saint-Michel. Opposant à Louis Napoléon Bonaparte il fut emprisonné lors du Coup d’État du 2 décembre 1851 puis condamné à la déportation en Algérie et finalement expulsé. Il se réfugia à Jersey où il intégra la communauté des proscrits animée par Victor Hugo.

Il exerçait à Paris 50, rue de Provence (IXe arr.) et demeurait 29 rue de Rochechouart (IXe arr.),

Il fut condamné à 10 jours de prison et dépens pour coups et rébellion en 1ère instance le 28 février 1839, incarcéré du 13 au 23 août 1839 dans la prison de Sainte-Pélagie qui accueillait à Paris les prisonniers politiques. Il fut de nouveau écroué à La Force le 11 avril 1840 puis condamné à 2 ans de prison et 2 ans de surveillance pour complot et détention de munitions de guerre, le 27 mai 1840, par le Tribunal correctionnel de la Seine. Il fut incarcéré dans la citadelle de Doullens (Somme) le 10 juillet 1840 avec Pierre Béraud, Benjamin Flotte et Denis Levayer, mais ne semble pas faire parler de lui, signant la pétition en faveur de Charles Lombard le 10 décembre 1840. Il fut transféré au Mont Saint-Michel (Manche) le 26 mars 1841 et libéré le 26 mai 1842 (pour Avranches). Il fut encore prévenu de rébellion le 11 mars 1850.

En 1851 il résidait à Paris 10 rue Saint-Nicolas d’Antin (Ier arr. ancien, actuellement rue de Provence, IX arr.).

Opposant à Louis-Napoléon Bonaparte il fut arrêté préventivement le jour du Coup d’État du 2 décembre 1851 et incarcéré dans la prison de Mazas. La commission de révision de Paris le condamna à la déportation en Algérie, motivé par les attendus suivants : « Mauvais antécédents. Homme d’action. Dangereux. Professe des opinions socialistes très avancées. On a saisi chez lui des chansons anarchiques et une cocarde rouge. Faisait partie de ces conciliabules dans lesquels on agitait la question d’attenter aux jours du chef de l’État. Il avait revendiqué l’honneur de tuer le Prince. »

Sa condamnation fut commuée, le 4 décembre 1852, en expulsion. Il obtint un passeport pour le Mexique mais se réfugia à Jersey où il intégra la communauté des proscrits animée dans l’île par Victor Hugo. Il participa à leurs activités politiques et notamment, le 11 novembre 1853, à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38260, notice THOMAS Philippe, Alexandre par notice révisée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 17 juin 2019.

Par notice révisée par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/8 17-9777, DY/4 50-7887. — Arch. Dép. Somme Yb15. — Paul Belouino, Histoire d’un coup d’état (décembre 1851) d’après les documents authentiques, les pièces officielles et les renseignements intimes, Paris, 1853, p. 147. — E. L’Hommedé, Le Mont-Saint-Michel, prison politique sous la monarchie de Juillet, Paris, Boivin, 1932. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Thomas - Philippe Alexandre », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Note de J. Risacher.

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