THARAUD Antoine (orthographié quelquefois TARREAU Antoine)

Né à Limoges (Haute-Vienne) en 1813, mort à Limoges le 3 juin 1871. Tisserand. Révolutionnaire de 1848.

Le 6 mars 1848, Tharaud devint membre de la Société Populaire ; en mai 1848, il en fut élu secrétaire. Il se fit le défenseur enthousiaste des idées de la Révolution de 1848. « Il n’a cessé, depuis le commencement de la révolution, a dit un témoin au procès d’avril 1849, d’appeler les ouvriers à lui ; il lit les journaux à la populace et déclare qu’il ne faut plus de bourgeoisie. » Il vendait, dans les campagnes, des livres protestants. En 1850, il recevait à son domicile les souscriptions pour les détenus politiques et, en décembre 1851, il contribua à soulever les campagnes limousines contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. En mars 1852, il fut condamné par la Commission mixte du département de la Haute-Vienne à l’expulsion du territoire.
Tharaud se rendit alors à Londres et se mêla aux milieux de la proscription. Il signa l’avis publié par L’Homme, journal paraissant à Londres, réfutant les calomnies articulées contre Talandier* par La Sentinelle, journal de Glasgow. Le 12 janvier 1858, il sollicita l’autorisation de regagner Limoges. Sa demande fut rejetée à la suite d’un rapport défavorable du commissaire de police au préfet. « Il n’a pas d’instruction, mais ne manque pas d’intelligence, écrit le commissaire. Il exerçait une grande influence sur tous ces ouvriers [du Naveix, lieu de sa résidence] qui sont déjà informés de sa demande et l’attendent avec impatience [...] La plupart des membres de la Société de secours mutuels des tisserands, dont il faisait partie, se réjouissent d’avance, à la seule pensée de le revoir... » Le 12 mars 1859, sa mère et sa femme furent informées du rejet de la demande.
En avril 1860, Tharaud rentra en France en vertu du décret d’amnistie. Il fut signalé au ministère de l’Intérieur comme entretenant des correspondances avec les réfugiés de Londres et faisant une active propagande contre le gouvernement. Le commissaire central fut chargé de le surveiller. En septembre 1864, il rédigea un projet d’association de tisserands qui ne put aboutir, faute de capitaux. Il fut conseiller municipal de Limoges, de décembre 1870 à avril 1871.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38161, notice THARAUD Antoine (orthographié quelquefois TARREAU Antoine) , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne, M 747, Surveillance d’individus (Dossiers des victimes de la Commission mixte en 1852). — Procès de Poitiers, mars-avril 1849. Compte rendu publié par l’Abeille de la Vienne, quotidien paraissant à Poitiers. — P. Cousteix, « L’Action ouvrière en Haute-Vienne sous la Seconde République ». « L’opposition ouvrière au Second Empire en Haute-Vienne », (Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, années 1954 et 1955).

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