TALABOT Edmond

Par Notice revue et complétée par Philippe Régnier

Né à Limoges (Haute-Vienne) le 29 février 1804, mort le 17 juillet 1832 à Ménilmontant. Saint-simonien.

Frère de l’ingénieur Paulin Talabot* et de l’avocat Pierre Talabot*. Substitut du procureur du roi à Dreux (Eure-et-Loir), mais aussi membre du « Collège », Edmond Talabot fit néanmoins le coup de feu sur les barricades dressées à Paris en juillet 1830. Il était un ami d’enfance de Michel Chevalier* et, membre du « Collège », il était logé dans la maison commune de la rue Monsigny (IIe arr. Ancien et actuel), au siège du Globe. Quoique chef de la « propagation individuelle », autrement dit responsable du prosélytisme, Edmond Talabot aurait préféré que le saint-simonisme donnât plus d’importance à des essais pratiques, par exemple à la création d’une banque de crédit, plutôt que de consacrer l’essentiel de ses efforts à l’élaboration et à la diffusion de son dogme. Ayant contribué à la défaite de Bazard* lors des débats de novembre 1831, Edmond Talabot fut chargé d’installer l’Église de Brest au printemps de 1832. Désigné pour participer à la retraite de Ménilmontant, il y exerça la fonction de « chef de l’habillement ». Selon Louis Blanc, c’est même lui qui aurait conçu et surveillé l’exécution du costume créé pour la circonstance.
Edmond Talabot mourut cependant du choléra entre les deux premières séances du Livre nouveau, malgré le dévouement dont il fut entouré et malgré les soins prodigués par de grands médecins, dont le professeur Cruveilher, un compatriote limousin. Sur la proposition d’Enfantin,* les saint-simoniens cherchèrent à adoucir ses souffrances par des divertissements musicaux : Félicien David* exécutait des hymnes et improvisait au piano, tandis que Justus* chantait un vieux chant limousin cher au mourant : Baïsso te mountanha, levo te valloun. Au moment de l’agonie, Edmond Talabot dit à son frère Paulin : « Quand on a vécu avec des cœurs comme ceux-là, on sait ce qu’est la vie. » Les obsèques de Talabot donnèrent lieu à un convoi d’une grande solennité, qui contribua à fixer une représentation et un rite saint-simoniens de la mort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38046, notice TALABOT Edmond par Notice revue et complétée par Philippe Régnier , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 14 février 2016.

Par Notice revue et complétée par Philippe Régnier

SOURCE : Mort de Talabot (brochure anonyme, Bibl. Arsenal, Fonds Enfantin, ms. 7 861/38). — Henri d’Allemagne, Les Saint-Simoniens, 1827-1837, Paris, 1930, p. 97, 106, 183, 217, 225, 266.

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