TAFERY François

Typographe, né à Niort (Deux-Sèvres) vers 1822, y demeurant. De 1849 à 1851, il collabora à la rédaction du journal socialiste L’œil du Peuple, publié à Niort. Une note de police le concernant et datant de 1852 indiquait : « Célibataire, n’a que son travail ».
Il fut condamné par la Commission mixte des Deux-Sèvres, le 10 février 1852, à l’expulsion momentanée du territoire, avec les attendus suivants : « Attendu que Tafery, agent actif et intelligent du parti démagogique, l’un des rédacteurs de L’œil du Peuple, a accepté des émeutiers le titre de délégué du peuple ; qu’il a, en cette qualité, pris part à l’invasion de l’Hôtel de Ville, et a encore reparu dans les autres groupes, et pris ainsi une part active à tous les troubles... ».
Il reçut un passeport pour la Belgique, le 19 mars 1852 ; il figure ensuite sur une liste des proscrits résidant à Jersey. Installé ensuite en Angleterre, il travailla sous la direction de Charles Ribeyrolles*, à la fabrication du journal habdomadaire L’Homme. Il fut initié à la Franc-Maçonnerie et entra en 1859 dans la loge de proscrits français les « Philadelphes ».
Le 15 septembre 1864, soit moins de deux semaines avant la fondation de l’AIT, cette même loge décida de pousser encore plus avant sa politique d’extériorisation en créant un bulletin bimensuel, puis hebdomadaire, La Chaîne d’Union. La devise en était « Science, travail, solidarité », et le but qu’il assignait à la Franc-Maçonnerie était « de relever partout le prolétariat, de le metre en pleine possession de lui-même en l’affranchissant de ses deux dernières servitudes : la misère et l’ignorance. » François Tafery fut désigné pour en seconder le directeur-gérant Pierre Simard*, en qualité de secrétaire de direction.
F. Tafery mourut à Londres en 1868, sans avoir revu la France.
Voir Maichain J.*, Savariau R.*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38033, notice TAFERY François , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 6/17. — André Combes, « Des Origines du Rite de Memphis à la Grande Loge des Philadelphes, 1838-1870 » Chroniques d’histoire maçonnique, n°34, 1985. — Notes de M. Cordillot.

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