SOUBRANY de Macholles Amable

Bourgeois de Riom (Puy-de-Dôme) né dans cette ville le 15 septembre 1752, guillotiné à Paris le 17 juin 1795. Conventionnel démocrate. Il avait pris en principe contre la majorité de la Convention le commandement des forces populaires, le soir du 1er prairial an III (20 mai 1795).

Soubrany s’engagea au régiment de Royal-Dragons en 1774, après être sorti, en 1770 ou 1771, de l’Oratoire, où il avait été le camarade de collège de Gilbert Romme*. Soubrany devint officier, mais ne s’accommoda pas de la mentalité des autres officiers et il donna avant Romme dans les idées nouvelles. La rencontre de 1786 entre les deux hommes, l’un qui revenait de Russie, l’autre qui avait décidé d’abandonner l’armée, fut l’occasion, semble-t-il, d’un fructueux échange d’expériences et d’influences.
En 1789, Soubrany animait à Riom l’opposition antiaristocratique. Au début de février 1790, il fut maire de la ville. Il conduisit les affaires locales du « parti patriote », appuyé sur le peuple, avec talent et habileté. Il aida de son argent Romme à acquérir du blé qui était prêté aux paysans de la Limagne pour les semailles de l’automne 1790 et pour leur propre subsistance. Et de même au printemps 1791.
Soubrany fut ainsi élu second député du Puy-de-Dôme à la Législative, immédiatement derrière Romme. Il prit, aussitôt arrivé à Paris, position comme son ami contre le « complot aristocratique » et pour une reprise du mouvement révolutionnaire qui déjouerait ce complot.
À la Convention, il rompit avec la Gironde avant Romme. C’est-à-dire qu’il estima avant Romme que la politique d’union de tous les républicains, que préconisait Danton par exemple, n’était pas tenable, du fait des « poltronneries » girondines. Envoyé en mission avec Bourbotte et Romme aux ateliers d’armement de Moulins et de Saint-Étienne, Soubrany veilla avec ses collègues à l’établissement d’une discipline du travail et, plus qu’eux, à ce que les armes produites fussent d’un type uniforme et réglementaire.
Soubrany adhéra étroitement au programme du gouvernement révolutionnaire, par raison politique sans doute, mais davantage à cause de son efficacité militaire. L’officier de jadis, très hostile maintenant au maintien dans l’armée des ci-devant nobles, au moins à des grades importants, réagissait d’instinct en militaire et en chef, prenant exceptionnellement la parole à la Convention.
Sans s’être consultés, Romme et lui se retrouvèrent, après Thermidor, et bien qu’ils n’eussent été ni l’un ni l’autre robespierristes, sur les bancs de la Crête, parmi « les derniers Montagnards ». Mieux, Soubrany attendait du retournement de la situation la vraie prise du pouvoir par la vraie Montagne, qui, selon lui, avait rompu avec Robespierre quand le Marais constituait toujours sa fidèle majorité.
Le Ier prairial an III (20 mai 1795) il parut à la tribune lorsque la foule des faubourgs eut envahi la Convention, après Romme, Duroy et Goujon. Il s’imposait comme chef, mais n’exerça aucun commandement effectif de l’insurrection populaire, bientôt débordée par les troupes fidèles à la majorité de la Convention.
Comme ses compagnons, il fut d’abord conduit au fort du Taureau, dans la baie de Morlaix. Il en revint pour être jugé par une Commission militaire qui se borna à rendre un verdict décidé avant la comparution.
Soubrany se blessa dans la région du cœur, mais fut exécuté.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37939, notice SOUBRANY de Macholles Amable , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : R. Du Corail, Amable Soubrany de Macholles. Sa jeunesse, d’après quelques lettres et des documents inédits, Paris, 1906. — A. Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels. — A. Galante-Garrone, Gilbert Romme. Storia di un Rivoluzionario, Turin, 1959.

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